Attract

Full ring feelings

Ancienne école vs Nouvelle école

Article (qui contient beaucoup de choses dont j’avais déjà parlé) publié soue le titre Passez à l’apprentissage moderne : POKER EVOLUTION dans le mensuel POKER VIP de mai 2009.

Avec l’essor des technologies logicielles type traqueurs, pokerstove et autres, le poker online est devenu un jeu très complexe qui impose un renouvellement constant des techniques de jeu. On constate une amélioration croissante du niveau général qui modifie les méthodes d’apprentissage elles-mêmes. Ces nouvelles méthodes d’apprentissage, que je regrouperai sous le nom d’apprentissage moderne, se distinguent de l’apprentissage classique car elles nécessitent la recherche de contre-stratégies pour battre nos adversaires dont on aura préalablement identifié le style et les habitudes de jeu, et parfois avec un degré de précision impressionnant, ce qu’on appelle le profiling. L’apprentissage classique, dont les représentants par excellence sont Sklansky et Harrington, consiste en un ensemble de lois et méthodes qui s’appuie sur ce que j’appellerai la structure du jeu (ou logique du jeu) avant de considérer le profiling comme objet d’étude. La structure du jeu possède essentiellement des propriétés statiques (force de sa main, position, taille du pot, taille des tapis, côtes, etc.) tandis que le profiling mobilise des propriétés dynamiques des joueurs eux-mêmes (betting patterns (habitudes de mises), fréquence de relance, agressivité, etc.), c’est-à-dire tout ce qui relève du style des joueurs. Mais de la même manière que la connaissance de l’art moderne suppose la connaissance de l’art classique, l’apprentissage moderne vient méthodologiquement après l’apprentissage classique, qu’il suppose; car l’adaptation, c’est-à-dire la recherche de contre-stratégies fondée sur le profiling de la table et des joueurs, ne peut se faire sans une fine compréhension de la logique du jeu.

L’apprentissage classique

Avant d’aborder les contre-stratégies qui s’appuient sur des propriété dynamiques des joueurs, je rappellerai quatre lois qui portent sur des propriétés statiques du jeu : le théorème fondamental du poker, le gap theorem, les lois de dualités et le principe de croissance.

1.Le théorème fondamental du poker

C’est le mécanisme qui nous fait gagner au poker. Ce mécanisme s’appelle le Théorème fondamental du poker énoncé par Sklansky (dans son livre Theory of poker) : « À chaque fois que tu joues différemment de la façon dont tu aurais joué si tu pouvais voir les cartes de ton adversaire, tu perds. À chaque fois que ton adversaire joue différemment de la façon dont il aurait joué s’il connaissait tes cartes, tu gagnes.» Donc pour gagner, il suffit que l’adversaire fasse des erreurs, c’est-à-dire qu’il joue à l’inverse de la façon dont il aurait joué s’il connaissait nos cartes, et qu’on en fasse moins que lui. Ce qu’on verra plus loin dans l’article, c’est comment s’adapter au joueurs. S’adapter, c’est comprendre comment augmenter la fréquence d’erreurs des adversaires.  Et la logique veut que plus on augmente de limites, plus les adversaires sont expérimentés, donc moins ils font d’erreurs.

2.Le gap theorem

Cette loi concerne le jeu preflop. On tire cette loi du fait que le NLHE est un jeu à information incomplète : on ne connait pas toutes les informations dont on a besoin pour jouer toujours de manière optimale, les informations inconnues sont les cartes des adversaires. Cette loi est la suivante : «  La main la plus faible avec laquelle on peut suivre une relance preflop d’un adversaire X qui open-raise doit être de force supérieure ou égale à une main du milieu de son range d’open-raise (éventail de mains d’open-raise) en sa position ». Par exemple si vous êtes à une table à dix joueurs et si votre adversaire raise UTG+2 avec un range [AJ+, 22+] (= 8% des mains) alors vous pouvez le suivre une main du range [99+,AQs+,AKo], soit 4% des mains. Cela a pour conséquence qu’on ne suit jamais (ou quasi-jamais) avec AJ un open-raiser (on doit coucher ou éventuellement relancer cette main), a fortiori s’il est situé en début de parole.

3.Les lois de dualités

Les lois de dualités sont nombreuses au NHLE. Pour illustrer cette notion j’énonce deux lois de dualités :
La première est : avec KK, AA il faut investir le maximum d’argent preflop et jouer un pot avec le minimum (non nul) de joueurs, tandis qu’avec une main de type 78s il faut investir le minimum d’argent preflop et jouer un pot avec le maximum de joueurs.
La seconde est : AA est la main qui possède le plus de côtes implicites inversées (reverse implied odds = les côtes implicites* que l’adversaire a sur nous) car la probabilité que nos mises futures soient des mises perdues (quand on s’engage dans un coup avec AA) augmente à mesure que l’on s’approche de la river, tandis que 78s est l’une des mains qui possède le plus de côtes implicites (implied odds) car la probabilité que nos mises futures soient des mises gagnantes (quand on s’engage dans un coup avec 78s) augmente à mesure que l’on s’approche de la river.
C’est en ce sens qu’on doit affirmer que les grosses paires (KK, AA voire QQ) ont un comportement dual des  connecteurs assortis (et par extension, des suited gappers). On peut observer des lois de dualités pour tous les couples de notions suivants : main faite/tirage, overpair-top paire/connecteur assorti, value/bluff, commité/contrôle du pot, serré/large, agressif/passif, mise-relance/check-call, protection/sous-jouer, main fragile/nuts. Je ne vais pas définir mathématiquement ce qu’est une loi de dualité, ce serait trop fastidieux et inadapté pour le propos. (cf. mon article http://blogs.poker-academie.com/attract/blog/2008/12/25/ma-nouvelle-vision-du-jeu/).

