oct 25

Le tirage flush max - quelques idées

Tag: Articlesstochastic @ 18:36

Nous rappelons la conclusion de notre article précédent (cinquante-deux N°14) :

Avec un tirage vous devez chercher à optimiser la combinaison de votre show down equity et votre fold equity.

La façon dont vous allez aborder un tirage va dépendre d’un certain nombre de paramètres qui vont faire pencher la balance vers un jeu agressif ou un jeu passif.

Un jeu agressif est défini par les actions : miser, check raiser, relancer, sur relancer.

Un jeu passif est défini par les actions : checker, suivre, passer.

La décision va pondérer votre show down equity et votre fold equity.

Cela dit, pour des raisons de stratégique globale et afin de ne pas être prévisible, il se peut, qu’avec les mêmes conditions, vous variez votre jeu avec un tirage.

De plus, il existe des situations où le jeu agressif et le jeu passif sont tous les deux profitables mais l’un domine l’autre par sa profitabilité supérieure.

Nous supposerons toujours par la suite que nous sommes en tête à tête dans un pot relancé pré-flop.

Les principales variables à prendre en compte lors d’un tirage sont les suivantes :

-l’agresseur pré-flop

Êtes-vous l’agresseur ou le suiveur pré-flop ?

En fonction des positions et du style de chacun, vous devez avoir une réponse approximative aux questions :

Quel éventail de mains votre adversaire peut-il détenir ?

Sur quel univers de mains votre opposition vous projette ?

Sans cette réflexion sur les éventails relatifs, votre décision vers un jeu agressif ou passif ne pourra être optimale.

-le style de l’adversaire

Un joueur a toujours un style de fond qu’il peut éventuellement adapter en fonction de son opposition, mais envisagez qu’un coup doit se jouer différemment en fonction de chaque style.

Le style peut être :

Passif, serré timide, serré agressif, agressif, loose agressif, maniaque etc…

Savoir comment un joueur joue ses tirages simples et composés en tant qu’attaquant ou défenseur est une clef pour définir la meilleure tactique contre chaque type de joueur.

Seule l’observation et la prise de note sur le net permettra d’affiner votre approche contre un joueur spécifique.

-la taille effective des tapis

La taille effective des tapis est la taille du plus petit tapis entre celui de votre adversaire et le votre. On exprimera la taille effective en nombre de grosses blindes.

Taille peu profonde : <75 ; Taille standard : entre 75 et 125 et Taille profonde : >125

Une même situation peut apporter une réponse différente en fonction d’une taille effective de tapis donnée.

-la position

Quel joueur détient la position, c’est-à-dire quel est celui parlant en dernier sur le flop, le turn et la river. Détenir ou pas la position peut faire jouer un tirage de façon différente.

Hors position, il est plus difficile de rentabiliser un tirage qu’en position. En effet, hors position, d’une part, vous disposez de moins d’informations et d’autre part, les chances d’avoir une free card sont plus faibles.

-la texture du flop- la texture du board au turn

La texture du flop est un élément crucial afin de savoir si celle-ci connecte avec l’éventail adverse et le votre.

Supposons qu’un joueur relance environ l’éventail de mains suivant, noté U22, soit environ 22% des mains : 22+,A2s+,K9s+,Q9s+,J9s+,T9s,98s,87s,76s,ATo+,KTo+,QTo+,JTo

Nous présentons comment il connecte sur quatre types de flops.

Sur le flop 8 5 2 : top paire ou une over paire dans 16% et un brelan dans 3% soit un total de jeu fait de 19%.

Sur le flop K82 : Top paire ou une over paire dans 21% et brelan dans 3% soit un total d’un jeu fait de 24%.

Sur le flop KJ9 : Top paire ou une over paire dans 18% ; deux paires 5%, brelan dans 3.5% et quinte dans 6% soit un total d’un jeu fait de 34.5%.

Sur le flop AQT : top paire dans 20.5% deux paires dans 11.5% brelan dans 3.5% quinte dans 6.5% soit un total d’un jeu fait de 41.5%.

