jan 18

Le « Continuation Bet », une agression maîtrisée

Tag: Poker - Cash Gamestochastic @ 0:38

Le « Continuation Bet », une agression maîtrisée

Au poker, maintenir un jeu agressif est une clef pour accumuler des jetons. En misant et relançant vous prenez l’initiative dans le coup et vos adversaires sont face une décision. En mettant votre opposition sous pression avec vos mises, vous engendrez des opportunités qu’ils fassent des erreurs car plus ils seront face à des choix plus ils seront susceptibles de se tromper et donc cela vous sera bénéfiques sur le long terme.

Le continuation bet est une des armes pour maintenir votre agressivité à un niveau satisfaisant. Cela dit, il faut savoir en user mais pas en abuser notamment face une opposition alerte et agressive.

Un « Continuation Bet », noté c-bet, est le terme anglais, largement popularisé par Dan Harrington dans ces ouvrages, désignant en français une mise de continuation après avoir été l’agresseur pré-flop.

Plus précisément, un c-bet est la mise effectuée au flop par le joueur ayant relancé ou sur-relancé pré-flop alors que personne n’a misé avant lui au flop.Le joueur ayant pris l’initiative pré-flop prolonge donc au flop sa représentation de force.

Un c-bet n’est forcément un signe réel de main légitime car il peut être fait avec une main faite forte, une main de force moyenne ou médiocre, avec une main de tirage ou encore simplement avec rien connectant au flop.

L’objectif d’un c-bet, dans les cas où la force de la main est faible, est de simplement de tirer avantage d’avoir pris l’initiative pré-flop en continuant l’agression et représentant encore de la force. On essaie simplement tromper notre adversaire sur la force réelle de notre main par une agression constante. Perpétuer l’agression au flop compte aussi sur le fait qu’un joueur a, en moyenne, peu de chances de connecter le flop et donc abandonnera sans résistance la plupart du temps, sa main s’il n’a pas une réelle main avec de l’équité dans le pot.

La fréquence avec laquelle vous faites un c-bet doit être calibrée en fonction de divers critères afin de ne pas être prévisible et donc éventuellement exploitable si votre opposition s’adapte.

Par exemple, si vous faites un c-bet dans 100% des cas, l’adversaire va se douter que vous ne pouvez avoir touché le flop chaque fois et si vous ne faites un c-bet seulement quand la force de votre main est très puissante, vous allez perdre de la rentabilité sur vos forts jeux.

Votre but est de laisser l’adversaire dans l’incertitude de telle sorte qu’il vous laisse le pot quand vous n’avez rien et vous paie lorsque vous avez réellement une main mais ne vous croit pas.

Les raisons pour lesquelles vous faites un c-bet sont :

*Valoriser une main forte en espérant être payé ou relancé par une main inférieure

*Valoriser une main de force moyenne en espérant être payé par une main inférieure ou un tirage. Vous vous protégez par la même occasion, en ne laissant pas une carte gratuite, d’être battu lorsque votre adversaire a des outs.

*Miser un tirage qui peut vous donner la meilleure main d’ici la river. Vous espérez donc faire passer une meilleure main ou compléter votre tirage si vous êtes payé.

*Votre main n’a que très peu ou aucune valeur et donc vous êtes alors en bluff en espérant faire passer des mains vous battant.

le c-bet, lorsque vous avez connecté au flop, s’apparente à un « value bet » et lorsque vous n’avez rien ou peu d’équité face à l’univers de mains de votre opposition, il s’apparente à un bluff basé sur la fold equity.

Lors d’un c-bet, vous devez prendre en considération différents paramètres afin d’estimer si celui-ci peut être profitable. Les variables les plus pertinentes sont:

*le nombre de joueurs face à l’agresseur pré-flop

*la texture du flop et la force absolue et perçue de votre main

*la position de l’attaquant face aux suiveurs

*la valeur de prendre une carte gratuite et la show down equity

*le type de l’opposition et son agressivité

*la taille effective des tapis

*votre image face à votre opposition- l’historique à la table

Lors d’un c-bet, afin de le rentabiliser sur le long terme, vous devez prendre en compte l’aspect multidimensionnel qu’engendre la combinaison de ces variables et non pas simplement la valeur de votre main.