* Les côtes implicites sont la partie du tapis que l’on va pouvoir extraire de notre adversaire une fois que l’on aura touché notre main.

4.Le principe de croissance

Cette dernière règle est un principe plus qu’une loi. Le principe de croissance de Sklansky est le suivant : « Petite main = petit pot, grosse main = gros pot ». Evidemment, la valeur d’une main dépend de la texture du board. Par exemple, AdAc sur le board 6s7s8s est une petite main si le tapis effectif est profond, c’est-à-dire que si l’on part tapis au flop dans cette situation (dans un pot à plus de deux joueurs), alors le pot sera la plupart du temps perdu.

L’apprentissage moderne

Maintenant qu’on a compris quelques bases de l’apprentissage classique du NLHE, on peut aborder le rôle du profiling des joueurs dans la recherche de contre-stratégies adaptées. Cet apprentissage moderne du poker est d’autant plus nécessaire que le niveau ne cesse d’augmenter. Les logiciels d’analyse statistique tels que les trackeurs, les logiciels d’aide à la décision comme Pokerstove, SitNGo Wizard et autres, permettent un profiling plus fin, plus rapide et plus automatisé en ce qui concerne le poker online.
Comme je l’ai déjà dis, le profiling (étude du style des joueurs : betting patterns, fréquence de relance, agressivité, etc.) a un but : comprendre comment augmenter la fréquence d’erreurs des adversaires en mettant en place des contre-stratégies adaptées qui vont créer des situations difficiles (donc propices aux erreurs) pour les adversaires.

Un premier niveau d’adaptation est la recherche d’une contre-stratégie globale, en fonction du niveau général des joueurs de la limite à laquelle on joue. Plus la limite augmente, moins les contre-stratégies seront globales et plus elles seront locales, complexes et nombreuses.

Présentons d’abord la contre-stratégie globale la plus simple, celle qui est adaptée au style des joueurs de micro-limites (NL2 à NL50).

En micro-limites, les joueurs font énormément d’erreurs, donc la contre-stratégie d’adaptation consistera à jouer un poker 100% hit-and-win (toucher-et-gagner), qui exploitera au mieux l’erreur la plus fréquente qui est de ne pas reconnaître les situations dans lesquelles on est battu (les joueurs de micro-limites suivent trop souvent et se couchent trop rarement). Ici, non pas plusieurs contre-stratégies, chacune adapté à un type particulier de joueur, mais une façon générale de jouer, donc une contre-stratégie globale (d’autres diront un plan de jeu) :

  • Jouer très tight
    1. Décaver les joueurs avec minimum TPTK (top paire top kicker) car il y a aura toujours des meilleurs spots à venir pour les décaver vu leur fréquence très élevée d’erreurs.
    2. Éviter les situations difficiles, les situations limites, car il y a aura toujours des meilleurs spots (situations) à venir vu leur fréquence très élevée d’erreurs.
  • Ne presque jamais sous-jouer

Sauf peut être les nuts quasi-indestructible comme carré floppé, full floppé.

  • Ne presque jamais bluffer

Les joueurs inexpérimentés interprètent mal le sens des mises, donc offre le minimum de fold equity (chance qu’il fold).

  • Value-better au maximum/ Protéger au maximum ses mains (miser à hauteur de 2/3 du pot jusqu’au pot)

En respectant toujours le principe de croissance.

Dans les limites plus hautes (NL100 et plus), la fréquence d’erreurs des adversaires diminue, et donc pour gagner il ne suffit plus de simplement patienter et attendre leurs erreurs en jouant un poker 100% hit-and-win. On ne peut plus appliquer une contre-stratégie globale, mais on doit rechercher une série de contre-stratégies locales, c’est-à-dire adaptées à chaque type de joueur. On doit s’adapter aux joueurs réguliers autant qu’aux joueurs plus inexpérimentés de passage. Chaque contre-stratégie est fonction du style de chaque joueur :