Il est donc important de savoir quel peut être l’éventail adverse et comment il connecte avec chaque type de flop. La perception de chacun des joueurs sur une texture donnée en fonction des éventails adverses potentiels est à prendre ne considération.

- la force du tirage

La force d’un tirage est estimée par ses chances de gain au show down. Il faut donc estimer ses outs non pas contre une main adverse mais contre un éventail susceptible de jouer le coup à fond. Bien estimer ses outs réelles face un éventail adverse est crucial.

-la Fold Equity (FE)

La fold equity que vous pouvez obtenir va dépendre de plusieurs facteurs comme :

La taille du tapis effectif ; le style de joueur ; la texture du flop ; votre image.

Ne surestimez pas votre fold equity si vous décidez de jouer agressivement un tirage.

- la Cote Implicite -la Cote Implicite Inversée- la cote directe du pot

La cote implicite lors d’un tirage est le montant que vous pouvez espérer gagner si votre tirage se complète.

La cote implicite inversée lors d’un tirage est le montant que vous pouvez perdre si votre tirage se complète c’est-à-dire que votre adversaire réalise une main supérieure.

La cote implicite va principalement se baser sur la taille effective des tapis et le style adverse.

La cote directe du pot est bien sur toujours sous jacente dans l’estimation de la cote implicite nécessaire pour rentabiliser sa main.

-le turn et la « Free Card » (FC)

En présence de tirage au flop, essayez d’avoir déjà un plan en fonction des différentes cartes qui peuvent apparaître au turn.

Pensez vous prendre une carte gratuite, tirer profit d’une « scare card », faire un check raise etc… chaque action va dépendre également du style de l’adversaire.

Nous allons dans cet article principalement nous intéresser au tirage couleur max simple (9outs) ou composé (≥10outs) en fonction des paramètres présentés ci-dessus.

Un tirage couleur max a l’avantage de ne pas avoir de cote implicite inversée face à un autre tirage couleur (excepté le cas de quinte flush) et parfois l’As détenu dans notre main peut être une out.

Sachant qu’il faut raisonner contre un éventail adverse pour estimer la force d’un tirage regardons comment un tirage couleur simple se comporte contre un univers possible si au flop les deux joueurs partent all in. Nous essayons donc d’évaluer notre show down equity.

Vous détenez Ac4c après avoir suivi une relance pré-flop.

Sur le flop FD1 : QcJd8c

sur le flop FD2 : 8c6d2c

sur le flop FD3 : 8d3c2c

L’éventail de mains avec lequel votre adversaire est prêt à engager son tapis n’est pas le même tout simplement car les textures diffèrent sensiblement face à son éventail de relance. Il peut également changer en fonction de son style serré ou loose.

Si votre adversaire relance l’éventail U22 et décide de partir à tapis avec top paire ou mieux et éventuellement quelques tirages composés ou un second tirage flush alors on a :

Sur FD1 son éventail sera quelque chose comme :

JJ+, 88, AQ, QJ, KcJc, KcTc, JcTc, Jc9c, Tc9c

Contre lequel vous avez 35.2%.

Sur FD2 son éventail sera composé principalement d’over paires :

TT+, 88, 66, 22, KcQc, KcJc, 7c6c

Contre lequel vous avez 42.5%.

Idem pour le flop FD3 mais avec un tirage ventral votre équité augmente encore :

TT+, 33, 22, KcQc, 9c8c

Où vous avez 50.2%.

On note que sur un flop n’ayant que des cartes inférieures au T (Baby Flop) les chances de gain sont bien meilleures car l’As est souvent une out alors que sur un flop présentant des Broadways, c’est à dire des cartes entre l’As et le T, un joueur payera souvent avec top paire top kicker ce qui ôte notre As comme out et les chances de se trouver face à deux paires sont bien plus fortes.

Sur certains flops avantageux, un tirage composé peut être favori contre un univers de mains adverse.

Il faut donc, en fonction de la texture de flop, avoir une idée avec quel type de mains il est probable de faire face si le coup part à tapis et avoir une estimation des chances de gain au show down.