Voyons quelques idées pour maitriser l’agression avec less c-bet.

Le nombre de joueurs face à l’agresseur pré-flop

Cette variable est certainement la plus intuitive. En effet, plus le nombre de joueurs ayant suivi est grand plus les chances qu’ils touchent le flop sont grandes.

Faire un c-bet face à un unique adversaire peut être quasi automatique pour certains mais il se peut que checker en position soit aussi efficace.

Si vous relancez un éventail large notamment en position tardive, il est probable que l’éventail adverse soit favori face au votre car il lui faut une main décente pour suivre ce qui n’est peut être pas le cas pour être le premier attaquant pré-flop.

Par exemple, faire un c-bet systématique hors position face à un joueur vigilant à votre univers de mains et agressif n’est certainement pas une opération rentable.

Face à deux joueurs, un c-bet a plus de respect mais surtout un joueur aura moins tendance à tenter un « move » car il sera pris entre l’agresseur pré-flop et l’autre suiveur.

Il est rarement rentable de faire un c-bet face à trois joueurs sans avoir une réelle main ayant de la show down equity.

Voyons de manière plus précise comment nous pouvons connecter au flop avec différents univers de mains de relance et de call pré-flop.

Prenons quatre éventails de mains, notés E10-E13.5-E20-E29, représentant respectivement 10%, 13.5%, 20% et 29% des mains de départ qu’un joueur peut relancer pré-flop en fonction de son style et/ou sa position.

De même, notons C15 et C12 deux éventails représentant 15% et 12% des mains avec lequel un joueur peut suivre une relance. On suppose qu’un suiveur sur-relance toujours AK et JJ+.

E10= 66+,ATs,KQ,AJ+

E13.5 = 22+,AT+,KTs+,QTs+,JTs,KQo

E20= 22+,A2s+,KT+,QT+,JT,ATo+

E29=22+,A2s+,K9+,Q9+,J9+,T8s+,97s+,86s+,75s+,64s+,54s,A9o+,T9o

C15 = TT-22,AQs-A2s,KTs+,QTs+,J9s+,T8s+,97s+,86s+,75s+,64s+,54s,AQo-AJo,KQo

C12 = TT-22,AQs-ATs,A5s-A2s,KJs+,QJs,JTs,T9s,98s,87s,76s,65s,54s,AQo-AJo,KQo

Regardons combien de fois chaque univers de mains connecte avec le flop.

Nous prenons comme définition de « connecter avec le flop » les cas suivants :

Top paire ou mieux ( over paire, deux paires etc.)

Tirage couleur avec les deux cartes ou tirage max avec l’As

Tirage quinte bilatérale

Le tableau suivant indique qu’avec un éventail serré ou un éventail large vous connectez le flop guère plus de 40% des fois.

De même un joueur ayant suivi une relance, dont les deux éventails proposés sont composés à plus de 50% de paires et connecteurs assortis, connecte encore moins du fait qu’on leurs a ôté les mains premium. De tels univers ne touchent qu’environ 35% des fois.

Après avoir relancé pré-flop et face à un seul suiveur, il y a 65% qu’il ne connecte pas ; face à deux joueurs il y a 42.3% qu’aucun ne connecte (65%*65% = 42.3%) et face à trois joueurs, il y a 27.5% qu’aucun ne touche au flop (65%*65%*65%).

Chances de connecter au flop en fonction d’un éventail

Top paire ou mieux

Tirage couleur

Tirage quinte

Total

E10

24.7%

4%

8.5%

37.2%

E13.5

31.5%

3%

5.5%

40.0%

E20

28.2%

3.2%

7%

38.4%

E29

28.2%

4%

8.5%

40.7%

C15

20.4%

6.5%

10%

36.9%

C12

21.4%

5%

8.5%

34.9%

Si vous ne connectez pas au flop, le c-bet est un bluff jouant sur la fold equity obtenue grâce à votre agression pré-flop et le fat que vos adversaires ne connectent pas.

Si vous misez la moitié du pot, il suffit que votre c-bet passe dans 33% pour être profitable et si vous misez deux tiers du pot il est nécessaire que votre opposition passe dans 40%.