  • En fonction de leur style serré ou large :
  1. Preflop :
    1. Face à des adversaire large et trop large : sur-relancer (3-bet) plus de mains et moins suivre avec ses mains à tirages, particulièrement les petites paires servies dont le plan est de toucher un brelan (l’adversaire étant large, il aura moins souvent une grosse main ou touché un monstre, donc il engagera son tapis moins souvent, donc nous lui prenons moins souvent son tapis quand nous touchons un brelan, c’est-à-dire que nous avons moins de côtes implicites).
    2. Face à des adversaires serrés et trop serrés : sur-relancer moins souvent et suivre plus souvent avec des mains à tirages, particulièrement ses petites paires dont le plan est de toucher un brelan; en raisonnant de manière duale du point précédent, on observe qu’on a plus de côtes implicites contre les joueurs serrés.
  2. Postflop :
    1. Face à des adversaires larges et trop larges : value-better (= miser pour la valeur de notre main) les belles mains, top paire et plus, voire deuxième paire contre des adversaires vraiment trop large.
    2. Face aux adversaires serrés :  préférer voler les petits pots, value-better top paire top kicker et plus, ne pas construire un gros pot sans un monstre.
  • En fonction de leur agressivité :
    1. Contre les joueurs passifs (qui check ou suivent trop souvent) : value-better et miser et/ou relancer ses belles mains.
    2. Contre les joueurs aggressifs (qui misent ou relancent souvent) : hors position, check-raiser ou check-caller ses belles mains. En position, flat-caller flop et turn et relancer river ou « caller au flop puis relancer à la turn » ses belles mains (tout ça suivant la texture du board évidemment, ce sont des orientations (lines)).
  • En fonction de sa fréquence de fold sur notre continuation-bet :
    1. S’il se couche moins d’une fois sur deux sur notre c-bet : alors on ne c-bet que les flops Jxx, Qxx, Kxx, Axx et on c-bet pour la valeur de notre main quand on a une main; on check si on a une petite main qui n’est pas assez forte pour value-better mais qui a de la showdown value (chance de gagner au showdown).
    2. S’il se couche plus d’une fois sur deux sur notre c-bet : alors on c-bet les flops Jxx, Qxx, Kxx, Axx, AQx, AKx, KQx et tout flop si on est en position et s’il check avant nous; sauf les flop ultra connectés comme T9s8s.
  • En fonction de sa fréquence de c-bet :
    1. S’il c-bet moins d’une fois sur deux : alors il a tendance à ne c-bet que lorsqu’il touche, donc on ne cherchera pas à floatter, et on relancera pour la valeur nos belles mains.
    2. S’il c-bet plus d’une fois sur deux : il c-bet quand il touche et quand il ne touche pas donc il faut floatter plus souvent et relancer en postion ou check-raiser hors-position plus souvent.

On pourrait aborder d’autres paramètres de profiling comme la fréquence de relance preflop au cutoff et bouton (Steal) ou encore la fréquence de relance au flop, ou encore leur fréquence de double barrells, etc. mais ce serait rentrer trop dans les détails (cf. mon article http://blogs.poker-academie.com/attract/blog/2008/12/14/full-ring-profiling-et-adaptation/). Un dernier point. S’adapter, c’est aussi mesurer son propre niveau relativement au niveau de nos adversaires, et trouver la limite adéquate à laquelle jouer sereinement. Si par exemple, on se considère d’un niveau plus élevé que celui de la limite à laquelle on joue (qui n’est pas une micro-limite), alors on ne doit pas avoir peur de se mettre dans des situations délicates, car le bon joueur est toujours avantagé dans les situations les plus difficiles (comme par exemple, extraire le maximum de valeur en plaçant des thin-value-bet (value-bet fins) au risque de se faire check-raiser).

Progresser au poker, c’est avant tout comprendre comment progresser et donc modifier ses méthodes d’apprentissage. Les livres sont excellents pour apprendre à la manière classique, mais les méthodes modernes orientées profiling et adaptation sont les méthodes nouvelles qui vous permettront d’avoir un avantage technique sur les autres. Pour cela, les forums, les écoles de poker, la pratique online et les logiciels statistiques et d’analyse du jeu participeront à constituer votre maîtrise du poker moderne.

Attract

Mon absence

Depuis près d’un mois et demi, je suis absent de poker-académie : ni vidéo, ni nouvelle sur mon blog. Et je ne sais si je serai moins absent dans le futur. Cette nouvelle année a décidé pour moi de nouvelles directions, liées à mes activités et intérêts du passé (d’avant mes débuts au poker). Depuis le début du mois de février, j’applique de manière naturelle ce que j’annonçais dans l’article Souvenirs… et orientations pour 2009 (d’ailleurs, je remercie au passage toutes les personnes m’ayant laissé un commentaire à cet article : Ratounet07, Tiresias, Blizzzzz, Leratlouche, Matthrami, Jean-Pierre, Nanobet, _P_, Fold AA, Xavaus et JDC - à qui je n’ai pu répondre, faute de temps, bien que j’apprécie la qualité de vos commentaires). Seules quelques sessions de deux ou trois heures, échelonnées et espacées les unes des autres, maintiennent mon niveau et m’assurent une quasi stagnation de mon bankroll (suite aux cash-out). Ayant retrouvé, entres autres goûts (ballades, etc.), le goût pour mes disciplines du passé (dessin, peinture, philosophie et logique), je découvre en ce moment les joies de la littérature, de la langue et de l’Esthétique (théorie de l’art). Cet épanouissement culturel, si je puis l’appeler ainsi, m’est salvateur. Et j’envisage de poursuivre cette diversité d’activités, au sein de laquelle le poker restera mon gagne-pain (néanmoins, maintenant, je gagnerai moins vu le peu d’heures que je consacre au poker). Une meilleure forme, un moral plus joyeux et constant, et de nouvelles aspirations se sont substitués à mon ancien et “totalitaire” esprit de compétition de grinder. Le poker reste aussi profond et captivant qu’avant, mais il ne devient, à mes yeux, qu’une petite partie d’un tout qui l’englobe et le dépasse.

Je vous souhaite, à toute la communauté, mes collègues et amis professeurs, la plus grande chance dans l’accomplissement de vos souhaits.

