Du poker…

“Rien n’assure aussi vite la prospérité des uns que les erreurs des autres.” - F.Bacon

Du contexte.

Analyser une main de poker hors-contexte est souvent inutile, et peut amener à commettre des erreurs d’analyses, certaines grossières, d’autres plus subtiles. Dans l’article ci-dessous, je précise ce que j’entends par “contexte”, et illustre certaines de ces erreurs.

 

Un exemple de contexte simplissime, le style adverse.

Pas besoin de nous étaler en longueur sur ce sujet, bien compris par tous nos académiciens. Le style adverse est un élément contextuel fondamental pour quiconque chercher à déterminer la meilleure ligne de jeu dans une situation donnée. Si il est correct de partir all-in avec JJ avec 100BB de tapis contre un maniaque absolu, cette approche est en général inadaptée contre une serrure qui vient de vous 4-bet UTG.

 

De l’importance de notre espace de main.

Légèrement plus complexe maintenant. Bien souvent, l’analyste prend bien en compte le range adverse, et la force de sa main. Mais il oublie un élément contextuel important: la perception de son range par son adversaire. Pour prendre un exemple caricatural: relancer all-in avec 7s2s depuis UTG à une table de 6, pour 25BB, est une mauvaise idée hors contexte. Mais si le contexte  est que 7s2s est votre main fétiche, et la seule main avec laquelle vous effectuez ce move dans cette situation, en plus des paires d’As, ce push devient EV+.

 

Aparté: range, limites, et incommunicabilité dans les forums.

Les parties de NL 5000 ont une dynamique bien différente des parties micro-stakes. Entre autre, les ranges de mains utilisés sont différent, et les range perçus sont différents. C’est pour cela que dans les forums, il est souvent utile de demander au posteur initial ce qu’il pense du range adverse. Même sans information aucune, ce posteur aura une bien meilleure idée du range de l’adversaire “typique” de sa limite qu’un joueur d’une limite différente. Formulé autrement, un joueur de limite différente va souvent baser sa réponse sur un “contexte” non adapté à la main postée.
Fin d’aparté.

 

Un exemple plus subtil: l’équité ne pousse pas aux arbres.

Je me souviens encore du jour où j’ai découvert, dans Theory of Poker, le concept de semi-bluff. Quelle idée géniale: relancer à tapis avec un tirage couleur! En plus de la chance au grattage, la fold equity, on a une chance au tirage en cas de call adverse.

Pourtant dire que semi-bluffer avec un tirage est la meilleure approche ne fait pas beaucoup de sens. Ici aussi, il convient d’analyser ces tirages dans leur “contexte”, à savoir ici l’ensemble de notre espace de main. En effet, dans une situation donnée, nous n’avons qu’un “stock limité” de mains disposant d’équité. Et choisir de semi-bluffer nos tirages, c’est aussi décider de ne pas les caller. Il est impossible de considérer que semi-bluffer est correct “hors-contexte”, c’est-à-dire sans réfléchir aussi à comment on jouera le reste de notre espace de main dans la même situation.

Considérons l’exemple suivant. Vous avez payé en position préflop, contre un seul adversaire, 100BB deep. Le flop est KsTc3s. Votre adversaire C-bet.

Si vous avez en main 9s8s, et que c’est la dernière main de poker que vous jouez de votre vie, alors en effet, relancer en semi-bluff est probablement l’approche la plus EV+.

Mais la réalité est différente. Tout d’abord, vVotre espace de main ne sera pas limité à 9s8s dans ce genre de situation. Par ailleurs, Vous devez donc, dans une certaine mesure, vous souciez d’équilibrer votre espace de main (1).

Considérons un espace de main simplifié, mais plus représentatif de la réalité, comme par exemple { TT, 5h4h, ATo, 9s8s,  AcJc }.

Hors soucis de balance, contre un adversaire raisonnablement agressif typique des mid-stakes, il est probable que la solution optimale soit de slow-player notre brelan, et de relancer tout le reste de notre espace de main. Evidemment, cette stratégie est extrêmement exploitable. En pratique, et dans un souci de balance, on va plutôt tendre à:

a) Folder nos mains les plus faibles, 5h4h dans cet exemple
b) Relancer nos mains les plus faibles ayant un peu de potentiel, AcJc dans notre exemple, qui nous donne un backdoor tirage trèfle et un tirage de quinte ventrale.
c) payer avec nos mains de force moyenne, ici ATo et 9s8s
d) relancer avec les quasi-nuts, ici TT.