% requis de passe en fonction du montant du c-bet

Fraction

% requis

1/4

20.0%

1/3

25.0%

1/2

33.3%

2/3

40.0%

3/4

42.9%

1

50.0%

Ainsi, si vous misez face à deux joueurs deux tiers du pot en bluff, celui-ci sera rentable si les joueurs ne continuent pas sans avoir top paire ou mieux ou un tirage correct. En effet, nous avons vu que la probabilité qu’aucun ne touche est de 42.3% qui est supérieure au 40% requis.

La taille d’un c-bet, sans rentrer dans les détails, va varier le plus souvent entre 50% et 100% du pot en fonction la texture du flop, l’éventail de mains adverse perçu, la taille effective des tapis, les tendances adverses.

Miser trop peu (en dessous de 50%) peut ne pas être crédible et offre une cote implicite trop grande et miser trop fort (au dessus de 100%) ne vous donnera de l’action que par les mains adverses très fortes. Cela dit, il existe toujours des situations où un mise atypique peut être profitable.

Retenez que la taille de votre mise au flop va influencer la taille du pot sur les prochains tours d’enchères et donc envisagez ce que vous voulez accomplir avec votre main et gardez de la flexibilité est toujours une bonne chose.

Face à trois joueurs ou plus, il est certainement néfaste de miser sans une réelle main ou un excellent tirage car un bluff aura vraiment peu de chances de succès et donc il est préférable de rester honnête.

Malheureusement, les choses ne sont aussi simples car les joueurs peuvent trouver de nombreuses raisons pour vous suivre ou relancer au flop, notamment parce que nous touchons le flop de manière forte qu’environ 40% du temps et ne pouvons faire un c-bet avec une fréquence trop élevée sans être exploitable et donc éventuellement exploité.

Un taux de c-bet raisonnable sera donc entre 50 et 65% en fonction de notre opposition.

Enfin, ne pas faire de c-bets systématiquement, donnera plus de crédibilité à vos c-bets en bluff si ceux-ci sont judicieuses placé.

La texture du flop et la force perçue de votre main

Les raisons pour relancer pré-flop un éventail plus ou moins large dépend de différents facteurs comme :

Notre position par rapport au bouton

Les joueurs ayant la position sur nous

Les joueurs dans les blindes

La profondeur effective des tapis

Notre image

En fonction de ces variables, le joueur nous ayant suivi a une idée plus ou moins précise de notre éventail de mains et va réagir à notre c-bet en fonction de la texture du flop, la force de sa main et sa position.

Ci-dessous, le tableau indique les % où un joueur réalise, avec les éventails définis par avant, top paire ou mieux en fonction de la texture du flop.

Entre parenthèse est indiqué le % de tirage quinte bilatérale.

Chances de toucher le flop en fonction de l’éventail et la texture*

AKQ

AT5

AA6

KQ5

KT5

QJ5

JT5

K95

Q85

E10

56.7

41.5

32.6

34.6

35.5

39.3

34.2(14)

35

37.5

E13.5

47.1

36.7

26.1

28.0(2.5)

28.9(2.5)

32.9(2.5)

30.3(10.3)

28.3

32

E20

48.1

34.8

23.9

26.2(7)

26.2(7)

28.8(7)

31.4(7)

25.9

28.4

E29

34.8

26.4

17.9

21.6(5)

21.6(5)

23.4(9)

25.2(10.8)

21.7

23.3

C15

34.9

31.8

22.0

10.8(2)

12.5(2)

17.7(4.5)

15.9(11)

13

20(2)

C12

36.8

32.3

22.8

9.8(3)

15(3)

21.3(3)

18.7(14.4)

14.8

24(3)

Chances de toucher le flop en fonction de l’éventail et la texture*

JJ6

772

T87

T52

953

875

762

542

E10

29.6

35.5

31(5)

24.6

26.8

35(5)

40

43

E13.5

23

27

33(3)

33.3

23

26.6(3.5)

30.2

37.3

E20

23.6

18.5

33(4)

33.3

16.3

18.6(4)

21

27(2.5)

E29

18.6

15.3

33(23)

27.4

30

18(14)

17.8

18.7(3.5)

C15

10.4

17.1

17.7(15)

14.5

16(4)

15.8(14.8)

22(4)

28.6(7.5)

C12

12.2

18

15(11)

12.7

11(5)

18.3(11.3)

22(5)

35.7(7)

* Ici les flop sont tous tricolores, retenez juste qu’un tirage couleur est obtenu entre 8 et 10% avec ses éventails.