Divers logiciels sont disponibles sur le net pour vous aider à calculer ce genre de situations : Pokerstove, Holdem-Ranger, stoxev, poker razor.

Bien connaître ses chances au show down dans une situation d’all in au flop est crucial car en fonction de la taille de votre tapis vous pouvez jouer de manière plus ou moins agressive votre tirage.

Exemple :

Blindes 0.5/1

Vous avez suivi au bouton une relance à 3bb d’un joueur en « middle position » avec Ac4c.

La SB et la BB passe. Le pot contient 7.5 et votre adversaire mise 5.

Supposons que vous décidiez de relancer avec un tirage à 15 et que votre adversaire vous sur-relance all in.

Si au départ du coup le tapis effectif est de 100, après votre relance à 15, il vous reste un tapis de 82.

Vous devez rajouter 82 pour gagner 119.5 (les 100 adverse, les blindes et vos 18 investis étant la relance pré-flop et votre relance au flop).

La cote du pot est donc de 119.5/82 = 1.45 contre 1. Vous devez gagner le coup au show down dans 40.7% (1/(1.45+1)).

Reprenons les flops FD1 et FD2 :

-il serait incorrect de payer sur FD1 car nous n’avons, si notre adversaire ne bluffe pas et fait all-in avec un éventail proche de celui proposé, que 35%

-alors que sur FD2 le call serait correct en terme d’équité car notre estimation de nos chances de gain à 42.5% sont supérieures à celles requises par la cote du pot à 40.7%.

Le tableau ci-dessous résume le % requis pour justifier de payer en fonction du tapis effectif après une relance pré-flop à 3 une mise de 5 adverse et votre relance à 15.

% requis en fonction du tapis eff.

Relance de 15 après une mise de 5 dans un pot de 7.5

Tapis eff.

%requis

Tapis eff.

%requis

50

31.5

125

42.5

60

34.6

150

43.8

75

37.6

175

44.7

100

40.7

200

45.3

La lecture du tableau engendre plusieurs remarques :

Dans un pot relancé pré-flop,

-relancer un tirage flush max au flop et payer un all in peut être correct si le tapis effectif est inférieur à 60bb.

-avec un tapis effectif entre 60bb et 100bb, il faut un tirage flush max avec éventuellement des outs supplémentaires pour envisager de payer un all-in. Si vous n’avez que le tirage couleur, il faut compter sur la fold equity pour compenser et justifier notre relance.

-la plupart du temps, un joueur ne va pas engager son tapis avec une simple over paire ou top paire top kicker si le tapis effectif est supérieur à 100bb. Ainsi, son éventail pour aller all-in va se resserrer vers le top de son univers de mains. Par exemple, sur le FD2 le joueur ne va pas engager son tapis au flop qu’avec les brelans et AA et KK de ce fait votre main Ac4c n’aura qu’environ 35% d’équité.

Par conséquent, si vous relancez un tirage lorsque les tapis sont profonds, le joueur peut vous sur-relancer de telle manière que la cote de votre tirage ne soit plus intéressante.

Reprenons notre exemple avec un tapis effectif de 180bb.

Après votre relance à 15 sur la mise adverse de 5 dans le pot de 7.5, le joueur vous sur-relance à 45. Vous devez payer 30 dans un pot de 67.5 soit une cote de 2.25 contre 1. La cote de toucher au turn un tirage flush est de 4.2 contre 1, il faut donc rentabiliser si vous touchez votre flush au turn et espérer gagner au moins 60bb. Mais un tirage flush est relativement évident et il ne sera pas facile d’extraire une mise chez l’adversaire.

Si vous décidez de relancer sa mise de 45 à tapis (car toute autre enchère vous rendra impliqué dans le pot) il est probable que vous ne serez payé que par un éventail très serré et donc vous mettrez votre tapis en jeu avec des chances au plus de l’ordre 33%.

Si vous relancez un tirage au flop face à un agresseur pré-flop, ce n’est pas uniquement basé sur votre équité face à son éventail d’all-in au flop mais sur le fait que ce joueur peut faire des mises de continuation au flop légères (continuation bet-CB) et qu’il ne peut supporter une relance. Par conséquent vous devez une certaine fold equity. Relancer un tirage pour passer sur une relance est une perte d’équité non négligeable.