à bientôt,

Aurélien alias “Attract” ;)

Réforme de mon jeu

Janvier 2009 est un mois de réflexion pour moi. Avant hier, j’ai pris conscience dans la nuit de la violence de la variance en NL400. Je jouais sur une table full ring cassée, donc à 6 joueurs, avec je dirai l’un des plus gros fish d’Ongame (il est 60/20/1 de souvenir) dont je tairai le nom, qui s’amuse sur la 400 de temps en temps. Il était monté à 1850$ et moi à 850$ (225 bb). Puis ce spot où je touche set max au flop contre lui dans un pot relancé (c’est lui le raiseur), il touche finalement straight backdoor : TT vs JJ sur 7T289. Une dixaine de minutes plus tard, contre ce même joueur, je call en postion avec JKs une de ses relances; flop JKJ. On s’énerve à la turn, il montre KK. Sur une autre table juste avant, je call un shove d’un joueur très aggro sur A4h5h avec AK le mettant sur un draw (flushdraw ou str8draw ou big draw str8flush, flushdraw+pair…), il montre 45s. C’est un fait, je ne jouerai plus en NL400 avant quelques mois, car perde près d’un dixième de mon BR en moins d’une heure m’énerve un peu. Mais la raison plus profonde, au delà de la trop grosse variance pour mon BR est le fait que je ne bas pas la limite. Les regulars de NL400 FR sont plus fort que moi, c’est un fait. Je citerai deux nom : How2UseChips et Downswing4u, deux “maîtres” de NL400-NL1K, qui m’inspirent dans leur style de jeu de loin plus fin que le mien pour battre ces limites. Comme je l’indiquai dans mon post Le Nano-Book de Nanobet dans lequel je mettai en évidence les différences d’approche entre les low stakes et high stakes, l’approche “hit-and-win” ne fonctionne PLUS DU TOUT en NL200+ (FR). Depuis la mi-août 2008, je bas la NL100 facilement. Un mois et demi après, en octobre 2009, ce fameux “octobre noir” pour moi, je décidai de monter en NL200. Mauvais tempo, un bad run effroyable est apparu que j’ai analysé dans mon ancien post ici. Depuis novembre 2009, je n’ai pas quitté la NL200, et je joue un mix de tables entre la NL100 et la NL200 et depuis début décembre, un mix entre la NL100 et la NL400 avec sélection de table. Mais on ne peut pas dire que je bas la NL200+. Peut-être que mon bad run d’octobre fausse mon winrate, mais il s’approche de 0 en 200 et 400, et j’ai détecté les raisons de cela. Je dois être moins tight et plus aggressif en des points précis.

Çà se reflète dans mes courbes NL100, NL200 et NL400 (qui ne contiennent approximativement 60% à 70% de mes mains jouées à ces limites car mon actuelle database est partielle dû à un changement de PC et à l’auto-import que PT3 qui n’importe pas la totalité des mains… (bugs pénibles)) :

En quoi consiste la réforme de mon jeu que je dois mettre en place pour battre la NL200-NL400 ?

Après une longue analyse à l’aide de PT3 où j’ai analysé le jeu de maîtres de la NL400-NL1K, j’ai abouti aux conclusions suivantes :

PREFLOP

  1. Je dois raiser 1.5 fois plus et en particulier doubler mon range de steal
  2. 3Bet sensiblement plus

FLOP

  1. Aller au showdown 5% de plus => Floating 10% de plus
  2. ContinuationBet sensiblement plus
  3. Raiser 2 fois plus au flop et en particulier CheckRaiser 2 fois plus

TURN

  1. Caller CBet turn sensiblement plus et en particulier call 2 barrells sensiblement plus

Pour les puristes des statistiques, je dois donc transformer mon jeu 12.5/6/2.75/2.8/8.5/8.5/2.8/70 (VPIP/PFR/AF/3Bet/Steal/Raise F/CRaise F/Fold F CB) en un jeu 14/10/4/4/15/15/8/60.

Cette transformation va être progressive et espérons, pas trop semée d’embuches !

L’important n’est pas de forcer la transformation des statistiques de manière arbitraire, mais bien sûr de comprendre leurs nécessités. Ce travail m’a permis de les comprendre. Reste à les appliquer.

En comprenant la manière de jouer des adversaires d’un certain niveau, on comprend quelles contre-stratégies adopter pour les battre ou du moins, les mettre dans la difficulté, donc provoquer des erreurs chez eux. La NL100 est ultra orientée pensée de “niveau 1 = qu’est ce que j’ai ?” et de “niveau 2 = qu’est ce qu’il a ? = hand reading”; la NL200+ est ultra orientée “niveau 3 = qu’est ce qu’il pense que j’ai ? = représentation/contre-stratégies”. Évidemment, chaque niveau suppose la maîtrise du niveau précédent. Ce sont les niveaux étudiés en théorie des jeux et en logique épistémique (logique formelle des relations entre des savoirs et des croyances).

GL ;)

Attract

Souvenirs… et orientations pour 2009

Il est temps pour moi de savoir ce que je veux. Ces derniers jours, j’ai éprouvé un sentiment de lassitude, ce même sentiment qui a rythmé mes dix dernières années. Je commence à croire que cela est intimement lié à ma nature. Après des périodes de puissante passion qui m’ont amené à travailler intensément les disciplines dans lesquelles je m’étais impliqué, j’ai connu, après chacune de ses périodes, des moments de désintérêt qui m’ont permis de m’ouvrir à un nouveau domaine. Aujourd’hui je commence à sentir ce vers quoi je suis le plus porté. Avant d’orienter mon avenir et d’esquisser des projets pour l’année 2009, j’ai besoin de revenir sur mon passé pour justifier mes choix.

Depuis mon plus jeune âge, j’ai pratiqué le dessin et la peinture. Et parfois, de manière presque excessive. C’est peut-être mon père qui m’a transmis le goût pour cet art, car il le pratiquait aussi depuis son plus jeune âge, non comme difficile profession, enfin parfois lorsqu’il fut au chômage. Je me souviens, lorsque j’avais douze ans, avoir passé des heures, du matin au soir, des jours durant, à travailler des copies de Chardin, de Van Gogh, juste pour le plaisir de peindre. Je repense aussi aux trois étés passé avec mon père sur les plages de Normandie, à peindre les plages, parfois trois toiles par jours, de midi à dix neuf heures, et le soir allions nous reposer au port mangeant notre sandwich payé avec l’argent que l’on avaient gagné la journée.

