Niveau : intermédiaires

Auteurs : Les mauvaises langues qui n’aiment pas David Sklansky, et il y en a beaucoup dans le monde du poker, disent que Ed Miller est l’auteur du livre « No Limit Hold’em Theory and practise », cosigné avec Sklansky. C’est un bon théoricien du poker, principalement du limit.
Est-ce pour le remercier qu’il signe ce livre sans le maitre ? Il a trouvé deux autres co-auteurs, Matt Flynn et Sunny Mehta, dont je n’avais jamais entendu parler.

C’est à mon sens le meilleur livre sur le cash game no limite avec les Robertie Harrington. Il se veut un peu plus théorique mais s’adresse également à un public intermédiaire.


La critique chapitre par chapitre :

The basics

C’est le chapitre qui figure dans tous les livres aujourd’hui. Ce sont les termes que David Sklansky a popularisé dans ses premiers ouvrages il y a 20 ans. Ils sont aujourd’hui passés dans le langage courant du poker, des commentaires télévisés aux magazines.
La partie est (heureusement) bien traitée.
La partie sur la taille des stacks est fondamentale pour bien comprendre le Hold’em No Limit.
 
The fondamentals

Traite du Risque/gain et du contrôle du pot. Cela aurait pu faire partie des basiques mais fait l’objet d’un chapitre à part. La encore bien traité.

The REM Process

Les auteurs donnent une méthode de prise de décision en No Limite Hold’em :
Range, Equity, Maximise.
Range souligne l’importance de mettre votre adversaire sur un range de mains et de ne pas se contenter considérer ses propres cartes.
Equity, insiste sur l’idée de calculer son équité par rapport à ce range pour ensuite planifier sa main afin de maximiser ses profits.
Je pense qu’en suivant cette méthode simple, 80% des joueurs amélioreraient énormément leurs gains et leur niveau au poker.
Il est essentiel de planifier sa main, mais les auteurs poussent le bouchon trop loin et c’est la que le livre dérape dans le chapitre 4 :

Planning Hands around commitment

Le chapitre commence bien avec le « commitment threshold » ou seuil d’engagement en Français. Il explique qu’il faut éviter de mettre trop d’argent dans le pot pour jeter sa main par la suite. Les auteurs définissent correctement le niveau de ce seuil, et les niveaux d’alertes qui nous font savoir que l’on va atteindre ce seuil. Cette partie est très intéressante. Les auteurs donnent des exemples et des exceptions.
Je conseillerai alors à la plupart des lecteurs d’arrêter la lecture du livre, à la page 164, ou du moins de sauter 100 pages jusqu’au cinquième chapitre.
Les auteurs définissent le Stack to pot Ratio (SPR). Et ils démontrent que dans un pot simplement relancé pré-flop, il est très difficile de jouer top paire top kicker, à cause de ce SPR mathématique. Si on va à tapis, il est probable que notre TPTK soit battue. Le constat est bon. Mais les remèdes proposés ne le sont pas. Les auteurs oublient que le poker n’est pas un jeu facile. C’est un jeu situationnel, il faut savoir selon l’adversaire en face si on veut jouer son tapis avec TPTK ou pas. La plupart des pots sont des petits pots et il ne faut pas dimensionner la taille de nos relances pré-flop en vu de jouer pour notre stack.
Ce chapitre est intéressant au niveau théorique, avec par exemple quelles mains payer selon la profondeur et quelles mains faire un 3bet afin de s’engager avec TPTK post flop. N’essayez pas d’adopter les relances fantaisistes proposées par les auteurs, selon la nature de votre main, c’est une proposition perdante.

Le cinquième chapitre donne un exemple de jeu en live afin de mettre en pratique les aspects théoriques du livre. Je le trouve bien construit.
Les appendices sont intéressants ce qui est assez rares dans les livres de poker pour être souligné. J’ai aimé  notamment l’appendice sur les règles et l’étiquette en No Limite Hold’em.