Quid d’un tirage quinte bilatérale ?

Les chances de compléter un tirage quinte sur deux cartes sont de 31.5%, il est donc rarement valable de relancer car même avec un tapis effectif faible la cote du pot ne justifiera pas de payer un all-in adverse. En revanche, un tirage quinte rentré est moins apparent qu’un tirage couleur, on peut donc espérer une cote implicite plus grande si l’on touche au turn.

A moins d’être confiant en sa fold equity, un tirage quinte se joue plutôt passivement au flop.

La cote directe du pot et tirage flush

Si au flop, votre adversaire mise entre 25% et 50% du pot, il peut être judicieux de juste suivre car la cote offerte sera entre 5 et 3 contre 1 alors qu’avec un tirage flush simple vous avez du 4.2 contre 1 de toucher au turn. Ainsi, il ne vous suffira que de peu de cote implicite dans les cas où vous touchez pour faire un profit. De plus, en ne relançant pas vous gardez les tirages flush inférieurs contre lesquels d’une part, votre cote implicite est excellente alors qu’il auraient passé au flop sur une relance et d’autre part, vous êtes devant avec hauteur As.

Si la mise représente entre 66% et 100% du pot il sera plus délicat de suivre car la cote du pot sera bien moins attrayante, entre 2.5 et 2.

Anticiper l’action au turn

Si vous n’êtes pas l’agresseur pré-flop :

En position :

Si votre adversaire ne continue pas trop souvent l’agression au turn notamment hors position, simplement suivre peut vous permettre de prendre une carte gratuite si vous ne complétez pas au turn.

Si votre adversaire mise encore une fois au turn, il est peu profitable de payer avec seulement un simple tirage flush même une mise de 50% du pot offrant une cote de 3 contre 1 car d’une part, la cote du pot n’est pas suffisante et d’autre part, la cote implicite si vous touchez est faible. En revanche, si vous obtenez en plus un tirage quinte ventrale ou une paire cela améliore votre cote implicite car toucher la ventrale ou un trips à la river peut être plus facilement valorisé qu’une couleur transparente contre une main adverse comme top paire ou une over paire.

Si votre adversaire joue de façon linéaire et ne fait pas trop de check raise, vous pouvez éventuellement miser au turn.

En revanche, hors position, il sera difficile d’avoir une carte gratuite car votre adversaire aura plus d’informations sur la force de votre main et pourra vous sortir de votre tirage afin de protéger l’équité sa main même marginale.

Si vous êtes l’agresseur pré-flop

En position :

Si vous misez votre tirage au flop et que vous ne complétez pas au turn vous avez le choix entre continuer l’agression ou checker.

L’avantage de miser est de mettre en action l’effet de levier c’est-à-dire que vous garder la pression sur votre adversaire et son tapis avec la menace d’un mise supplémentaire à la river.

Vous vous donnez encore une chance de faire passer une meilleure main que la votre mais c’est marginal.

L’avantage de checker est que votre tirage ne vous coute rien et vous ne risquez pas d’être check raisé si votre adversaire possède une forte main faite.

En général, vous checkerez les tirages vers un max, ceux ayant une certaine show down equity et ceux ayant une cote implicite assez grande car ils détiennent des outs masquées type gutshot ou trips.

Si vous décidez de miser, anticipez votre action sur un check raise adverse afin de ne pas être pris dans une décision délicate de cote pour justifier de payer ou pas.

Si vous utilisez le schéma de mise suivant : mise au flop, check au turn et mise à la river, avec vos mains faites (top paire et plus), il peut être intéressant de suivre le même schéma avec votre tirage avec une bonne proportion de bluff à la river, soit environ une fois sur trois, si ceux-ci ne se complètent pas.

Hors position :

Hors position, il ne sera plus possible d’avoir le choix de la free card. Un joueur compétent sautera sur l’occasion de vous sortir d’un tirage probable face à votre aveu de faiblesse si vous checkez. Afin, de ne pas perdre trop d’équité due à la valeur de votre tirage, il est souvent profitable de continuer l’agression de la même manière que si vous aviez un fort jeu fait. Vous tablez donc sur la combinaison de la fold equity et de la show down equity.