Au collège, mes goûts se portaient vers les mathématiques. Je passais un plaisir indescriptible à travailler les exercices de mathématiques, et surtout les démonstrations de géométrie. Mais comme mon attrait pour le dessin était plus marqué, je décidai de postuler à l’école Estienne, école d’arts appliqués dans laquelle les matières générales étaient diminuées au profit des matières touchant aux arts appliqués.

Avec mon baccalauréat Arts Appliqués, j’ai intégré un bts d’architecture d’intérieure à l’école Boulle. Lassé de la discipline très limitée et du mépris que les autorités de cette école avaient pour le dessin, je décidai de mettre fin à mon bts avant la fin de la première année. Les moments où je ne suivaient pas les cours, j’allais à la bibliothèque de l’école pour m’y divertir. Je passais mes journées à lire un livre dans lequel j’apprenais des termes nouveaux, dont la technicité qui me dépassait, l’Esthétique de Hegel. J’étais fasciné par son écriture et je devinais que ce livre contenait bien plus que ce que je pouvais en comprendre. Je décidai donc de commencer un deug de philosophie. Ce fut les deux meilleures années de ma “jeune” vie. Je me suis alors très vite passionné pour ce que j’appelais, avec des amis de l’école Estienne qui s’étaient inscris avec moi en philosophie, “la Pensée”. Mon goût pour les mathématiques est très vite réapparu car je suivais un cours de logique formelle qui m’a d’abord troublé, intrigué, puis très vite passionné.

Après mon deug de philosophie, j’entamai trois années d’étude intensive de logique mathématique : licence, maîtrise, master2. Je dois dire que pendant ces trois années, je n’avais plus trop pied dans le “monde réel”… J’étais complètement happé par ce domaine qui me fascinait. Je ne pensais qu’à la théorie des ensembles, je lisais les écris des logiciens de l’époque en parallèle des manuels contemporains, je passais mes journées à la bibliothèque, piano classique dans les oreilles, à lire Gödel, Tarski… passait un été entier à lire la bible de la logique moderne, les Principia Mathematica de Russell et Whitehead. J’étais, sans en être conscient, un “monstre universitaire”. Les bibliothèques de la Sorbonne et celle de Jussieu devenaient pour moi des lieux saints.

“Cette passion que j’avais pour la logique mathématique s’est progressivement éteinte pendant ma première année de thèse au CEA. La théorie devenait pratique, application et spécialisation. Je n’étudiais plus les théories mais les mettais en pratique. Je me suis essoufflé et finalement j’ai mis fin à ma thèse en janvier 2008 après un an de thèse…” comme je l’ai raconté dans mon ancien post Mon parcours… Ma vie… .

Ça fait maintenant dix mois que je suis dans l’aventure poker, jouant presque tous les jours, montant les limites de la NL10 à la NL400, limite que je shoot aujourd’hui. Il faut me rendre à l’évidence. Ces dix derniers mois, et même ces 2 dernières années, 2007 et 2008, l’année de ma thèse et ma première année “poker pro”, j’ai mis entre parenthèse le dessin, la peinture, la philosophie, la logique. Seul l’écoute quotidienne de piano classique m’a poursuivi. Un sentiment de nostalgie se renforce de jours en jours. Ces derniers jours, j’ai eu besoin de diminuer le nombre d’heures de mes sessions, de reprendre la lecture d’auteurs que j’admire, de regarder des dizaines de débats politiques… en un mot de renouer quelque peu avec “la Pensée”, car il y a certes une pensée du poker, mais elle est limitée à un aspect calculatoire qui l’éloigne des problèmes fondamentaux qui doivent nous interpeller. Ce fut un bol d’oxygène. Je ne considère plus ma progression au poker comme un challenge quotidien couplé à une course au bankroll, car ces derniers mois, cette vision “compétitrice” a diminué ma joie de vivre, mon esprit, mon état physique. Les sessions de 7-8 heures que je m’autorisais créent une accoutumance, une dépendance viscérale au tables, un attachement surdimensionné au bankroll, une diminution de la “puissance de vie”.

D’un autre côté, la liberté que procure le poker n’a pas de prix. Mais il faut bien s’entendre sur ce que veut dire “liberté”. L’obnubilation et le temps passé à jouer, ou plutôt, à travailler, transforme la liberté en dépendance.

Une prise de conscience et une lassitude marquée me conduisent à prendre des résolutions claires pour 2009 :

  1. jouer maximum 4h/jour. (28h max/sem) => les deux-tiers de mon temps sont libre
  2. ne plus inverser le rythme des journées : jouer le jour, dormir la nuit.
  3. me réconcilier avec ma “nature” : lire, dessiner, visiter des musées, se ballader, retrouver le goût des grandes œuvres (arts, poésie), se divertir (sports, cinéma, sorties).
  4. accepter la “petite pauvreté” dans les périodes de “downs”, celle que j’ai connu quand j’allais peindre avec mon père durant l’été en vivotant “au jour le jour”. La pauvreté est parfois riche et belle…

En un mot, Attract redevient Aurélien et quitte le challenge “devenir un grand du poker”… Ma vie ne doit pas m’échapper. Et je me rends à l’évidence :

“En vérité, celui qui possède peu est d’autant moins possédé : louée soit la petite pauvreté.” dixit F.Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra.