Pour résumer, s’il est vrai que relancer un tirage couleur en semi-bluff est probablement la solution qui maximise l’EV de cette main “hors-contexte”, ce n’est pas nécessairement la meilleure ligne de jeu. En effet, le tirage couleur est une main qui se situe “au milieu” de notre espace en terme d’équité, et qui doit probablement être joué de façon plus passive. Par ailleurs, se contenter de payer permet également d’augmenter la fréquence de tirages dans notre range de call, nous permettant d’atteindre le showdown plus facilement avec notre autre main moyenne, ici ATo.

A bientôt – Jérôme.

(1) Même si je pense que la littérature pokéristique accorde trop d’importance à ce sujet. En pratique, vous jouerez souvent contre des adversaires suffisamment faibles pour ne pas avoir à vous soucier d’équilibrer vos espaces de mains. Et même contre des adversaires de bon niveau, vous serez souvent dans une situation où l’information disponible n’est pas suffisante pour vous forcer à “jouer équilibré”.

Quand l’équité ne veut rien dire.

Souvent, je vois des joueurs analyser leur décision préflop en calculant l’équité de showdown de leur main contre le range adverse.

Cette approche a pas mal de mérite lorsque:

a) vous jouez au poker limite, et que la taille potentielle du pot au showdown n’est pas disproportionnée par rapport à la taille du pot préflop.
b) vous jouez en NL, mais short-stack. Dans ce cas de figure, l’action postflop sera limitée, et votre showdown equity reste une donnée importante.

Malheureusement, de nombreux joueurs utilisent cette même approche pour des parties de NLHE avec 100BB de profondeur, ou plus. Dans ce cas de figure, cette approche est erronée, surtout lorsqu’il s’agit de justifier un call preflop.

En effet, entre le jeu préflop et le showdown, les Dieux du poker ont placé 3 tours d’enchères. En terme de Théorie des Jeux, ce qui va se passer lors de ces tours d’enchère s’appelle la “ex-showdown equity”. De fait, lorsque les tapis sont profonds, cette ex-showdown equity devient beaucoup plus importante que l’équité de showdown de votre main contre le range adverse.

Illustrons cela par l’exemple. Vous avez paire de 2 en Grosse Blinde, contre un relanceur au bouton, 100 BB deep. Son range est tel que vous avez 50% de showdown equity.

Imaginons que le joueur au Bouton soit DrLooseAggro, un mauvais joueur qui mise toutes les streets et ne couche jamais une paire. Vous décidez de jouer de payer son ouverture à 3BB, et de jouer pour toucher un brelan au flop. Si vous touchez brelan ou carré (arrondi à 10.00% pour simplifier le calcul et corriger à la baisse, car vous perdrez parfois avec brelan), supposons que vous stackez toujours cet adversaire. Dans les autres cas, vous passerez au flop.

Contre ce profil, votre EV est de 90% * (-3) + 10% * +100 = +7.3BB

Admettons maintenant que le joueur au Bouton soit Phil Ivey. Vous pensez ne le stacker que dans 30% des cas où vous touchez brelan, ne gagnant que son C-bet de 5BB dans les 70% des “cas brelans” restant. Quand vous ne touchez pas brelan au flop, vous foldez.

Dans ce cas votre équité est de 90% * (-3) + 10% * [ 30% * 100 + 70% * 8] = + 0.86.

On remarquera que dans ces calculs, à aucun moment, notre SD équité contre le range initial adverse n’est utilisé, tout simplement parce que cette information n’a aucune valeur avec des tapis aussi profonds.

Ce qui importe dans notre calcul d’équité est:

- L’espérance de gain / perte lorsque l’on atteint pas le SD.
- La showdown equity de notre main lorsque nous et notre adversaire allons au SD.

On notera que cette dernière n’a aucune vocation à ne serait-ce que ressembler au 50% de SD equity obtenu en calculant l’équité de 22 contre le range adverse preflop.

Pour certains cette idée que la SD equity n’a aucune importance en jeu deep-stack peut sembler triviale. Mais l’exemple ci-dessus a également une conséquence un peu moins triviale. Plutôt que de considérer l’équité de showdown de votre main, il est bien plus important de réfléchir au type de dynamique postflop que votre choix de main de départ va engendrer.