Par exemple, si nous relançons en premier de parole à une table de neuf joueurs, notre éventail sera plutôt perçu comme étant proche de E10 alors que si nous relançons du cut-off il sera plus large et plus proche de E29.

Cela dit, si les joueurs dans les blindes sont de bonnes cibles à exploiter en position, il se peut qu’un joueur avisé élargisse son éventail même en position éloignée. Un joueur observateur conscient de votre plan peut alors vous suivre incitant à venir les blindes avec une cote attrayante afin de tirer avantage de sa position sur vous et de la cible sachant que votre éventail n’est pas peut être aussi solide que votre position représente.

Lors de vos relance pré-flop, vous devez tenir compte des joueurs se trouvant au cut-off et au bouton qui pourront vous donner de fil à retordre avec la position sur vous car cela influencera vos éventuels c-bet.

Cependant, sur le flop AKQ ou un flop similaire avec trois broadways (cartes au dessus du T) notre c-bet aura bien plus de crédibilité avec un éventail perçu comme étant E10 qu’avec E29 car l’on touche top paire ou mieux respectivement dans 57% et 35%. ainsi sur un tel flop, un c-bet en pur bluff avec 78s a de fortes chances de passer.

Si le flop est A54, la force perçue par notre adversaire est nettement amoindrie et l’on a peu de chances de faire passer un joueur ayant suivi avec TT avec une seule mise au flop d’autant plus que notre éventail perçu est large.

Si le flop est 953, quelque soit notre univers de relance nous connectons qu’à peine 30% des fois et il est peu probable que notre c-bet soit passé dès que l’adversaire détienne un tant soit peu quelque chose.

Ainsi, plus la force perçue sur le flop par notre adversaire est grande plus il est possible de faire un c-bet en bluff.

En revanche, plus le flop est mauvais pour notre force perçue plus un c-bet est déconseillé car l’on sera trop souvent payé ou contre attaqué par une relance.

En plus de notre force perçue il faut considérer si le flop connecte bien avec un éventail d’un suiveur.

Si le flop est T87, d’une part, il est relativement mauvais pour notre force perçue et d’autre part, il touche assez bien un univers de mains ayant suivi avec des paires moyennes et connecteurs assortis. Ainsi, un c-bet en pur bluff est peu recommandé car même si le joueur n’a pas connecté il peut jouer sur le fait que sa force perçue sur un tel flop est grande et donc peut tenter de vous bluff raiser.

Lorsque vous faites un c-bet alors que votre force perçue est forte et vous êtes payé ou relancé, l’adversaire représente probablement une réelle main.

Lorsque vous faites un c-bet alors que votre force perçue est faible, l’opposition agressive ou alerte, aura tendance à suivre ou à relancer de façon plus libérale.

Notamment avec la position et des tapis profonds, un joueur aura tendance à être plus accrocheur à cause de la possibilité de mettre un effet de levier sur vous ou encore à cause d’un grande cote implicite.

Dans ces situations, il faut s’adapter en équilibrant vos c-bet avec d’autres lignes de jeu comme check/call, check/raise ou simplement check/fold si votre main est trop marginale et votre opposition sait jouer en position.

Enfin, une fois que vous réalisez un c-bet, essayez d’avoir un plan de jeu sur différentes cartes au turn avant d’être pris de court.

Le plan de jeu dépendra de l’éventail de mains adverse estimé et de la tendance et l’agressivité avec laquelle l’adversaire joue différentes catégories de jeux comme les tirages, les jeux max, top paire etc…l’observation est donc primordiale pour savoir ajuster nos c-bet aux tendances adverses.

Le « delayed c-bet » ou le c-bet retardé au turn

Si les conditions pour un c-bet semblent défavorables, il est parfois plus judicieux d’attendre le turn pour reprendre l’agression.

Le c-bet peut être aussi retardé à la turn de temps à autres avec un jeu relativement fort afin d’équilibrer nos checks au flop avec les jeux marginaux voire sans équité. Ainsi, on espère prendre de la valeur au turn si notre adversaire fait une main inférieure et décide de nous payer alors qu’il n’avait rien au flop. On peut aussi induire un bluff si notre adversaire est agressif c’est à dire qu’il mise avec rien dès lors que notre check au flop lui semble un signe de faiblesse.

