Le blog de Valentin “Valvegas” Messina

2012 l’année des chamboulements !

Des mois et des mois sans que je n’ai écrit le moindre article sur mon blog… Pourtant beaucoup de choses se sont passées depuis ces derniers mois et sans nul doute que dans les mois à venir il y aura encore d’autres  choses à vous raconter.

Il est vrai que j’ai eu quelques contre-temps qui m’ont empêché ces derniers mois de me consacrer pleinement à mon activité même si je n’en reste pas moins actif niveau jeu… J’ai carrément délaissé mon blog (mea culpa) et aujourd’hui il est grand temps de faire un point sur ce début d’année 2012.

A moins d’être cloitré chez vous et que vous ne vous intéressiez pas au monde du poker depuis plus d’un an vous n’êtes pas sans savoir que l’Etat a démarré sa chasse aux sorcières auprès des plus gros joueurs en leur demandant de rendre des comptes sur leurs activités professionnelles.

En effet, depuis début 2012 le FISC est désormais sur tous les fronts et à multiplier ses démarches auprès des joueurs. De ce fait, je n’ai malheureusement pas échappé à la règle. Début janvier, j’ai reçu un courrier du FISC intitulé « AVIS D’EXAMEN CONTRADICTOIRE DE LA SITUATION FISCALE PERSONNELLE » afin d’étudier ma situation et mes revenus perçus en 2009 et 2010 dans le cadre de mon activité poker.  Il est encore bien trop tôt pour vous en dire plus, et je n’ai à ce jour eu que deux rendez-vous avec eux. Il faut savoir que ce genre de procédure va de toute manière durer un moment et depuis je suis épaulé par mon avocat. L’affaire suit donc son cours…

Le poker depuis ses dernières années a pris de plus en plus de place dans notre société et pourtant il y a encore tant de choses à faire ! A ce jour il n’existe aucune vraie fédération française de poker, l’activité de joueur de poker professionnelle n’existe point (pas de statut de joueur de poker, de cotisation retraite, de couverture sociale…).  Tant de sujets pourtant essentiels et primordiaux pour celles et ceux qui ont décidé de se lancer à 100% dans cette activité.

Pour les plus observateurs il ne vous a pas échappé que depuis quelques temps je porte un logo sur ma poitrine lors de mes sorties live. Il ne s’agit pourtant pas d’un nouveau sponsor mais d’une agence de joueurs de poker. Ce phénomène a commencé il y a quelques années et depuis maintenant deux ans cette activité prend son essor et il est fréquent de voir de nombreux joueurs de poker accompagné d’un agent.

En réflexion depuis plusieurs mois sur le sujet j’ai décidé de m’entourer des meilleurs et de me faire à mon tour accompagner d’un agent. J’ai signé en début d’année avec l’agence Aces Group fondé par Julien Di Pace et Cédric Seguin avec dans le rôle de Team Manager Julien « Jooles » Gaignard. Je fais désormais partie de l’agence en tant que joueur et j’accompagne d’autres joueurs de renom avec entre autres Stéphan Gerin, Ronan « Roroflush » Monfort, Quentin « 2balla2loose » Lecomte, Laurent « ApoG » Gauter, Ronan « Ronando » Collet, Mario « Lacorderaide » Cordero, Steven « Gloub94 » Moreau, Antonio « Karma007 » Guerrero, Alexandre Brivot

L’agence a pour principal objectif de gérer le business de ces joueurs afin que ces derniers soient les plus performants en se  focalisant uniquement sur leur jeu. L’agence est là pour notamment trouver un éventuel contrat de sponsoring et/ou publicitaire à ces joueurs mais pas seulement. Accompagné de leur cabinet d’avocat ils sont aussi là pour gérer nos problèmes au quotidien (FISC, …), et nous conseiller au mieux dans notre activité (gestion de patrimoine, placements, …).

Ils ont aussi pour vocation de créer un véritable esprit d’équipe entre les joueurs. Et je dois reconnaitre que la sauce prend plutôt bien et que je suis vraiment ravi de ma collaboration avec Aces Group et de mes nouveaux coéquipiers.