Pour soumettre un exemple à réflexion: si vous avez le droit de choisir entre défendre KJo ou 87s en Grosse Blinde, 100BB deep, il sera probablement meilleur de choisir KJo contre un Bouton passif et 87s contre un Bouton agressif et compétent, toutes choses égales par ailleurs.

Finalement!

Après un an d’efforts, je peux, enfin, annoncer la sortie d’Omaha Pot-Limit, les secrets des pros, Tome 1. Le livre est pour le moment uniquement disponisble sur Amazon.fr: lien.

Comme vous l’aurez deviné, ce livre est la traduction de l’ouvrage anglais de Rolf Slotboom. Le premier des deux tomes est essentiellement orienté sur le jeu live, et traite en grande partie de stratégies de short-stacking. Le deuxième tome (traduit par l’ami TicetTac, et dont j’espère la sortie en janvier), est écrit en collaboration avec Rob Hollink, un des meilleurs joueurs de PLO du monde. Il traite des partie de PLO 6-max, et est plus orienté deep-stack.

Après la sortie de ces deux traductions, j’aimerai beaucoup pouvoir sortir un ouvrage entièrement écrit par un poker-académicien. N’hésitez donc pas à me soumettre vos manuscrits.

A bientôt - Jérôme.

Jeu, Article, Livre, Hip-hop, Religion.

Me revoila apres quelques mois sans blogger. Vous remarquerez que pour l’occasion, je fais preuve d’une grande profondeur dans la recherche de mon titre!

J’ai peu joué au poker cette année (environ 25k mains), pour +3k d’EV, -4 de realisé. Pas grand chose a dire de ce coté la, si ce n’est que j’alterne entre PLO et NLHE. Je pense toujours que je craque trop souvent en NLHE, et que je pourrais beaucoup mieux faire. En PLO en revanche, mon niveau de jeu est satisfaisant. Au sujet du PLO, ceux d’entre vous qui parlent anglais peuvent aller lire un de mes articles récents ici. Avis aux traducteurs.

Je vais bientot commercialiser la traduction francaise des deux livres de PLO de Rolf Slotboom. C’est ce projet qui m’a pris beaucoup de temps, expliquant mon peu de main jouées cette année. Le style d’écriture de Slotboom est assez atroce, et je pense que la version francaise est bien meilleure. Ses idées n’en restent pas moins intéressantes. Avis aux amateurs, les deux livres devraient sortir d’ici fin juillet.

Pour aborder un sujet non-pokeristique, le Monde annonce la mort de Guru, fondateur du groupe GangStarr. Ceux d’entre vous qui aiment le Hip-hop doivent de toute urgence aller (ré-)écouter Just to get a Rep. RIP.

Et enfin, pour un sujet d’actualité plus complexe, l’interdiction du voile intégral, je vous conseille la lecture de cet article. Comme je m’en doutais, la loi semble être des plus suspectes du point de vue juridique… sans parler du reste!

PLO : plan preflop en position.

Bien souvent, j’ai une idée d’article, et tente d’écrire un pavé de 4 ou 5 pages, pour creuser le sujet en profondeur. Comme la plupart des joueurs de poker, je souffre de flemmite aigue, et je ne termine jamais l’article !

Une bonne alternative a cette perte de temps et d’énergie est de produire quelquechose de moins creusé, rapidos, et de le poster sur mon blog. D’où le texte ci-dessous.

Comme je l’écrivais hier, le floating est une arme plus que redoutable au PLO. L’idée est simple : vous payez la relance adverse preflop, vous payez la mise au flop, et encaissez le pot quand votre adversaire check-fold le turn.

Un bon float demande un peu de préparation, et peut en fait se « construire » preflop.

Tout d’abord, si vous considérez payer en position preflop, analysez les point suivants avant d’appuyer sur le bouton call :
- votre position absolue : plus il reste de joueurs à parler après vous, plus vous courrez le risque d’être sur-relancé. Par ailleurs, même si un joueur se contente de payer derrière, vous vous retrouvez dans un pot multi-joueur avec une main faiblarde, ce qui n’est pas une bonne nouvelle. Par ailleurs, vous n’aurez plus le bouton postflop, ce qui est problématique.
- Si vous êtes au bouton, jetez un coup d’œil rapide aux stats des blindes. Si l’une des blindes est un gros 3-betteurs, reconsidérez votre plan. ET comme au point précédent, même un call d’une des blindes est problématique, dans la mesure où vous vous retrouverez en sandwich entre le C-betteur et la blinde au flop.