A la recherche de la fold equity hors position

Avec Ac5c sur le flop Jc2c4h votre équité est excellente, environ 45%, contre un éventail d’all-in adverse potentiel comme : JJ+, 44, 22, AJ.

Une main de tirage nécessitant une bonne fold equity, en plus d’un bonne show down equity, vous devez toujours chercher à maximiser votre fold equity. Afin d’avoir une bonne fold equity, il vous faut dans la mesure du possible être le dernier joueur à faire all-in et donc laisser votre adversaire prendre la décision délicate.

Hors position, si le tapis effectif est peu profond (<50bb) faire un check raise all-in au flop est le moyen d’avoir la fold equity en votre faveur.

En revanche, si vous check raisez au flop avec plus de 60bb, vous donnez à votre adversaire l’occasion de faire le dernier « move » et de vous laisser la décision difficile de payer l’all-in.

En outre, si votre adversaire se contente de juste payer votre check raise, vous serez dans une position délicate au turn si vous ne complétez pas votre tirage. En effet, vous avez investi une proportion significative de votre tapis alors que votre équité de compléter votre tirage avec une seule carte à venir a drastiquement diminué. Etant hors position, il est peu probable que votre adversaire vous laisse une carte gratuite si vous checkez et si vous misez il peut très bien avoir attendu le turn pour placer son agression avec un fort jeu et vous donner une cote défavorable pour votre tirage.

Une alternative, lors que le tapis effectif est entre 60bb et 100bb est de prendre l’initiative au flop face à l’agresseur pré-flop. Dans un premier temps vous bénéficiez d’une première fold equity car vous pouvez faire passer des mains qui sont devant vous au flop (ie. AQ, 77).

Si votre adversaire relance votre « donk bet » (mise hors position face au relanceur pré-flop)

en bluff ou pour valeur, vous avez l’opportunité de sur relancer sa relance et donc d’être le dernier joueur à faire all-in.

Afin d’équilibrer et mixer votre jeu vous pouvez effectuer ceci avec un fort jeu fait comme deux paires ou un brelan afin de piéger une éventuelle over paire adverse.

Cela dit, essayez d’envisager votre plan de jeu si votre adversaire ne vous relance pas au flop et sur quelles cartes vous allez continuer l’agression, checker avec l’intention de passer ou check raiser.

Cette tactique de miser au flop face au relanceur et de sur relance est communément appelée bet/3bet.

Bien évidemment, elle peut être utilisée si vous êtes l’agresseur pré-flop et votre adversaire vous relance au flop. Un joueur vous relançant au flop peut le faire pour valeur avec ses meilleures mains, avec un tirage ou aussi en bluff s’il pense que la texture est adéquate et favorable à son éventail et non au votre. Cela va dépendre de son style et c’est à vous d’après vos observations d’estimer quelle peut être votre fold equity sur cette tactique de bet/3bet.

Sur votre 3bet, vous espérez avoir de la fold equity car même avec un tirage fort votre équité ne sera guère souvent au-delà de 40%, donc gagner le pot tout de suite ne peut qu’être profitable.

Il est donc préférable de suivre une telle ligne face à des joueurs serrés capables de passer ou des joueurs capables de relancer en bluff face à un donk bet qui peut être interprété comme faible.

Top paire et tirage flush max

Détenir top paire et le tirage flush max, combinant une main faite et un potentiel d’amélioration vers un jeu max, est souvent un jeu encourageant un jeu agressif, cependant, toutes les textures de flops ne sont pas équivalentes dans ce genre de configurations.

Exemples :

AcTc sur le flop Th2c7c

Contre un éventail adverse possible lors d’un all-in au flop tel : TT+, 77, 22, 9c8c

Vous avez 45.5% et donc s’il y a un tant soit peu d’argent mort dans le pot, la combinaison de votre fold equity et show down equity justifie de jouer une telle main agressivement.