Voilà pour les quelques chamboulements dans ma vie “professionnelle” et je vous dis à très bientôt sur mon blog car il me reste encore d’autres bonnes nouvelles à vous raconter d’ici les prochaines semaines ! Suspense, suspense… ^^

En attendant continuez à bosser votre jeu et je vous donne rendez-vous autour des tables virtuelles ou non ! ;)

Bilan du trimestre écoulé

Trois mois se sont écoulés depuis mon dernier article… Il va sans dire que ma motivation pour écrire ces derniers temps s’est fortement estompée. A quoi cela est dû ? Aucune idée…

Mais aujourd’hui il semblerait que l’envie d’écrire à nouveau se fait sentir. Profitons-en pour tenter de résumer ce dernier trimestre avant que ma motivation prenne à nouveau la poudre d’escampette.

Faisons un point tout d’abord sur les tournois live du circuit.

WPT Grand Prix de Paris - ACF

Début septembre j’ai d’abord pris part au WPT Grand Prix de Paris organisé à l’ACF. Durant ce tournoi j’ai connu une première partie de journée difficile à une table relevée (laquelle ne l’était pas ?) avec entre autres : Benny Spindler, Freddy Deeb, Clément Thumy, Mesbah Guerfi, et plusieurs sharks online. La délivrance est venue finalement en fin de journée, dans les deux derniers niveaux, ou grâce à un bon rush j’ai fini avec un stack confortable de près de 100bb pour attaquer le day 2. Malheureusement lors du day 2 ma journée fut un vrai cauchemar et j’ai sauté au bout de seulement 3 heures de jeu avec AQ contre une paire de rois dans un pot squeezé. Pour me consoler j’ai tout de même été présent en table finale mais cette fois-ci en tant que commentateur. En effet, Hermance Blum m’a gentiment proposé de commenter le streaming live avec d’autres joueurs pros. Accompagné de mon ami Fabien Perrot, nous avons commenté la table finale à trois joueurs restants mais malheureusement c’est à ce moment-là que la partie s’est emballée et en à peine 15 minutes le tournoi prit fin et couronna  l’américain Matt Waxman tandis qu’Hugo Lemaire prenait la place de runner up. VGG à lui !

Finale du Partouche Poker Tour – Cannes

Il aura finalement fallu attendre le PPT pour qu’à nouveau je puisse goûter à cette agréable sensation de « deep run » dans un gros event live. Pourtant à voir ma première journée en dent de scie rien ne présageait une telle fin. Assis à une première table en compagnie de Pedro Canali, Franck Pépite, ou encore Greg Ravise mon tapis a connu des hauts et des bas durant toute la première moitié de journée. C’est seulement assis à ma nouvelle table avec le futur finaliste Alexandre Coussy que j’ai commencé à monter des jetons, malheureusement dans le dernier niveau de la journée j’ai connu une succession de mauvais coups pour finir finalement le day 1 avec un maigre tapis de 22K.

C’est donc muni de seulement une vingtaine de blinds que j’ai entamé le day 2. Et dès le premier niveau de la journée j’ai réussi à doubler (AQ vs AJ) pour revenir dans la partie. Déplacé à une nouvelle table en compagnie de mon ami Damien « Skualos » Cayet ou encore Rémy « Shooye » Marlair, j’ai connu à partir de ce moment-là une ascension fulgurante me permettant de me hisser au day 3 avec un gros tapis de plus de 300K chips parmi les chipleaders.

Mon day 3 fut beaucoup plus mouvementé et mon tapis a subi des fluctuations importantes. Assis à une grosse table avec notamment Arnaud Mattern, James Bord, Matt Gianetti, Alexandre Coussy, Julien Di Pace, Pantaleo j’ai réussi à imposer mon style et à grinder jusqu’à monter à plus de 500K chips. Une fois l’argent atteint, j’ai connu comme lors du day 1 deux derniers niveaux catastrophiques et c’est shortstack que je me suis hissé au day 4 avec seulement 150K jetons.