Défaut principal des hommes d’action. C’est le malheur des gens d’action que leur activité est toujours un peu irraisonnée. On ne peut, par exemple, demander au banquier qui amasse de l’argent le but de son incessante activité ; elle est irraisonnée. Les gens d’action roulent comme la pierre, suivant la loi brute de la mécanique. - Tous les hommes se divisent, en tout temps et de nos jours, en esclaves et libres ; car celui qui n’a pas les deux tiers de sa journée pour lui-même est esclave, qu’il soit d’ailleurs ce qu’il veut : homme d’Etat, marchand, fonctionnaire, savant.” dixit F.Nietzsche, Humain, trop humain.

Dans un monde nouveau où domine l’immédiat, prenons le temps de penser ce qui dure dans les choses.

Aurélien alias Attract

Les swings de la mi-janvier

Je pense avoir trouvé un bon rythme. Je joues 2000 mains/jour en moyenne à des limites variables : un mixe de 10 tables de la NL100 à la NL400, suivant la profitabilité des tables. Après un beau mois de décembre, j’ai swingé pendant ces 15 premiers jours de janvier. Je n’ai pas toujours joué mon A-game, car certaines mauvaises séries du hasard m’irrtent encore un peu et diminuent la qualité de mon jeu. Je dois faire un travail pour devenir insensible au rythme très irrégulier de ces séries.

Attract

Le Nano-Book de Nanobet

Je tenais à féliciter Nanobet pour son excellent Nano-Book consacré à la stratégie en cash game no limit full ring micro-limites. L’e-book s’adresse en particulier aux débutants désireux d’acquérir les bases d’un poker solide en commençant en micro-stakes, dans le but de gravir progressivement les limites une à une.

Sur la demande de Nanobet, j’ai rédigé un petit article sur la stratégie globale en micro-stakes et sur les différences d’attitude qu’on doit adopter en micro-stakes et en medium/high-stakes. Voici mon humble contribution :

Le poker est un jeu d’adaptation.
Mais avant de comprendre comment s’adapter, il faut comprendre le mécanisme qui va nous faire gagner au poker. Ce mécanisme s’appelle le Théorème fondamental du poker énoncé par Sklansky (dans son livre Theory of poker) :

« À chaque fois que tu joues différemment de la façon dont tu aurais joué si tu pouvais voir les cartes de ton adversaire, tu perds. À chaque fois que ton adversaire joue différemment de la façon dont il aurait joué s’il connaissait tes cartes, tu gagnes.»

Donc pour gagner, il suffit que ton adversaire fasse des erreurs, c’est-à-dire qu’il joue à l’inverse de la façon dont il aurait joué s’il connaissait tes cartes, et que tu en fasses moins que lui.

S’adapter au poker, c’est comprendre comment augmenter la fréquence d’erreurs des adversaires.  Et la logique veut que plus on augmente de limites, plus les adversaires sont expérimentés, donc font moins d’erreurs.

En micro-limites, la fréquence d’erreurs des adversaires est la plus élevée, donc la stratégie d’adaptation consiste à jouer un poker 100% hit-and-win qui consiste à :

  1. Jouer très tight
    1. Destaquer les joueurs avec minimum TPTK car il y a aura toujours des meilleurs spots à venir pour les destaquer, vu leur fréquence très élevée d’erreurs.
    2. Eviter les situations difficiles, les situations limites, car il y a aura toujours des meilleurs spots à venir vu leur fréquence très élevée d’erreurs.
  2. 0 % de slowplay
    1. Sauf peut être nuts quasi-indestructible comme carré au flop, full au flop.
  3. 0% de bluff
    1. Les joueurs inexpérimentés interprètent mal le sens des mises, donc offre le minimum de fold equity (chance qu’il fold).
  4. Value Better au maximum/ Protéger au maximum ses mains (miser à hauteur de 2/3 du pot)
    1. En respectant toujours le principe de croissance de Sklansky : « Petite main = petit pot, grosse main = gros pot »  (Ex : AdAc sur 6s7s8s => petite main => petit pot).

En plus hautes limites, la fréquence d’erreurs des adversaires diminue, et donc pour gagner il ne suffit plus de simplement patienter et attendre leurs erreurs en jouant un poker 100% hit-and-win. Il faut :

  1. Jouer un poker hit-and-win contres les « fishs ».
  2. Provoquer des erreurs chez les adversaires regulars (calcul du range et mettre en place des contre-stratégies). Par exemple :
    1. Ouverture de son range de 3Bet contre lui (s’il est trop loose agressif preflop)Double barrells contre lui (s’il float souvent).
    2. Slowplayer contre lui (s’il est trop agressif, ou s’il a une lecture parfaite de notre main (slowplay pour dissimuler)).
    3. Lui mettre la pression en jouant au maximum en position contre lui.
    4. Extraire le maximum de value en plaçant des thin-value-bet (value bet fins) au risque de se faire check-raise.
    5. Ne pas avoir peur de se mettre dans des situations délicates, car le bon joueur est toujours avantagé dans les situations les plus difficiles.

GL ;)

Attract

Petit guide pratique pour l’utilisation de la table de Sklansky-Chubokov

Suite à la demande d’un lecteur de mon précédent post Les structures profondes du No Limit Hold’em, je donne ici l’explication de la table de Sklansky Chubokov qui est bien utile à tous les joueurs de tournois et de SnG.

Je donne un exemple de lecture de la table de Sklansky-Chubokov :
je considère la ligne de A9s.

