Bien souvent, j’ai une idée d’article, et tente d’écrire un pavé de 4 ou 5 pages, pour creuser le sujet en profondeur. Comme la plupart des joueurs de poker, je souffre de flemmite aigue, et je ne termine jamais l’article !
Une bonne alternative a cette perte de temps et d’énergie est de produire quelquechose de moins creusé, rapidos, et de le poster sur mon blog. D’où le texte ci-dessous.
Comme je l’écrivais hier, le floating est une arme plus que redoutable au PLO. L’idée est simple : vous payez la relance adverse preflop, vous payez la mise au flop, et encaissez le pot quand votre adversaire check-fold le turn.
Un bon float demande un peu de préparation, et peut en fait se « construire » preflop.
Tout d’abord, si vous considérez payer en position preflop, analysez les point suivants avant d’appuyer sur le bouton call :
- votre position absolue : plus il reste de joueurs à parler après vous, plus vous courrez le risque d’être sur-relancé. Par ailleurs, même si un joueur se contente de payer derrière, vous vous retrouvez dans un pot multi-joueur avec une main faiblarde, ce qui n’est pas une bonne nouvelle. Par ailleurs, vous n’aurez plus le bouton postflop, ce qui est problématique.
- Si vous êtes au bouton, jetez un coup d’œil rapide aux stats des blindes. Si l’une des blindes est un gros 3-betteurs, reconsidérez votre plan. ET comme au point précédent, même un call d’une des blindes est problématique, dans la mesure où vous vous retrouverez en sandwich entre le C-betteur et la blinde au flop.
Digression : Une bonne alternative au call preflop est la min-relance. Cela ne fait jamais passer le relanceur initial, mais mets la pression sur les joueurs de derrière, puisque même si ils payent votre mini-relance, il ne ferment pas les enchère et risquent de prendre un 4-bet du relanceur initial.
De retour au float : vous êtes au bouton, avec des blindes super-serrées. Votre main est faiblarde, mais vous êtes dans les conditions idéales pour floater. Avant de payer, faites un profiling rapide du relanceur.
Fondamentalement, il existe deux types de joueurs au PLO : Terminator, celui qui va vous mettre beaucoup de pression, en C-bettant au flop, et en envoyant souvent une deuxième barrel Et Monsieur Timide, celui qui n’aime pas jouer hors-de-position, qui C-bette peu au flop. Et même si il C-bette le flop, il va souvent check-folder le turn si une carte déplaisante tombe.
Il est assez facile de différencier Terminator de Monsieur Timide. Il suffit de jeter un coup d’œil à leur stats de C-bet / 2-barrel. Terminator est souvent du genre 100/75, alors que Monsieur Timide serait plutôt 50/50.
Une fois identifié ce genre de joueurs, il est important de comprendre qu’ils nécessitent un traitement différent. Monsieur Timide est le client parfait pour un float, dans la mesure où vous aurez de multiples opportunités de gagner le pot sans showdown. En d’autres termes, c’est un joueur extrêmement bluffable.
Terminator est un cas très différent. Contre lui, vous cherchez avant tout à gagner de l’argent au showdown. En effet, le fait qu’il mise souvent le Turn signifie qu’il vous donnera en moyenne une forte cote implicite. En revanche, payer au flop avec une main moyenne n’est pas une bonne idée, car il va vous garder sous pression au turn, et parfois même à la river. Vous pouvez certes ‘loosener’ votre range de call-down, mais c’est une approche ultra-volatile, et ce type d’adversaire n’en mérite pas autant.
Contre lui, vous voulez certes jouer un peu loose preflop, mais en vous limitant à des mains spéculatives qui peuvent toucher des tirages max. Contre lui, préférez largement on T-9-8-6 à un T-8-7-5. La différence entre ces deux mains a peu d’importance contre Monsieur Timide, car la majeure partie de votre équité provient de vos bluffs contre lui. En revanche, il vous faudra souvent montrer la meilleure main au showdown contre Terminator. Avec le rundown troué en haut, vous courrez le risque de flopper un tirage dominé.
Au total, vous pouvez floater avec les pires poubelles contre Monsieur Timide. Contre Terminator en revanche, vous devez floater moins, et vous en tenir aux mains qui ont le potentiel de vous donner des tirages maxs. Souvenez-vous, contre lui vous ferez votre beurre en touchant une grosse main et en vous faisant payer. Avant de payer preflop, assurez vous de jeter un rapide coup d’œil aux stats de C-betting de votre client potentiel.
Bonne chance - J