Mais comme si l’histoire était écrite à l’avance j’ai doublé rapidement dès la première main du day 4 avec les rois contre le AQ de mon adversaire. Suite à ce coup la machine à monter des jetons était lancé et je réussissais le tour de force de remonter à près de 500K chips à seulement 35 joueurs restants dans ce main event. Gonflé à bloc et très confiant, ce day 4 s’annonçait merveilleusement bien pour moi. J’ai même eu le privilège d’avoir à ma table un Sam Trickett shortstack dépité ne croyant plus vraiment à ses chances. Marrant quand on sait qu’il finira par remporter ce tournoi et le million d’euros promu au vainqueur… Malheureusement l’aventure pour moi pris fin subitement sur ce dernier coup malheureux. Quand on est en rush et qu’on se sent intouchable il vous semble impossible d’être éliminé. Sauf si bien sur vous croisez sur votre route un joueur encore plus en veine que vous… Evidemment mon bourreau du jour ne pouvait être que celui qui depuis le début de ce tournoi connu une réussite incroyable jusqu’en table finale, j’ai nommé l’ukrainien « Jésus » Kovalchuck. C’est sur un coup standard mais douloureux que mon tournoi prit finalement fin. En effet sur le flop 345 Kovalchuck me poussait à tapis avec une paire de 6 et c’est avec un empressement non dissimulé que j’ai payé dans l’instant avec ma paire de 5 pour le brelan max dans un pot représentant une centaine de blinds. Pas rassuré pour autant je devais éviter tout de même 10 outs (les 6, les 2, les 7) pour espérer aller plus loin et c’est avec une certaine stupeur que je découvris la turn. En effet, cette dernière me crucifia en apportant tout de suite un 6. Désormais je ne jouais plus qu’un out (le dernier 5) pour pouvoir espérer gagner le coup ou bien 8 outs (les 2 et les 7) pour au moins espérer un partage. Malheureusement une brique plus tard à la river tous mes espoirs d’atteindre la table finale de ce magnifique tournoi prirent fin et je fus quand même récompensé de 20 000€ pour ma 29ème place dans ce PPT. Mais pour nous compétiteurs en quête de victoire cela reste un maigre lot de consolation quand on sait ce que peut rapporter financièrement et médiatiquement une table finale PPT.

Main Event WSOP-E - Cannes

Tout joueur de poker rêve de participer au Main Event des WSOP Europe. Seul hic quand on n’est pas (ou plus) sponsorisé 10 000€ reste une coquette somme, surtout pour un tournoi ! Tout de même motivé à le jouer, c’est sur un coup de tête que j’ai fait ma valise, réservé mon hôtel ainsi que mon billet de train pour tenter de décrocher sur place mon ticket lors d’un satellite live. Bien m’en a pris puisque plusieurs heures après j’ai décroché le fameux sésame ! Me voilà donc inscrit pour le day 1B d’un des plus gros tournois du monde… PARFAIT ! Malheureusement mon day 1 sera moins glorieux et en seulement deux niveaux je finirais par sauter ne réussissant pas à gagner un seul coup dans ce tournoi. Frustrant vous avez dit frustrant ? C’est donc déçu et bredouille que je repartirais chez moi.

WPT - Amnéville

A peine revenu d’une superbe semaine de vacances lors de la croisière du Land Sea Poker Tour je pris ma voiture pour une nouvelle destination moins glamour cette fois-ci. C’est sur je ne me rendais pas à Amnéville pour le tourisme mais bel et bien pour disputer ce WPT. La chance semblait enfin me sourire et même mon ami Yann Brosolo assis à ma table ne semblait pas y croire. Je marchais littéralement sur ma table et remportais tous les coups, rien ne semblait m’arrêter dans cette ascension folle. C’est donc sans surprise qu’au bout d’à peine 3 niveaux je passais chipleader et frôlais déjà les 100K de stack. La suite de la journée fut un peu moins magique et j’ai commencé à perdre plusieurs pots, mais rien d’alarmant puisque je finissais tout de même la journée à 89K jetons. Malheureusement c’est encore lors du day 2 que les choses se sont compliquées pour moi. Réussissant à monter à 150K de stack en début de journée, je vais ensuite perdre plusieurs gros coups jusqu’à sortir en milieu de journée avec AK contre les rois. Un grand bravo à mon pote Adrien Allain qui finira par remporter ce WPT d’une main de maître !

Mes prochains tournois live pour 2011 devraient normalement être le FPS Mazagan ainsi que le championnat de Namur sponsorisé par Pokerstars cette année. Début 2012 je compte participer aux EFOP à l’ACF ainsi qu’à l’EPT Deauville.