  • N_call, c’est le nombre de mains qui sont à 50% ou plus contre A9s, donc les mains qui doivent caller ton all in preflop profitablement, soit AT+, 22+. Il y a 123 combinaisons de telles mains.
  • N_fold, c’est le nombre de mains qui sont inférieur à 50% contre A9s, donc les mains qui doivent folder ton all in perflop, soit A9, A8, A7… KQ, KJ… Il y a 1102 combinaisons de telles mains.
  • P|call, c’est la probabilité que tu gagnes contre le range de mains qui te battent. Donc tu as 36.7405 % contre le range de mains de N_call.
  • Enfin, le chiffre le plus utile c’est le Max Stack for EV > 0. C’est le nombre MAXIMUM de petites blinds que tu peux avoir pour pousser all in PROFITABLEMENT contre 1 joueur SANS ETRE EXPLOITABLE = tu peux montrer tes cartes en poussant all in, le joueur ne te callera qu’avec les mains qui te battent et TU RESTES EV+ : car étant donné que ton stack est inférieur à ce maximum, ton adversaire n’aura pas assez souvent de mains qui te battent pour récupérer (en callant ton all in) toutes les blinds que tu lui a volé lorsqu’il aura foldé.

Maintenant un petit guide pour utiliser cette table en SnG ou tournoi :

Ex : Tu es au Hijack (Bouton -2) avec QTo. Et tu te poses la question “Est-ce EV+ de faire all in ici ?” Sklansky-Chubokov te réponds : regarde le Max Stack for EV > 0 de QTo. C’est 29.716401 petites blinds. Donc c’est 14.8582005 grosses blinds. Maintenant, la table est calculée pour le Head’s up. Donc tu comptes le nombre de joueur qu’il y a derrière toi qui n’ont pas encore parlé. Comme tu es au Hijack, il y en a 4. Donc tu divises 14.8582005 par 4 et tu obtiens 3.7114550125 grosses blinds. Si ton stack est INFéRIEUR à ce nombre, ton all in est profitable (même si les joueurs derrière toi ne te callent que quand ils te battent), et si ton stack est supérieur à ce nombre ton all in devient EV- SI TOUS LES JOUEURS DERRIRER TOI NE TE CALLENT QUE QUAND ILS TE BATTENT, CEPENDANT IL PEUT ETRE EV+ S’ILS FONT DES ERREURS. Maintenant si ton stack est < 3.71 grosses blinds, tu peux push QTo au cutoff avec le sourire :).

GL ;)

Attract

Les structures profondes du No Limit Hold’em 1

Ma session d’aujourd’hui n’était pas bonne. Un setup dans lequel j’ai 88 sur T8cJc contre Q9 off, blind contre blind, -400$ (NL400). Un bad beat dans lequel j’ai AA contre AhKh, 4Bet allin de mon adversaire à 150$ preflop, vient KxxxK. Des petits pots gagnés pour équilibrer mes dépenses preflop pour une session à -650$. Mes mauvaises sessions m’ennuient et donc je mets rapidement à terme à celles-ci, l’éthique à la Barry Greenstein. Je prends donc un peu de temps pour mettre en forme des idées qui m’ont occupées la nuit dernière. Hier soir je regardais avant de me coucher une masterclass de Sharp sur la stratégie en SnG. Et il signalait la table de Sklansky-Chubokov (les nombres de S-C sont en petite blinds dans cette table) pour déterminer l’équité d’un push lors des niveaux push-fold en fin de SnG. Et me reviennent les souvenirs de ma lecture du Sklansky-Miller No limit hold’em, theory and practice, dans lequel ils exposaient dans un de leurs derniers chapitres la table Sklansky-Chubokov, table qui m’avait interpellé quand je l’avais lu il y a un an de cela. Cette table est indispensable aux experts des SnG puisque elle donne le stack maximum (en nombre de blinds) qu’on doit avoir pour qu’il soit rentable de pousser all in contre x joueurs cartes visibles. C’est-à-dire qu’on suppose que les adversaires jouent parfaitement en callant avec des meilleurs mains et foldant les moins bonnes, et on évalue le nombre maximal de blinds pour que le all in soit rentable. C’est fondé sur le fait que étant donné notre main, il n’y a qu’un nombre fini de main (parmi toutes les mains possibles) qui battent notre main, et puisqu’on connait ce nombre, il devient possible de trouver le nombre maximum de blinds tel qu’au dessus de ce maximum, l’adversaire “à le temps” (en jouant parfaitement) d’attendre une main qui nous batte. Par exemple, si on a JJ et qu’on est contre un seul joueur, que le tapis effectif est inférieur à 159,606 grosses blinds, on peut faire all in profitablement en montrant notre main à l’adversaire, car il n’a pas assez souvent QQ, KK ou AA; autrement dit, si on a JJ tout le temps et que le stack x à chaque coup est inférieur à 159,606 blinds, c’est-à-dire qu’on met de coté les blinds du stack de l’adversaire gagnées lorsqu’il fold et on rééquilibre les stacks à x à chaque fois, alors on dégage un profit sur le long terme si l’adversaire joue parfaitement. Le profit est d’autant plus assuré s’il ne connait pas nos cartes, c’est-à-dire en situation réelle, car l’adversaire peut nous caller avec un moins bon jeu ou folder un meilleur jeu.

Un joueur de SnG retiendra de tout ça que s’il est utg avec JJ en full ring et qu’il a un stack inférieur à 17,734 blinds (= 159,606 / 9), il est profitable de partir all in (même en montarnt ses cartes !). Et un stack inférieur ou égal à 7.17 blinds pour faire all in utg avec ATs par exemple.