En outre, votre équité s’améliore d’autant plus que votre adversaire pousse des tirages dominés comme KcQc Jc9c etc…

Avec un tapis effectif de 100bb ou moins, jouer à fond une telle main est certainement profitable.

Ac5c sur le flop AhQc9c

Ici, vous avez aussi top paire et tirage flush, mais le flop connecte bien plus avec un éventail d’un joueur ayant relancé pré-flop, notamment s’il relance dès les premières positions.

En relançant sur ce genre de flop vous n’aurez d’action que des mains contre lesquelles vous ne jouerez que la couleur et probablement pas votre kicker.

Par exemple contre : AA, QQ, 99, AQ, A9, JcTc vous n’avez que 35%.

En ne relançant pas l’agresseur pré-flop, vous gardez en jeu les tirages inférieurs contre lesquels votre cote implicite est bonne et aussi les mains comme QJ KQ auxquelles vous pouvez peut être extraire une petite mise.

En revanche sur le flop Ah2c4c

Votre adversaire peut partir all-in avec un univers contre lequel votre gutshot est max et si vous touchez votre kicker peut faire la différence.

Par exemple contre : AA, 33, 22, A4s, A2s, AK vous êtes favori à 61.5%.

Tirage flush et extra outs

En général, un tirage composé comme un tirage flush + tirage ventrale ou tirage flush + paire se joue agressivement si la taille du tapis effectif n’est pas trop élevée. En effet, d’une part, on a, si la texture du flop est adéquate, une bonne équité en cas d’all-in et d’autre part, comme la couleur a peu de cote implicite on préfère mettre les jetons au milieu au moment où l’on possède une bonne équité avec éventuellement de la fold equity.

Cependant, si vous n’êtes pas l’agresseur pré-flop et si vous pensez que votre fold equity est faible au flop mais que vous avez une forte cote implicite sur les outs autres que la flush, il peut être préférable de jouer passivement un tirage composé.

Exemples :

Ac5c sur le flop 5h9c3c

Contre l’univers adverse d’all-in potentiel : JJ+, 99, 33, 22, vous avez 45% ce qui est suffisamment fort pour jouer agressivement avec un tapis inférieur à 100bb et ce d’autant plus que qu’il est petit.

Cela dit, si les tapis sont assez profonds vous devez avoir une autre approche.

En effet, vous avez divers moyens de rentabiliser votre main :

-un 5 vous donne trips et vous pouvez extraire certainement quelque chose face à une over paire.

-un As vous donne deux paires et vous pouvez soutirer quelques jetons à votre adversaire si celui-ci a fait une mise de continuation avec une main comme AK, AQ, AJ.

-Un broadway (K, Q, J, T) vous donnant la couleur, peut également améliorer la main adverse en top pair ou brelan où vous pouvez certainement avoir de l’action.

Ac5c sur le flopQc3c2d

Sur un tel flop, si vous relancez, vous ne représentez que peu de mains pouvant relancer pour valeur. Bien souvent, votre adversaire vous mettra sur un tirage couleur ou un bluff.

Votre gutshot votre offre une opportunité d’avoir une bonne cote implicite face à des mains comme top paire même avec un kicker modeste ou over paire.

De même avec

AcJc sur le flop KhTc5c vous avez une assez bonne équité, environ 40%, contre l’univers adverse suivant :

KK+, TT, 55, AK, KcQc, KTs

Mais votre gutshot, s’il rentre vous offre de bonne chance d’avoir de l’action car la Q peut donner une main inférieure à votre adversaire avec laquelle, il peut continuer comme KQ, QJ, J9, QQ, AJ contre laquelle vous avez un free roll ….de plus l’As ou le J peuvent être parfois des outs.

De plus, le flop ayant deux broadways connecte assez bien avec un éventail adverse donc votre fold equity ne peut être forte, en revanche vous pouvez attrapez quelques bluffs avec la position et hauteur As.

Enfin, avec Ac9c sur le flop 8c7d5c

Le tirage couleur étant clair et le gutshot faisant apparaître un « 4 cards straight » la cote implicite si vous complétez sera très faible. Ainsi, on appliquera plutôt une stratégie agressive essayant de combiner fold equity et show down equity plus le tirage est évident.