Côté actu, je suis depuis peu rédacteur pour le magazine Live Poker. En alternance avec mon ami Christophe Lesage, j’apparaitrais tous les deux mois et j’animerais une rubrique ou j’analyserais deux mains jouées par mes soins. Mon premier article est paru dans le magazine du mois de novembre ou j’analyse une main jouée en cash game online en NL600 et une main jouée lors de la finale PPT au day 3.

Enfin en ce moment je participe au casting Betclic pour tenter d’intégrer leur team pro et décrocher un contrat de 100 000€. En effet Betclic avait missionné Poker52 lors du WPT Paris afin de demander à plusieurs joueurs pros de citer 3 joueurs pros non sponsorisés qui mériteraient un contrat de sponsoring. Etant cité plusieurs fois par mes confrères, je me retrouve donc aujourd’hui parmi une shortlist de 26 noms. Le principe est simple, tout le monde peut voter pour le joueur qu’il souhaite voir intégrer la team Betclic en passant par l’application correspondante et hébergée par le réseau social Facebook. Pour cela, il suffit de se rendre ici et de cliquer en dessous du joueur qu’on souhaite voir gagner lors des différents battle proposés. Les votes seront clôturés le 11 décembre et à l’issue de ces votes le joueur qui sera premier du classement se verra remettre un contrat de sponsoring. Je suis actuellement au troisième rang derrière Elie Payan et Stéphan Gerin. J’invite donc toutes les personnes qui veulent me voir gagner à voter pour moi. Vous pouvez voter de manière illimitée et les meilleurs votants se verront même avoir la possibilité de passer devant un jury et pourquoi pas décrocher aussi un contrat de sponsoring. Enfin à priori pour que l’application fonctionne sur votre PC il vous faut au préalable utiliser le navigateur « Google Chrome » puisqu’il semblerait que cela bug avec IE ou Mozilla Firefox.

Merci d’avance à ceux qui contribueront d’une manière ou d’une autre à mon éventuel sponsoring et quoi qu’il arrive que le meilleur gagne ! ;)

C’est la rentrée des classes !

Dernière semaine d’août et ça sent déjà la fin des vacances ! En tant que joueur de poker je ne déroge pas à la règle et comme un écolier qui endosse son cartable le jour de la rentrée, souris à la main en guise de stylo je suis fin prêt pour ma rentrée des classes.

Pour le mois de septembre je vais participer à deux tournois live et pas des moindres : le WPT Paris à l’ACF (7500€ de buy-in) et la finale du Partouche Poker Tour à Cannes (8500€ de buy-in).

Pour le premier j’ai tenté quelques satellites online mais en vain. Il me reste encore une dernière chance d’y parvenir en jouant les satellites organisées en live à l’ACF début septembre. Je vais m’y atteler dès mon retour de vacances. Si j’échoue je tenterais quand même ma chance en me payant directement le buy-in. Je vous annonce d’avance que quoi qu’il arrive je serais présent à cette table finale ! En effet soit j’y serais en tant que joueur (ce que je souhaite plus que tout évidemment) soit j’y serais pour la commenter au micro en compagnie d’autres personnes comme Benjamin « Benjo » Gallen, Fabien Perrot, ou Guillaume Cescut entre autres. Je tiens d’ailleurs à remercier Hermance Blum pour me faire confiance et me proposer une telle offre. Je vous donne RDV très prochainement pour assister au live streaming de cette table finale qui sera diffusée sur les blogs respectifs de PartyPoker,  le site du WPT et d’autres partenaires.

Pour le PPT j’ai moins d’interrogations puisque j’ai gagné mon ticket à 8500€ lors du super satellite organisé par Partouche à Aix en Provence en début d’année. Billet de train en poche et logement réglé je n’ai plus qu’à attendre le lundi 12 septembre, jour de mon day 1 ! J’en profite d’ailleurs pour remercier mon ami Julien « Naju » Pouchain qui m’a gentiment proposé l’appartement de son cousin pour passer cette semaine cannoise à ses côtés ainsi qu’avec les autres sharks français Léo Truche, Julien « Garrincho » Claudepierre et l’inséparable acolyte de Garrincho, j’ai nommé Nicolas « Polo » Poloniato.