Si vous êtes en position, checker vous permet d’avoir une information gratuite au turn plus fiable qu’au car dans la grande majorité des cas l’adversaire checke face à l’agresseur pré-flop et donc le check ne représente guère. En revanche, un second check au turn a bien plus de chances d’être significatif et révélateur de faiblesse adverse et vous pourrez en tirer profit. C’est pourquoi, il faut parfois, même avec une main sans valeur attendre la turn pour placer son bluff.

Vous pouvez aussi placer une bluff raise ne position si vous pensez que votre adversaire mise systématiquement au turn dès vous avez checké en position.

Hors position, attendre le turn pour faire le c-bet peut être judicieux si notre adversaire est un joueur peu apte à faire de « moves » et jouant plutôt au premier degré la valeur de ses cartes et donc son check au trun est plus un signe de faiblesse qu’un piège.

Regardons quelques exemples où le c-bet peut être retardé.

a) vous relancez du cut-off et les deux blindes vous payent.

sur AsKs sur QhTs6h

Avec deux broadways au flop et un tirage couleur, le flop connecte assez bien avec les éventails des callers qui suivent avec des cartes connectées et assorties.

Avec trois outs pour un tirage ventrale max et un backdoor couleur vous avez 13 cartes améliorant sensiblement votre équité ainsi, il est préférable de prendre une carte gratuite en position. En effet, être check raisé, vous forcera d’abandonner et vous perdrez toute votre équité du pot. De plus, parfois l’As ou le K en overcard peut être bon.

b) vous relancez d’hijack et le cut-off et la grosse blinde suivent.

QsJh sur Ks7sQc

Avec middle paire et un kicker moyen votre main a une certaine valeur. Cependant, si vous misez il y a peut de chances d’être payé par une main plus faible à part les mains de tirages qui ont une excellente équité contre vous.

Face à deux joueurs, dont l’un ayant la position, qui peuvent détenir de nombreux meilleurs broadways assortis, il est plutôt conseillé d’attendre une carte neutre au turn (du style 2, 3, 4 etc ) ou une amélioration et un second check de la blinde avant de reprendre l’agression afin de value better sa main et la protéger. Certes, on laisse quelques cartes gratuites mais surtout on contrôle la taille du pot avec une main de force moyenne avec laquelle on espère avoir un show down peu cher.

c)Vous relancez du cut-off et la petite blinde suit.

AsQs ou As3s sur 9d7h5c

De manière générale, lorsque la petite blinde suit son éventail de mains est relativement solide pour plusieurs raisons :

Sa cote en est moins bonne qu’en grosse blinde

Elle sera hors position tout le coup que la grosse blinde paie ou pas

Elle peut faire face à une sur-relance de la grosse blinde

Son éventail inclus très souvent des petites paires ou des broadways assortis parfois quelques connecteurs assortis pour varier son jeu.

Ce flop est assez favorable pour un joueur jouant les petites paires et sait très bien que ce flop a peu de chances de vous aider.

Dans le ca présent, vous avez deux hauteurs As ayant une certaine show down equity si votre adversaire possède un broadway et éventuellement deux overd cards avec AQ s’il possède une paire.

Avec AQ, il est intéressant de checker afin d’avoir de l’action avec les As ou les Q ayant de moins bons kickers s’il on touche au turn ou à la river, mais aussi on peut outdrawer, dans environ dans 24%, les mains comme T9, 98, 78, 66,44, etc.

En checkant avec AQ, on se met aussi à l’abri d’un check raise bluff d’un adversaire agressif.

En revanche, avec A3, il est plus opportun de faire un c-bet, d’autant plus que l’adversaire est relativement passif, car on bat moins de hauteur As chez notre adversaire et on a qu’une seule overcard.

d)Vous relancez dans les premiers de parole et la grosse complète.

AsKh sur Ks8d4c

En relançant loin du bouton, notre éventail perçu est relativement serré et sur un tel flop on aura de l’action importante seulement si l’on est battu.