Digression : Une bonne alternative au call preflop est la min-relance. Cela ne fait jamais passer le relanceur initial, mais mets la pression sur les joueurs de derrière, puisque même si ils payent votre mini-relance, il ne ferment pas les enchère et risquent de prendre un 4-bet du relanceur initial.

De retour au float : vous êtes au bouton, avec des blindes super-serrées. Votre main est faiblarde, mais vous êtes dans les conditions idéales pour floater. Avant de payer, faites un profiling rapide du relanceur.

Fondamentalement, il existe deux types de joueurs au PLO : Terminator, celui qui va vous mettre beaucoup de pression, en C-bettant au flop, et en envoyant souvent une deuxième barrel  Et Monsieur Timide, celui qui n’aime pas jouer hors-de-position, qui C-bette peu au flop. Et même si il C-bette le flop, il va souvent check-folder le turn si une carte déplaisante tombe.

Il est assez facile de différencier Terminator de Monsieur Timide. Il suffit de jeter un coup d’œil à leur stats de C-bet / 2-barrel. Terminator est souvent du genre 100/75, alors que Monsieur Timide serait plutôt 50/50.

Une fois identifié ce genre de joueurs, il est important de comprendre qu’ils nécessitent un traitement différent. Monsieur Timide est le client parfait pour un float, dans la mesure où vous aurez de multiples opportunités de gagner le pot sans showdown. En d’autres termes, c’est un joueur extrêmement bluffable.

Terminator est un cas très différent. Contre lui, vous cherchez avant tout à gagner de l’argent au showdown. En effet, le fait qu’il mise souvent le Turn signifie qu’il vous donnera en moyenne une forte cote implicite. En revanche, payer au flop avec une main moyenne n’est pas une bonne idée, car il va vous garder sous pression au turn, et parfois même à la river. Vous pouvez certes ‘loosener’ votre range de call-down, mais c’est une approche ultra-volatile, et ce type d’adversaire n’en mérite pas autant.
Contre lui, vous voulez certes jouer un peu loose preflop, mais en vous limitant à des mains spéculatives qui peuvent toucher des tirages max. Contre lui, préférez largement on T-9-8-6 à un T-8-7-5. La différence entre ces deux mains a peu d’importance contre Monsieur Timide, car la majeure partie de votre équité provient de vos bluffs contre lui. En revanche, il vous faudra souvent montrer la meilleure main au showdown contre Terminator. Avec le rundown troué en haut, vous courrez le risque de flopper un tirage dominé.

Au total, vous pouvez floater avec les pires poubelles contre Monsieur Timide. Contre Terminator en revanche, vous devez floater moins, et vous en tenir aux mains qui ont le potentiel de vous donner des tirages maxs. Souvenez-vous, contre lui vous ferez votre beurre en touchant une grosse main et en vous faisant payer. Avant de payer preflop, assurez vous de jeter un rapide coup d’œil aux stats de C-betting de votre client potentiel.

Bonne chance - J

Réflexion sur mes débuts au PLO.

J’ai consacré la plupart du mois de janvier à jouer en PLO, me faisant pulvériser en short-stack, et générant une tonne d’EV en deep-stack. Au total, environ 0 d’EV sur le mois, pour -5k de résultats. C’est la vie.

Ce retour au deep-stack m’a permis de tester une méthode inspirée du livre de Hwang, qui inclus beaucoup de floating contre les regulars. J’applique également une approche toute en pot control avec des mains du genre trips sans kicker max ou petit full (là aussi inspiré par Hwang).