En dehors du poker la bonne nouvelle vient d’une récente rencontre que j’ai fait grâce à mon ami Léoledingo. En effet il s’avère que Léo a un vieil ami à lui, un coéquipier de son équipe de handball à l’époque où ils jouaient ensemble à Besançon qui est aujourd’hui un de mes voisins. Le hasard fait qu’on habite à 100 mètres l’un de l’autre. Ayant fait sa connaissance récemment et étant aussi dégen et sympa que Léo la bonne entente s’est fait tout naturellement ! C’est lors de mes vacances cet été que j’apprends qu’il continue de pratiquer le sport régulièrement et cela juste à deux pas de chez moi. Il ne faut pas longtemps pour que tout tourne très vite dans ma tête, et en moins de temps qu’il n’en faut Clément Rémond devient ainsi mon coach sportif ! Gonflé à bloc le planning de la rentrée risque d’être vraiment chargé ! Footing, course fractionnée, musculation, squash, voilà un programme sport bien complet. Maintenant je suis bien conscient qu’il faut tenir ce programme sur la durée (le plus dur en général) mais bien conscient des bienfaits du sport sur mon poker je suis sûr que ma motivation restera intacte. Après tout ce genre de méthode a fait ses preuves auprès de nombreux champions comme Elky pour ne citer que lui.

Enfin pour compléter ce programme digne d’un athlète de haut niveau je compte prendre quelques séances de coaching mental. Kézako ? Oui oui vous avez bien lu ! En effet j’ai été récemment contacté par un ami joueur de poker, qui a lui-même suivi ses cours. Il s’agit en fait d’un coaching mental qui vous donne des méthodes bien à lui pour consolider votre force mentale et vous apprendre à mieux gérer les périodes de bad run entres autres. Il est trop tôt pour que j’en parle plus en détails mais mon ami a réussi à attiser ma curiosité et après m’être un peu renseigné il s’avérerait que cette méthode porte réellement ses fruits. Je pense d’ailleurs prendre prochainement quelques séances avec lui afin de voir ce que cela pourrait donner sur moi, toujours dans le but de progresser et de devenir encore plus performant au poker. Je reviendrais sur cet aspect-là plus tard dans un prochain article après avoir moi-même testé cette méthode.

En attendant souhaitez-moi bonne chance pour la suite ! :)

La fin d’une aventure…

A quoi sert un blog si ce n’est pour conter ces histoires, parler de faits précis, d’un sujet qui nous tient à coeur, ou tout simplement pour exprimer ces états d’âme.  C’est ce que je m’apprête à faire ici dans ce billet… Même si cela est loin d’être facile croyez moi !

J’ai la plume lourde ce soir, un brin de nostalgie m’envahit et rien que de repenser à mon année écoulée j’ai des frissons qui parcourent tout mon corps !

On le sait tous, une histoire, une aventure a toujours un commencement et… une fin !

Pour les plus perspicaces vous l’aurez sans doute compris mon aventure en tant que joueur sponsorisé avec Everest Poker s’achève. On a beau y être théoriquement préparé, on a beau connaitre les risques en signant, on n’est finalement jamais prêt à entendre ce genre d’annonce, encore moins vu le contexte particulier qui a entouré mon éviction.

Revenons un peu en arrière et faisons un peu d’histoire si vous le voulez bien.

Après avoir gagné en janvier 2010 le France Poker Tour je décide de me lancer à corps perdu dans le poker et d’en faire mon métier. Un choix qui s’avérera très rapidement payant puisque quelques mois plus tard j’aurais la chance de signer avec la room Everest Poker un contrat de sponsoring d’une durée d’un an.

Durant cette année merveilleuse j’ai eu la chance de parcourir le monde et de jouer les plus gros tournois du circuit, de rencontrer des personnes aussi attachantes et aimantes que Léonard Truche, Fabrice Soulier, Estelle Denis, Antoine Saout, Fabien Perrot, Julien Claudepierre, Richard Dutour, Sandrine Mangia-Park, Paula Del Campo, Katie Doyle, Elodie Guez et bien d’autres. Toutes ces personnes ont le point commun de faire partie de la famille Everest, famille adoptive avec laquelle j’ai crée des liens forts et avec lesquels je me suis très vite attaché. J’ai aussi eu l’opportunité de réaliser un spot publicitaire unique pour Everest Poker ainsi que de tourner une émission de télévision avec en animatrice vedette mon amie Estelle Denis, rien que ça !