Retarder le c-bet peut permettre à l’adversaire de toucher middle paire ou un tirage sur lequel on pourra prendre quelque jetons. Si l’on va au show down, notre adversaire saura que notre check en position n’est pas toujours un aveu de faiblesse. On pourra en tirer profit plus tard avec un delayed c-bet avec des mains ayant complètement raté le flop car notre adversaire sera plus méfiant.

e)vous relancez du cu-off e vous êtes payé par la grosse blinde

8d8h ou As7s sur 9h7h5c

88 et A7s sont deux mains ayant de la show down equty mais ne supportent pas un check raise.

Miser sur un tel flop et faire grossir le pot avec une main moyenne et qui a peu de chance d’être devant s’il on est payé ou check raisé.

Même si l’adversaire semi bluff, beaucoup de turn nous mettent dans une situation délicate.

Evitez de faire un c-bet sur un flop où l’éventail de votre adversaire est probablement devant le votre.

C’est pourquoi, sur ce genre de flop, il est préférable de miser les mains avec lesquelles on ne regrette pas de passer sur un check raise (même en bluff) et les mains avec lesquelles on est prêt à payer un check raise voire à aller all in si on pense avoir une bonne équité.

Une fois que votre opposition aura checké une nouvelle fois au turn, alors votre main sera certainement la meilleure et vous pourrez prendre le pot.

f) vous relancez du cu-off e vous êtes payé par la grosse blinde

Ac5c ou Th9h sur As8d4c

un flop avec un As est souvent un bon flop pour faire un c-bet avec l’ensemble de votre éventail car l’As fait si souvent parti de l’univers perçu. Cependant, un peu de variation dans son jeu peut induire votre opposition à faire des erreurs dans le futur.

Avec A5s, si vous misez au flop vous êtes payé, vous serez souvent en situation way ahead/way behind (cf. cinquante-deux n°6).

Garder le pot petit quand vous êtes battu et extraire de la valeur au turn ou à la river à un adversaire curieux avec une main inférieure, peut être plus rentable.

Si vous checkez parfois avec un petit As mais aussi avec un très fort jeu et que vous attrapez votre adversaire, vous pourrez, de temps à autres, équilibrer vos checks au flop avec une main comme T9s et faire un delayed c-bet bluff profitable.

e)vous relancez d’hjack et vous payé par le cut-off le bouton et la petite blinde

As2s sur 8h6s7s

Vous avez le tirage couleur max mais ce flop face à trois joueurs et trois cartes moyennes connectées a certainement touché grandement l’un des joueurs. Vous avez une bonne équité mais vous ne pouvez pas trop supporter un relance d’un joueur protégeant une main comme brelan ou deux paires qui nuira votre cote directe et implicite. Un check est un moyen plus sûr de voir la turn pour pas trop cher et défendre son équité du pot .

Un delayed c-bet est une arme qui permet souvent le contrôle de la taille du pot et qui peut être tout aussi efficace qu’un c-bet si :

-Vous savez équilibrer vos checks au flop avec des jeux de force forte, moyenne et nulle afin de mettre toujours votre adversaire dans le doute

-Vous avez un jeu ayant de l’équité mais ne supporte pas un check raise.

-Le flop correspond a l’éventail de call adverse et vous avez une show down equity acceptable.

-Vous avez la position, vous pouvez réunir plus d’informations pour placer votre bluff au turn.

-L’éventail de votre adversaire est certainement devant le votre au flop mais le turn vous permet de bluffer ou value better plus efficacement.

-Vous êtes contre une « calling station » vous préférez prendre plus d’informations avant de faire grossir le pot et attendre turn avant de vous lancer avec une main de force moyenne ou nulle.

- Le turn est une carte améliorant la force de votre éventail perçu par votre adversaire, en général cela sera un A, un K ou une Q.

Combattre un joueur c-bettant trop fréquemment

Un joueur qui c-bet quasiment systématiquement ou s’il dépasse les 70/75% après avoir relancé pré-flop va être exploitable par les joueurs observateurs et agressifs. En c-bettant trop, un joueur peut transformer une arme efficace et fructueuse en une dilapidation de jetons.

Un joueur qui c-bet un univers de mains polarisé c’est-à-dire que ses mains se séparent en général en deux groupes (parfois trois) dont les forces sont opposées, le plus souvent en un groupe de mains fortes et un groupe de mains ayant peu ou aucune équité, peut être exploitable. En effet, avec un tel éventail, il ne poursuivra au turn qu’avec ses mains les plus fortes et abandonnera avec les mains les plus faibles.

