Je quitte demain Tokyo où j’aurai passé 8 mois. J’avais toujours rêvé de venir au Japon, c’est maintenant chose faite. J’ai découvert la culture, la nourriture, le saké, les gens, …

Dernière nuit au pays des grattes ciels

La vue depuis mon balcon, en bas le marché aux poissons de Tsukiji, les tours de Ginza au fond à droite se cache le Mont Fuji, masqué par un gratte ciel.

Tokyo a été complètement rasé durant la seconde guerre mondiale, la ville contient plus de grattes ciels et buildings que New York. Cette ville loge à elle seule autant d’habitant que la moitié de la France. Je me suis habitué au hi tech, aux tours de verres, aux cartes magnétiques, aux portes de taxis qui s’ouvrent et se ferment électriquement, aux plans de la ville orientés dans tous les sens, aux rues sans nom, au vélo qui slaloment sur les trottoirs. J’ai pris goût depuis mon balcon à contempler les tours et les lumières de la ville.

Derniers Ohayo gozaimasu demain matin

La langue Japonaise est complexe et très éloignée de nos consonances latines. Je ne comprends pas plus d’une centaine de mots, mais mon oreille s’est habituée à ces sons étranges et je distingue maintenant les différents mots. Au matin il est de tradition de se saluer et se dire bonjour, avec un grand sourire. On peut trouver ça hypocrite, mais c’est toujours plus agréable que de se faire engueuler comme au Faubourg Montmartre.

Derniers films d’Ozu ce weekend

J’ai acheté l’été dernier deux coffrets des films de Yasujiro Ozu. Ses films reflètent la vie à Tokyo durant la crise avant guerre ou après la seconde guerre mondiale. Il fut d’abord inspiré par Chaplin et ensuite par Rossellini et le néo réalisme Italien. A son tour il a inspiré Jim Jarmusch, Aki Kaurismaki ou Wim Wenders. Ce dernier a réalisé un film documentaire, Tokyo-Ga, sur Ozu.
Je me suis fait un devoir, et un plaisir, de regarder ces films à Tokyo.

Dernières parties de backgammon cette année

Je ne vous ai jamais parlé de Mochy, ce n’est autre que l’actuel champion du monde de backgammon et il est Japonais. A Tokyo, j’ai repris intérêt pour ce jeu. Mon niveau reste très compétitif. En décembre dans la grosse partie, j’ai gagné 31 points à 500$.

Derniers sushis à Ginza

Je vous ai parlé de Sakura, une amie joueuse professionnelle de backgammon et de poker. On s’était perdu de vue pendant plus de cinq ans et nous sommes retrouvés par hasard à Tokyo. Elle repart aux USA et moi en Thaïlande.
Soirée d’adieu, il faut bien dépenser futilement l’argent gagné immoralement. D’abord dans un restaurant de sushis de Ginza, puis je lui ai fait découvrir les bourgognes dans un bar à vin. Au menu La Tâche 2000 et Montrachet 2004 du domaine de la Romanée Conti.
On s’est séparé un peu ivre et un peu triste à la sortie du bar. On ne sait ni elle ni moi ou l’on sera dans un mois. On se reverra peut être dans six mois à Las Vegas ou dans dix ans à Macau, probablement jamais. C’est aussi cela la vie de joueur.

En cadeau d’adieu je lui ai offert le petit prince … en Japonais.