Curieusement, cette approche est assez similaire à celle que j’employais lors de mes tout débuts en PLO à l’Aviation, il y a bien longtemps (du temps ou l’équipe de France de Football… pardon, je m’égare).
Soyons clair, à l’époque, je ne savais pas vraiment jouer au poker. Je rasais malgré tout la petite table de l’Aviation (200 francs de buy-in si je me souviens bien), parce que je faisais quelques trucs correctement, un peu par hasard. Pour ceux d’entre vous qui se lancent à l’Omaha, et surtout ce qui commencent par des tables online à dix joueurs, small stakes, voici une petite liste qui pourrait être utile  :

Jeu serré preflop. J’avais lu les quelques (mauvais) livres d’Omaha de l’époque, qui ne donnaient que des conseils de super-serrure. Le fait que la partie de l’aviation comportait au moins 8 joueurs, et que fortuitement cette approche serrée ne me pénalisait pas, vue la faiblesse de la structure des blindes. Cela me permettait également d’éviter des situations trop compliquées postflop.

Ne pas révéler ses As : l’une des plus grosses erreurs preflop en Omaha est de 3-better avec un range qui contient trop de mains A-A-x-x, alors qu’il reste trop de profondeur de tapis preflop. Comme j’étais structurellement broke à l’époque, je ne 3-bettais que rarement, ce qui m’évitait (par hasard) ce problème.

Jeter les mains faites faibles au flop : je ne jouais que rarement moins que deux paires max au flop, une fois de plus parce que j’étais broke. Curieusement, vous pouvez jouez aussi serré que ca sans vraiment en souffrir quand vous jouez en table pleine.

Avoir un range de call bien balancé au flop : comme je jouais la peur au ventre, je me contentais souvent de payer les attaques adverses au flop, avec un éventail de main très diversifié, allant du bon tirage au la main faite moyenne (petit brelan, deux paires max…). Même si je n’avais pas la moindre idée des bénéfices de cette approche à l’époque, elle en a au moins deux :
- Votre range est large, ce qui fait que votre adversaire ne sait pas quelles cartes sont dangereuses pour lui au turn.
- L’incertitude adverse quant à votre main faisais que je gagnais pas mal de pots sur un simple check-fold adverse au turn.

Eviter les tirages faibles : j’avais lu que les tirages quinte 8 cartes et que les tirages couleurs non-max étaient des mauvaises, et en bon soldat, j’appliquais une approche ultra-tight au flop. De même, je foldais quasiment tous mes tirages quintes lorsque le flop comportait un tirage couleur. Cette approche est bien trop tight, mais me suffisait à gagner, grace a la « loositude » incroyable de la partie, où les joueurs payaient pour aller chercher un tirage couleur hauteur Dame.

Ne pas embusquer ses mains: embusquer les grosses mains est généralement une erreur dans une partie loose. Comme je ne savais pas vraiment ce que cela voulait dire de toute facon, je jouais mes brelans max et gros tirages en poussant au maximum, ce qui est probablement l’approche correcte en partie Omaha small-stakes.

Voila comment j’ai commencé au poker. La chance du débutant…

La pause

eaucoup de variance en ce nouveau debut d’annee pokertistique. Je me suis essaye a un style loose-bizzaroide en NL 1000. Cette approche fait en général assez mal aux regulars et a leur jeu un peu stereotypé. Malheureusement pour moi, je continue a commettre de grosses erreurs postflop. Je ne sais pas trop a quoi les attribuer, dans la mesure ou ces  erreurs sont plutôt évidentes. Bref, j’ai tendance a « craquer » sous la pression ces derniers temps.
Au total, je suis léger gagnant en NL1000, mais mon EV est légèrement négative.

Je pense que le manque de résultat me pèse, et qu’en conséquence mon jeu s’est dégradé. Comme par ailleurs, j’ai envie de travailler pas mal de points de mon jeu Heads’up, je me suis mis en « pause », au sens où je joue des limites bien plus basses qu’à mon habitude (NL 200 et NL 400).

Cela a de nombreux avantages. Le plus important et que je peux jouer à ses limites sans aucune pression, et me concentrer 100% sur mon jeu. Un autre point positif est que l’opposition est plus faible dans ces parties, ce qui me permet de faire des « tests » à moindre coût.

Lors de mes  premières sessions en NL 200, j’ai travaillé sur l’inclusion de l’overbet dans mon jeu heads’up. Cela a conduit à une première session couteuse, avant que je me refasse en pulvérisant un joueur qui passait quasiment 100% de mes overbets.