Deux solutions utilisées par les joueurs avertis et agressifs, sont envisageables pour exploiter ce type de joueurs peu observant de tous les paramètres lors d’un c-bet :

- En position : le float ou floating.

- Hors position : le check raise bluff.

Le float

Tout comme votre adversaire vous connectez au flop décemment environ dans 35% des cas mais vous ne pouvez pas abandonner systématiquement face à un c-bet même sans toucher. Le float permet d’exploiter les tendances prévisibles adverses en équilibrant votre jeu avec des mains fortes et des bluffs ce qui vous rendra plus difficilement lisible et donc difficile à jouer notamment lorsque vous avez la position.

Les conditions requises pour un float sont :

-être en tête à tête

-avoir la position sur l’agresseur pré-flop

- le joueur c-bet avec un taux très élevé (>75%)- mais ne poursuit au turn principalement que s’il a une main très forte. Dans le cas contraire, il check/fold dans la grande majorité des cas où il fait face à de la résistance.

-l’agresseur pré-flop peut avoir un univers de mains assez large car avec un éventail ultra serré un joueur a trop souvent top paire ou une over paire.

- le flop n’est pas favorable à l’éventail estimé du relanceur pré-flop. Le flop présente peu de tirages, de tel sorte que vous représentiez une main réellement forte voire un slow play. En présence de tirages au flop, de nombreuses cartes au turn seront difficiles à exploiter car vous ne saurez pas si elles ont aidé votre adversaire et donc il ne sera pas aisé de savoir si vous pouvez bluffer. De plus, avec un flop avec trop de tirages, le joueur peut intentionnellement checker au turn avec l’intention de vous check raiser au turn avec un tirage vous faisant croire à une main faite s’il pense que vous étiez en float ou en tirage qui n’aura alors plus une bonne cote.

Exemple de bons flops pour un float sont les flops qui connectent peu avec un éventail de relance assez large : T75, J83, J74, Q72, Q83, K83, K75, JJ6, 743, Q92, 952, 842, T53

-votre main n’a pas forcément d’outs car vous basez votre call au flop sur une forte probabilité de voler le pot au turn. Cependant, avoir un gutshot ,des backddoors, une ou des overcards peuvent améliorer votre équité et votre cote implicite dans les cas où votre adversaire possède effectivement une main.

- la taille des tapis effectifs est suffisamment grande pour exercer un effet de levier au turn afin de menacer le stack adverse à la river.

- vous pouvez représenter au flop et au turn une main forte crédible afin de dissuader votre adversaire de miser au turn ou de check/call. Une carte améliorant l’univers de mains perçu par votre adversaire est l’idéal.

Le check raise bluff .

Le check raise bluff s’effectue au flop après avoir suivi dans les blindes une relance pré-flop.

Le check raise représente un réelle force car vous vous êtes permis de laisser éventuellement une carte gratuite qu’aurait pu prendre votre adversaire en position.

Le check raise s’effectue le plus souvent avec :

-un jeu fait pouvant battre top paire espérant aller à tapis d’ici la river face en général une over paire-notez que vous devez aussi équilibrer, en fonction de la texture du flop et la propension de votre adversaire à poursuivre au turn, les slow plays avec une main très forte avec les jeux de force moyenne afin de ne pas être trop lisible.

-une main à tirage ayant une forte show down equity et prête à partir à tapis au flop

- en pur bluff

Comme les forts jeux et les gros tirages sont assez rares vous devez ajouter quelques bluffs dans votre univers de check raise au flop car votre adversaire pourrait trop tirer avantage de vos checkraise bipolarisés.

Tout comme lors du float, le check raise bluff veut tirer profit que le relanceur pré-flop va miser inconsidérément quelque soit le flop et va abandonner une grande partie de son éventail face à de la résistance. Vous ferez passer certainement des mains supérieures à la votre mais ne pouvant supporter la pression.

La valeur de votre main n’a que peu d’importance si l’adversaire ne vous suit quasiment jamais et ne s’adapte pas. Votre jeu se base uniquement sur la fold equity.