Mi-juin, le stress commence à m’envahir car c’est la période de doute pendant laquelle j’attends de savoir si je suis finalement reconduit ou non pour une durée d’un an. Et c’est juste avant de partir à Las Vegas que j’apprends la bonne nouvelle.

Everest Poker : “Oui Valentin, nous sommes heureux de t’annoncer que nous souhaitons continuer l’aventure avec toi !”.

Quel bonheur, quel soulagement, je peux désormais partir tranquille à Las Vegas pour y disputer les WSOP.

Oui mais voilà à mon retour de Vegas j’ai reçu un nouveau coup de fil d’Everest Poker m’annonçant cette fois-ci une toute autre nouvelle.

Everest Poker : “Valentin, je suis désolé de devoir t’annoncer ça, mais nous n’allons finalement plus te reconduire pour cette année !”.

Moi : “Quoi ? Comment ça ? C’est une mauvaise blague ? Il y a un mois vous m’avez dit que c’était bon ! Je comprend plus rien là !”

Everest : “Oui je sais, mais les choses ont évolué entre temps, laisse moi t’expliquer la situation…”

En effet Everest m’a bien rassuré en m’expliquant qu’il n’avait rien à me reprocher personnellement, qu’ils étaient satisfait de mon travail en tant qu’ambassadeur de la marque, et que cette décision n’avait pas de rapport avec mon manque de résultats live depuis le début de l’année. Ils sont conscient de la variance…

Moi : “Ok ! Très bien ! Mais alors pourquoi diable ?”

Et bien en fait c’est très “simple”. La situation économique du poker online en France est loin d’être bonne. On nous avait promis un eldorado au début du lancement du .fr mais le problème c’est qu’au jour d’aujourd’hui toutes les rooms n’en tirent pas forcément un quelconque bénéfice. Les rooms investissent fortement que ce soit en développement marketing, en publicité et le retour sur investissement est pas forcément très bon pour le moment sans oublier que les rooms sont obligés d’absorber une partie de la taxe imposée par l’Etat pour pouvoir satisfaire les joueurs. Bref tout cela coûte beaucoup d’argent ! Rajouté à cela le fait qu’Everest a été racheté par Betclic Groupe, et vous comprendrez très vite que Betclic commence à mettre son grain de sel en mettant un bon coup de pied dans la fourmilière. Conséquence malheureuse pour moi, cela tombe en même temps que la fin de mon contrat, et vu la situation économique et la volonté de Betclic de réduire les coûts, bingo, vous l’aurez compris, il ne faut pas longtemps à Betclic pour annoncer à Everest que finalement je ne serais plus reconduit.

C’est dur, très dur à encaisser, encore plus dur vu l’ascenseur émotionnel auquel j’ai eu le droit ces dernières semaines. C’est jamais facile à accepter ce genre de situation car ne nous voilons pas la face, un joueur sponsorisé vit dans un certain confort, il voyage tout le temps, joue les plus gros tournois du monde, est sollicité constamment par les journalistes, on est sans arrêt sur le devant de la scène et on y prend goût ! Et POUF ! Du jour au lendemain la magie s’arrête, on repasse de l’ombre à la lumière, de la lumière à l’ombre. Notre égo en prend aussi un coup il faut bien le reconnaitre ! On vit cette rétrogradation comme un échec.

Mais rassurez vous, pour ceux qui me connaissent un peu, ils savent que je suis un battant, à peine groggy que je repars de suite au combat. C’est que le bougre n’abandonne pas facilement ! Rien que d’écrire cet article mon moral va beaucoup mieux, à croire qu’écrire est une forme de thérapie pour moi.

Bien entendu le fait de ne plus être sponsorisé cela va amener des changements dans ma vie au quotidien. Il est clair que je voyagerais beaucoup moins et participerais à nettement moins de tournoi qu’avant. Je ferais appel certainement au stacking et tenterais à nouveau les satellites online comme c’était le cas à l’époque. Je vais aussi passer plus de temps derrière mon PC à grind online en cash game. Et si je fais de bons mois, je me payerais de temps en temps un Event en privilégiant les tournois en France (WPT Amnéville, PPT, BPT, EPT Deauville, EFOP) afin de réduire au possible les frais annexes au tournoi.