De manière générale, je crois beaucoup à l’utilisation de l’overbet. Outre la justification théorique (voir par exemple Mathematics of Poker à ce sujet), on peut voir que pas mal de gros joueurs ont cet outil à leur arsenal (Durrr, Isildur1). Par ailleurs, il est extrêmement difficile de bien réagir à une stratégie de ce genre dans le feu de l’action, tant on est peu habitué aux tailles de mise « exotiques ».

L’autre aspect de mon jeu que je cherche à travailler est la taille de mes continuation-bet. Je crois qu’il est souvent beaucoup plus profitable de miser soit petit soit très gros, plutôt que ma stratégie actuelle, et plutôt standard, de miser 50 à 80% du pot.

Voila, on verra ce que ca donne. Un des autres intérêts de joueur peu cher et que je peux me permettre de jouer de très bon regular, dans la mesure où le résultat m’importe peu. Pour l’instant, up 1k en quelques jours au petites limites…

Looser.

A l’approche de cette fin du mois d’octobre, c’est l’heure du bilan annuel. Le tableau est simple. Pour la première fois depuis que je joue au poker (presque 15 ans tout de même !),  je me dirige vers une année perdante, pour un total de -7k pour l’instant.

 

J’ai en effet terminé aout a zéro, septembre à -12k (principalement en Omaha HiLo heads-up 30/60), et octobre est pour le moment à -7k (principalement en Hold’em No-Limit Heads-Up).

 

Quel que soit le chiffre final, le constat est la : cette année 2009 est de loin ma pire année pokeristique du coté résultat. La raison est également simple à déterminer. Comme j’ai pu m’en apercevoir lors de mes 6 mois de poker à temps plein, je n’ai plus aucun avantage sur la plupart des professionnels aux limites équivalentes à la 5/10. J’imagine que la crise a également limité le nombre de Pigeons sur les sites, mais je n’ai pas vraiment de preuves de cette supposition. Peut-être que d’autres joueurs de 3/6, 5/10 et plus pourront confirmer.

 

Une fois ce constate effectué, que faire ?

 

1. Travailler.

Malheureusement, c’est en partie déjà fait ! J’ai beaucoup lu, notamment des e-books sur le NL Texas Hold’em. Je pense vraiment bien mieux joueur qu’il y a quelques mois. Cela ne se traduit pas dans mes résultats, qui tournent autour de zero en NLHU. Alors soit j’ai la poisse, soit mon niveau n’est pas encore suffisant. L’avenir le dira.

 

2. Selectionner mes spots

La aussi, l’essentiel du travail est déjà fait, dans la mesure ou j’évite les gros pros, surtout en Heads-Up. Vu mes résultats récents, je vais peut-être devoir radicaliser l’approche, et me concentrer vraiment sur les joueurs les plus faibles. Ce n’est pas satisfaisant, et n’est jamais qu’une solution d’appoint, mais bon, après tout, il me va bien falloir renflouer mon bankroll !

 

3. Descendre de limites

Beurk ! Les 5/10 me semblent rester abordables en terme de niveau. Si la tendance a ne pas y gagner devait se confirmer, il me faudrait malheureusement considérer baisser de limites, une mesure que de nombreux pros ont d’ores et déjà appliquée.

 

4. Jour plus de donkaments

Les fishs joueront toujours les tournois. Par ailleurs, les satellites garantissent un minimum d’argent mort, même dans les tournois a 100$ et plus. Malheureusement, les plus gros donkaments ont lieu la nuit, ce qui n’est pas facilement conciliable avec ma semaine de travail.

On verra ce que cela donne…

 

En esperant une meilleure annee 2010 !

 

Jerome.

 

 

 

Deux mains contre John Cernuto

Avant d’en venir au theme principal de ce blog, un peu d’administratif: mes résultats de Juin sont d’environ 0 sur le net et de -5k euros en live. Juillet, +6k$ environ sur le net. Pour le moment, trés peu de jeu en aout, pour cause de demenagement et de reprise du travail (plus sur ce sujet dans un prochain blog). Au total, +0.7k euros en live (week-end a Barcelone) et +0.4k$ sur le net. Au total, 3 heures de jeu pour ce mois d’aout!

J’ai joué hier deux mains intéressantes dans une des parties de 7-game de Full-Tilt. Mon adversaire dans les deux cas est “Miami” John Cernuto, l’un des innombrables pro Full-Tilt.

Main no1: trés approximatif en HiLo.

