Les mauvaises nouvelles s’enchainent et se ressemblent…. Après le calamiteux début d’année, nous arrivons sur le (simplement) mauvais milieu d’année. En attendant certainement la très moyenne fin d’année peut être !

Je vous ai donc fait une petite vidéo sur le tilt du joueur de poker: mon unique moment de détente après une soirée plus que difficile.

Histoire de pleurer un peu (il parait que ca fait venir le jeu) je vous propose un rapide extrait des coups qui ont chauffés ces derniers jours (tous les coups font entre 400$ et 1000$):

Brelan vs Overpaire + Flush draw - Allin au flop - perdu

Flush draw + gutshot + Overpaire VS Brelan - Allin au flop - perdu

Quinte vs Brelan - Allin à la turn - Perdu

AA67 VS QJ86 - 60% du stack preflop - perdu

ET le petit dernier: 2 paire + FD VS gutshot (c’est à dire 3 out!) à la turn: encore perdu…

Bien entendu je suppose que la plupart d’entre vous ont sauté ce passage mortellement ennuyeux du joueurs qui raconte ses bad beats… A noter que je me rappelle avoir touché un backdoor flush dans un petit pot ce qui constitue l’unique moment ou je me suis dit: “c’est bon ca revient!”. C’est effectivement revenue quelques coups plus tard dans le stack de mon adversaire ce qui n’était pas vraiment l’effet attendu.

La prise de conscience du tilt est arrivée lorsque je me suis demandé qui était le client à cette table (les bonnes vieilles formules ca fonctionne toujours…): je voyais des tags partout et moi errant sans plan de jeu avec un jeu résolument tight passif. En effet il me paraissait à ce moment plus logique de me lamenter sur les bads beats passés plutôt que de m’interroger mon jeu. Et c’est finalement avec une volonté énorme que je suis parvenu a ne pas cliquer sur “Post Blind” après avoir dit “No more Blinds” quelques main auparavant… Une fois les fenêtre fermées: je me suis senti soulagé comme à la vielle époque. C’est horrible à dire mais qu’est ce que j’aime la défaite. Plus elle est large plus elle est bonne ! J’ai toujours pensé que les clients venait chercher cette sensation difficilement avouable provoquer par un désir inconscient d’autodestruction. Enfin personnellement je kiffe… J’aime sentir la pression d’un avenir incertain: une vie qui recommencerait sans la ressource poker !

Plus jeune j’aimais déjà ca. A tel point que lors des goods run j’allais souvent jouer en forcant volontairement la chance pour provoquer cette défaite attendue (oui quant le good run durait depuis vraiment longtemps…). Et ce moment salvateur finissait par arriver me remplissant de tristesse apparente avant de me transporter dans un état réelmenet euphorique.

Aujourd’hui je cherche moins la défaite (normale les victoires sont plus rares!) mais son effet est toujours aussi plaisant (avec du recul bien sûr).

Mon score de cette semaine est donc de -1900$ environ en jouant principalement au PLO. C’est ce que j’avais réussi a reprendre depuis le bad run du début d’année. Je reste donc à -5,000 dollars pour cette année qui s’annonce difficile.

Autour de moi cette tendance volatile se confirme: je vois Jerome qui swingue et d’autres pro (mes ex-camarades de l’Aviation) qui subissent une variance énorme. Le niveau de jeu a augmenté: c’est un fait. Le poker est sur la descendante: c’est confirmé par la plupart des pros qui gagnent de moins en moins et qui subissent une variance de plus en plus dure. Y aura-t-il un autre jeu après le poker ? C’est peu probable car on aura beau changer la forme, les clients rincés au poker ne remettront pas le petit doigt dans l’engrenage “jeu d’adresse avec une part de hasard” avant plusieurs générations…

Mon conseil: allez dans le casino pret de chez vous, les parties resteront belles pendant au moins 18 mois. Si pas de Casino, jouez pour le divertissement (petites parties, tournois…). Si vous aspirez à devenir pro: commencez à chercher un autre avenir plus conventionnel… Attention la ce n’est pas le tilt, c’est la raison qui parle ;-)