Désormais libre, je suis ouvert à toute proposition intéressante, donc si un manager d’une room online passe par là, c’est avec un grand plaisir que je suis prêt à discuter avec vous. C’est finalement peut être le début d’une nouvelle aventure…

Le Main Event : le tournoi de toute une vie !

Si il y a bien un tournoi que l’on souhaite remporter dans sa carrière de joueur de poker c’est bien le Main Event des WSOP. Demandez à n’importe quel joueur de poker, amateur ou professionnel, il vous dira la même chose !

Ce tournoi est aux yeux de tous le fameux Saint Graal, celui qu’on rêve tous secrètement d’un jour gagner. A défaut de le remporter, l’idée effleure notre esprit de faire au moins un magnifique deep run comme certains français ont pu le faire par le passé : Bruno Fitoussi, Ludovic Lacay, Nicolas Babel, Jean-Paul Pasqualini, Fabrice Soulier, Elky ou tout récemment Stéphane Albertini ou Guillaume Darcourt. Et si on est encore un peu plus gourmand on imagine disputer la table finale du Main Event comme seul Antoine Saout a réussi à atteindre jusqu’à présent.

Oui mais voilà pour y parvenir il faut entreprendre un parcours semé d’embuches. La route y est périlleuse, dangereuse, et chaque petite erreur peut nous coûter notre tournoi. Et malgré la structure magnifique il nous faudra énormément de réussite pour éviter les bad beats, les set-up et réussir à passer ces fameux coin flip.

Comme des centaines de français sur la ligne de départ j’étais plein d’espoirs, de rêves, et je n’espérais qu’une chose, faire un magnifique parcours dans ce Main Event 2011.

Avec un tirage de table plutôt clément avec moi lors du day 1C j’avais toutes mes chances de monter des jetons. Assis à une table de “randoms” ou presque, je ne reconnaissais que ma coéquipière espagnole Maria Maceiras. Tout comme moi elle a vécu une journée infernale ou je n’ai en dix heures de jeu quasiment touché aucune premium et rencontré aucun flop. Difficile dans ses conditions de monter un stack, pourtant je ne perdais pas espoir et tentais de rentrer dans de nombreux coups, malheureusement le timing étant systématiquement mauvais j’ai souvent du abandonner les pots et y laisser dans la bataille de précieux jetons.

Pourtant lors de l’avant dernière main de la journée je pensais être enfin récompensé de ma patience lorsqu’avec un joueur au profil agressif nous étions partis à tapis préflop pour un pot de 35 000 chips avec ma paire de valets bien en tête devant son maigre AT. En effet après une relance de sa part et un 3bet de la mienne, ce dernier décidait de me mettre la pression et de faire tapis, je n’hésitais pas longtemps avant d’engager tous mes jetons au milieu avec mes jacks. Malheureusement pour moi le flop lui apportait un brelan de dix cruel pour moi signe de ma descente aux enfers.

Finissant la journée à seulement 6500 jetons soit à peine 12 big blinds pour la reprise au day 2, inutile de vous dire que mon moral était au plus bas. Fort heureusement après ses quelques heures de grise mine, et bien entouré de par mes amis et ma chérie j’ai réussi à reprendre du poil de la bête pour tenter un come back exceptionnel lors de la deuxième journée.

C’est donc avec un moral gonflé à bloc que je me suis installé à table prêt à en découdre et tenter de revenir dans la partie.

Après deux tours de tables sans aucun jeu et aucun spot, je décidais une première fois de pousser mon tapis en resteal de grosse blind avec ##Ah##Th contre une relance du cut-off, malheureusement ce dernier préférait abandonner le coup… Dommage je me savais devant ! Ce n’est que quelques mains plus tard que je décidais de pousser l’intégralité de mes douze dernières grosses blinds au hi-jack avec ##Ks##Js mais le joueur au bouton se réveillait à ce moment là avec ##Ad##Kc et aucun miracle ne se produisit pour moi scellant ainsi mon sort en ce début de day 2.

Il faudra désormais encore attendre un an avant de rêver à nouveau d’un deep run dans le fameux Main Event…