Hors position, on tentera probablement un bet/3bet et en position on relancera et éventuellement on ira all in au flop.

Notez que les mains comme A9s, A8s, A7s et A6s contrairement à A2s, A3s, A4s, A5s engendrent des tirages quinte trop clairs car l’on utilise qu’une seule carte de notre main ce qui réduit notre cote implicite.

Top brelan face à un tirage couleur potentiel

Lorsqu’il y a un tirage couleur au flop, nombreux joueurs sont tentés par le fait de ne pas laisser une carte gratuite. Cela dit, parfois avec un jeu aussi fort comme top brelan il est possible d’induire de l’action afin de rentabiliser au maximum sa main au prix de perdre quelques fois contre une flush.

Vous avez relancé pré-flop avec KsKd et vous avez été suivi par une des blindes.

sur le flop Kc8h4c

si votre adversaire vous a suivi avec l’éventail :

TT-22,AQs-A2s,KTs+,QTs+,J9s+,T8s+,97s+,86s+,75s+,65s,AQo-AJo,KQo

La probabilité qu’il ait un triage couleur n’est qu’environ de 12%.

Si votre adversaire mise hors position ou vous relance en position, il peut être judicieux de simplement suivre dans le but de ne pas chasser un tirage couleur faible dans l’espoir de gagner un gros pot dans les cas où l’adversaire touche sur le turn ou la river une carte complétant son tirage mais vous donnant full. L’idée est d’augmenter sa cote implicite plutôt que de se protéger contre une couleur qui n’a que 25% d’être complétée et gagnante d’ici la river. Ce type de slow play est d’autant plus fort qu’il y a peu voire pas de tirage quinte possible (gutshot ou bilatéral). Si vous décidez de checker hors position, en plus de tenter de piéger une flush vous laissez l’opportunité à votre adversaire de toucher un brelan s’il détient une paire ce qui peut être favorable pour un gros pot.

Vous avez relancé avec QsQd et un joueur vous a suivi en position.

Sur le flop Qc6c9h votre main domine largement son univers. Le board étant très connecté il existe quand même un grand nombre de tirages composés contre lesquels vous n’êtes mécontents de partir all in au flop.

Il peut être intéressant face à un joueur agressif de tenter un check raise. En effet, un joueur agressif va probablement miser dès que vous checkez et donc vous empochez une mise lorsqu’il y avait peu de chances qu’il paie votre mise de continuation. De plus sur votre check raise, il peut avec un tirage faire all-in pensant qu’il possède une fold equity favorable car il sera le dernier à relancer. Vous induisez donc à pousser ses tirages qui ont une équité faible face à votre brelan.

Nous pouvons tirer quelques conclusions générales sur quand jouer agressivement ou passivement un tirage notamment un tirage flush simple ou composé.

Jouer agressif lorsque les critères suivants sont d’autant plus vrais :

-le nombre d’outs réel est grand et donc avec une grande show down equity

-hors position

-un tapis effectif peu profond

-avec de la fold equity

-quand le tirage a peu de cote implicite

A contrario, jouer passif quand :

-le nombre d’outs ne dépasse 10

- en position

-un tapis effectif profond

-le tirage est max pour garder les tirages inférieurs

-avec des outs masquées ayant une bonne cote implicite

-avec peu de fold equity

François TARDIEU -stochastic

copyright magazine cinquantedeux 2009 http://cinquante-deux.com/

4 commentaires to “Le tirage flush max - quelques idées”

  1. TomR a dit :

    Sur mon PC les exemples merdouillent (illisibles). Pareil pour les autres ?
    Sinon, MERCI POUR L’ARTICLE !!!

  2. stochastic a dit :

    Salut

    a priori sous firefox c’est ok

    merci

  3. boxershadow a dit :

    Je confirme que tout est ok sur firefox.
    Comme d’habitude : “Merci”

  4. michigancarinsurance.info a dit :

    michigancarinsurance.info…I saw this shared on another site and thought I would……

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