Le montant de votre relance ne doit ni trop faible pour encourager un joueur curieux et ni trop fort pour garder une bonne rentabilité sur votre bluff. Un relance standard entre à 3/3.5 fois le montant du c-bet nécessite que d’environ 60% de passe chez votre adversaire.

Tout comme lors du float, afin de minimiser les chances que votre adversaire ait connecté au flop, vous ferez un check raise bluff sur un board ayant peu de tirages (notamment flush) et ayant plutôt que des cartes inférieures au T ou alors qu’un seule broadway.

Par exemple : 963, 754, 842, T74, Q64, J74

Sur de tel flops vous représentez certes peu de mains mais tant que votre adversaire ne se pose pas trop de questions et passe ses c-bets avec la grande majorité de son éventail vous continuerez à l’exploiter.

Par exemple sur le flop 754 vous représentez éventuellement 77, 55, 44, 75s, 54s, 68s soit 16 combinaisons.

Mais sur le flop 842 à part les 9 combinaisons de brelans vous n’êtes pas trop crédible.

Face un joueur conscient du faible nombre de mains que vous essayez de représenter pourra vous faire un rebluff avec sérénité. C’est pourquoi suivre simplement avec les mains comme AK et QQ+ permet de piéger et de laisser un doute sur nos check raises chez un joueur agressif et conscient.

Si vous pensez que votre adversaire peut floater avec une main moyenne votre check raise afin de voir votre action au turn vous pouvez alors considérer faire un check raise avec des mains trop faible pour suivre mais ayant un potentiel d’amélioration en équité au turn.

A vous de savoir si vous devez tenter plutôt une deuxième salve ou un second check raise au turn si vous votre équité s’améliore ou simplement abandonner si vous pensez que votre adversaire vous piège.

Par exemple Jd9d ou QsJs sur le flop  Ts7d2c

Vous avez dans le premier cas une over card avec un gutshot et backdoor flush et dans le second cas deux over card, un backdoor flush et un backdoor quinte.

Avec 9s8s sur 6d5h2s vous avec deux over cards et un gutshot.

Avec As3s sur 9c7d3h vous avec bottom paire et donc éventuellement 5 outs.

Le floating et le check raise font partie de l’arsenal des joueurs attentifs et agressifs qui sont vigilants sur les des éventails de mains, des schémas de mises adverses et la texture du flop ; cependant, ils les utilisent ses armes avec parcimonie et à bon escient et savent s’adapter si leur opposition s’ajuste.

L’adaptation à ce genre « move » est un sujet à approfondir pour tout joueur voulant parfaire sa technique sur ses c-bets.

Conclusion

Le c-bet est un thème indispensable à maitriser car si souvent rencontré puisqu’il apparaît au flop. Savoir prendre en compte les différents paramètres pour le réaliser profitablement et savoir comment tirer profit des mauvais biais de certains joueurs ont été qu’effleurés. Cela dit, retenez qu’un c-bet ne peut être envisagé que dans son aspect multidimensionnel et dans la perspective des tours d’enchères suivants que sont le turn et la river ce qui implique une réelle compréhension de la dynamique en fonction de votre opposition.

François TARDIEU -stochastic

copyright magazine cinquantedeux 2009 http://cinquante-deux.com/

5 commentaires to “Le « Continuation Bet », une agression maîtrisée”

  1. mike80610 a dit :

    merci pour cette article j’ai lu vite fait mais je vais travailler cette article en profondeur

    PS:a quand un nouveau tournoi interressant.

  2. gustave a dit :

    Oh merci grand maître,
    Je te dédie ma récente 2ieme place sur 1570 dans le deepstack pokerstar 11$. Que ferions-nous sans toi? Encore un article de la plus extreme utilité. Je relis en ce moment toutes tes vidéos, le contenu le plus pédagogique (c’est un prof qui vous le dit) et le plus complet, pour les MTT, qu’il y est sur le net en FR.
    Encore MERCI M. Tardieu à qui je dois tant.

  3. nimiflip a dit :

    :D I love it !

  4. djouff a dit :

    encore un travail de titan ! Merci beaucoup Sto !

  5. MOST83 a dit :

    Super article.
    Un grand merci pour cette contribution.
    Pas vu mieux dans aucun bouquin

Laisser un commentaire