Full Tilt Poker Game #14027330950: Table Bernardo (6 max, deep) - $20/$40 - Limit Omaha H/L - 13:48:18 ET - 2009/08/14
Seat 1: John Cernuto ($734)
Seat 2: H00K3RZ ($977.50)
Seat 3: Luke L Short ($2,252.50)
Seat 4: Ponga80 ($1,359)
Seat 5: x_3173_x ($1,000)
Seat 6: shortsharpshock ($1,262.50)
Ponga80 posts the small blind of $10
x_3173_x is sitting out
shortsharpshock posts the big blind of $20
The button is in seat #3
*** HOLE CARDS ***
Dealt to H00K3RZ [Ts Jh Kc Qh]
x_3173_x stands up
John Cernuto calls $20
H00K3RZ calls $20
Luke L Short folds
Ponga80 calls $10
shortsharpshock checks
*** FLOP *** [Qc 5d 8h]
Ponga80 checks
shortsharpshock checks
John Cernuto bets $20
H00K3RZ raises to $40
Ponga80 folds
shortsharpshock calls $40
John Cernuto raises to $60
H00K3RZ calls $20
shortsharpshock calls $20
*** TURN *** [Qc 5d 8h] [Qs]
shortsharpshock checks
John Cernuto bets $40
H00K3RZ has 15 seconds left to act
H00K3RZ raises to $80
shortsharpshock folds
John Cernuto raises to $120
H00K3RZ calls $40
*** RIVER *** [Qc 5d 8h Qs] [7h]
John Cernuto bets $40
H00K3RZ calls $40
*** SHOW DOWN ***
John Cernuto shows [2c As 9h Qd] three of a kind, Queens, for high and 8,7,5,2,A, for low
H00K3RZ mucks
John Cernuto wins the high pot ($288.50) with three of a kind, Queens
John Cernuto wins the low pot ($288.50) with 8,7,5,2,A
*** SUMMARY ***
Total pot $580 | Rake $3
Board: [Qc 5d 8h Qs 7h]
Seat 1: John Cernuto showed [2c As 9h Qd] and won ($577) with HI: three of a kind, Queens; LO: 8,7,5,2,A
Seat 2: H00K3RZ mucked [Ts Jh Kc Qh] - HI: three of a kind, Queens
Seat 3: Luke L Short (button) didn’t bet (folded)
Seat 4: Ponga80 (small blind) folded on the Flop
Seat 5: x_3173_x is sitting out
Seat 6: shortsharpshock (big blind) folded on the Turn
Le 3-bet de Cernuto au flop aurait du m’alerter du fait qu’il a probablement au moins une Dame en plus d’un bon tirage bas. Si c’est le cas, ma relance au Turn est trés spewy, et mon call river l’est encore plus. Bref, une main vraiment pas terriblement joué de ma part. Ne jouant quasiment plus qu’en Heads-up, j’ai tendance a avoir l’impression d’avoir les nuts avec trips :-)

Main no2: Un float, suivi de sa carte surprise.

Full Tilt Poker Game #14027581905: Table Bernardo (6 max, deep) - $5/$10 - Pot Limit Omaha Hi - 14:05:24 ET - 2009/08/14
Seat 1: John Cernuto ($634)
Seat 2: H00K3RZ ($1,008.50)
Seat 3: Luke L Short ($2,542.50)
Seat 4: ScaredSayScared ($720)
Seat 5: ERaddock ($2,112)
Seat 6: shortsharpshock ($1,047)
ERaddock posts the small blind of $5
shortsharpshock posts the big blind of $10
The button is in seat #4
*** HOLE CARDS ***
Dealt to H00K3RZ [Ks 4h 3h 5s]
John Cernuto calls $10
H00K3RZ has 15 seconds left to act
H00K3RZ raises to $20
Luke L Short has 15 seconds left to act
Luke L Short folds
ScaredSayScared folds
ERaddock folds
shortsharpshock calls $10
John Cernuto calls $10

Un min-raise qui peut sembler bizzare de ma part, mais c’est souvent un bon moyen de gagner la position pour pas cher (Cernuto pourrait etre en limp-reraise, ce qiu rend le call de ma “relance” pas si evident avec une main moyenne). J’ai par ailleurs une main bicolore camouflee, et je suis content de jouer en tete-a-tete avec le position, une main ayant un peu de valeur, et ayant represente une main forte. Malheureusement l’une des blinds paye.
*** FLOP *** [3s 9h Ts]
shortsharpshock checks
John Cernuto bets $65
H00K3RZ calls $65
shortsharpshock folds

Un lead bizarre de Cernuto. Avec une main forte, de nombreux joueurs preferent tenter un check-raise. Son range est plutot large ici, et comprend des mains genre brelan / 2 paires / wrap de quinte et/ou tirage couleur / paire + tirage(s) / bluffs aleatoires.

Sans indication, je ne compte pas passer. J’ai une paire, le 2nd nut flush-draw, un tirage couleur backdoor, et des tirages de quinte backdoor. J’ai donc une bonne base de showdown equity, et surtout, la position me permettra de voler un bon nombre de pots sur un check adverse. La présence du joueur dans les blinds rend mon call un poil plus difficile, mais contribue egalement a le “rendre plus fort” aux yeux de l’attaquant.
*** TURN *** [3s 9h Ts] [As]
John Cernuto bets $195
H00K3RZ has 15 seconds left to act
H00K3RZ raises to $780
John Cernuto folds
Uncalled bet of $585 returned to H00K3RZ
H00K3RZ mucks
H00K3RZ wins the pot ($582)
*** SUMMARY ***
Total pot $585 | Rake $3
Board: [3s 9h Ts As]
Seat 1: John Cernuto folded on the Turn
Seat 2: H00K3RZ collected ($582), mucked
Seat 3: Luke L Short didn’t bet (folded)
Seat 4: ScaredSayScared (button) didn’t bet (folded)
Seat 5: ERaddock (small blind) folded before the Flop
Seat 6: shortsharpshock (big blind) folded on the Flop

Le Turn est ma seule “Gin-card”, et malgré cela, Cernuto mise. Je décide de ne pas jouer en finesse et de relancer directement a tapis. Mon adversaire folde assez rapidement, malgré une cote de 2.65-pour-1. Cela semble indiquer qu’il n’avait pas forcement grand chose, mais en deuxieme analyse, il est correct de fodler une main du genre TTT dans ce spot (mon range etant probablemen limite a une flushe ou AAA, avec trop peu de bluffs dans le tas pour justifer un call).

Ces deux mains ne sont pas ultra-complexes, mais je pense que mes erreurs dans la premiere et mon “semi-float” dans la seconde sont instructifs.

A bientot - Jerome.

MJ RIP

Comme beaucoup de monde, j’ai ete fort surpris, et meme peine d’apprendre la mort de Michael Jackson. Un fil du forum PA debat de si il faut ou non pleurer un homme qui a ete accuse de faits aussi grave.

Faute de mieux, la justice americaine a declare MJ innocent dans toutes ces affaires. Dans la premiere, MJ a du payer 22mn de dollars de “settlement”. Dans la deuxieme, il a ete declare innocent, aide en cela par le diagnostic d’un psychiate qui declarait que MJ n’avait pas le profil d’un pedophile.

Qu’en penser? Si il est certain que je n’aurais pas envoyé un enfant regarder la TV chez lui, je m’interroge tout de meme sur ce qui me semble etre une haute frequence d’accusation d’agression sexuelles contre les stars (chanteurs et footballeurs notamment). Peut-etre qu’un psycholoque a une bonne explication a apporter?

Contrairement a certains posteurs de PA, je ne suis pas etonne de la reaction du grand public. De nombreux trentenaires / quanrantenaires ont grandi avec MJ et sa musique. Meme si personellement je considere que seul ses deux premiers albums + quelques titres de Jackson 5 sont vraiment legendaires, il n’en demeure pas moins que MJ restera l’un des plus grand “entertainers” de tout les temps. En tous les cas, la vie tumultueuse de MJ vaut 10 minutes de lecture: sa page wikipedia (anglais)

En parenthese poker, apres m’etre fait proprement atomiser en NL1000 6-max, je suis passe en NL1000 HU pour me changer les idees. J’ai regagne une bonne partie de ma perte. Au total, j en suis a -2k USD pour juin, auxquels je dois malheureusement ajouter les -5k euros de la “debacle Barcelonaise”.

Pour le plaisir, un bout de Billie Jean. ma preferee de MJ, avec un gros Moonwalk en prime: Lien

A bientot - J