Etant spécialiste de cash game et non de SnG, je me disais qu’il devait y avoir une application possible de cette table au cash game. Excepter le fait que Sklansky-Chubokov nous dit comment se committe profitablement contre les shortstacks en cash game, je voulais trouver une application possible de Sklansky-Chubokov au deep stack cash game. Et je me suis aperçu que certaines données qui sont nécessaires aux calculs du nombre de S-C peuvent apporter une justification mathématique au range de raise à adopter preflop pour viser une équité optimale. Mais en réfléchissant un peu, on s’aperçoit que ces calculs de ranges de raise optimaux s’appliquent parfaitement au limit hold’em dans la mesure où ils ne sont possible que dans une situation restreinte au preflop constitué de bet/raise/fold (où il n’y a pas de jeu postflop qui justifierai un call d’un reraise preflop avec une moins bonne main car les cotes implicites le permetteraient par exemple). Pour effectuer les calculs, on veut analyser une situation preflop où c’est la meilleure main qui gagne le pot. Autrement dit, imaginons une situation où tout les joueurs voient les cartes de tout ceux qui ont parlé avant eux et qui n’ont pas fold; où tout les joueurs jouent parfaitement dans cette situation, où un 3Bet emporte le pot, mais un joueur n’a le droit de 3Bet que si il a la meilleur main. Pas de bluff. Par exemple, si j’ai AJ utg et que je raise à 3.5 bb et que le cutoff à AK, il voit que j’ai raisé avec AT, il doit me 3Bet de manière automatique puisqu’il a une main qui me bat, et je jette aussi de manière automatique puisque c’est la règle. Alors, dans cette situation idéale dans laquelle ni les cotes implicites, ni la position, ni le bluff n’existent, et seules les cartes et le nombre de joueurs derrière vous importent, on peut déterminer des ranges de raise preflop suivant chaque position qui conduisent à un équilibre dans le sens où tous les joueurs seront ni gagnants ni perdants sur le long terme.

Avant de vous expliquer comment on calcule cela avec les données de S-C, je veux vous expliquer ce que je vois. Ce que je vois, c’est que cette méthode « mathématico-généalogique » me permet :

  1. de trouver des ranges de raise preflop qui s’approchent des ranges de raise preflop « optimaux » en limit, s’ils existent

  2. de dériver des ranges de raises preflop « optimaux » (optimaux par défaut) en No Limit à partir d’une modification hyperbolique des ranges de limit : réduction hors-position et augmentation en position

La dérivation des ranges de No Limit à partir de ceux du Limit s’obtiennent par modification hyperbolique (réduction hors position/augmentation en position) car le No Limit est un jeu où la marge d’erreur est proportionnelle à la taille des tapis et donc, les cotes implicites et la position (et de manière duale les reverses cotes implicites et le « hors-position ») sont les concepts fondamentaux de cette variante. En Limit, comme la showdown equity prend le dessus sur les cotes implicites, on a moins de reverses cotes implicites aussi et donc la position, bien qu’importante, est moins cruciale qu’en No Limit. Car la position augmente de manière « structurelle » l’equité car elle permet (je reprend l’énumération excellente de Stochastic dans son Replayer Part One) :

  1. d’avoir des opportunités de gagner le coup sans showdown

  2. d’avoir des opportunités de bluffs ou semi-bluffs

  3. d’avoir des opportunités d’avoir une carte gratuite

  4. de valoriser les mains fortes post-flop

  5. de value-bet ses mains marginales avec plus d’informations (thin value bet)

  6. d’être plus difficile à bluffer

  7. l’effet de levier

  8. de sortir du coup à moindre coup en utilisant toutes les informations (moins de reverses implied odds)

Je suis un peu fatigué ce soir… Je ferai les calculs et la dérivation des ranges de raise preflop en No Limit dans un prochain post.

GL ;)

Attract

Ma nouvelle vision du jeu

Ce soir je ne veux pas jouer. J’ai besoin d’écrire. Car parfois jouer m’ennuie. Est plus stimulant de réfléchir sur le poker, et de mettre en forme les idées diverses qui constituent ma vision du jeu. Exercer mon regard à discerner les subtilités du jeu, voir ce qui n’est pas visible directement mais qui le devient avec l’expérience, mettre en relation les choses nouvelles avec celles que je connais, réécrire la nouveauté dans un langage que je maîtrise, trouver les lois les plus générales à partir desquelles toutes les autres découlent, en un mot « appréhender le jeu comme une géométrie », voilà ce qui me passionne dans tout ce que je fais. Je veux apprendre à voir ce qui n’est pas visible à l’oeil nu. Et c’est à ce prix que le geste rationnel devient intuition libre et juste. De même l’apprentissage du dessin, des mathématiques ou de la danse. Lorsque la grâce remplace l’effort, l’artisan devient artiste, l’élève devient maître. Et ces derniers jours, de nouvelles lois, de nouveaux invariants, de nouvelles structures ont affiné ma vision du jeu. J’arrive à voir le No limit Hold’em comme un ensemble de lois de dualités. La notion de dualité m’a toujours fasciné par sa naturalité, sa simplicité et sa puissance. C’est une notion géométrique qui se décline aussi bien dans l’algèbre, la topologie ou la logique. La théorie des catégories en donne une définition des plus élégante et des plus générale. L’exemple le plus simple de dualité est la notion de complémentaire en théorie des ensembles : l’ensemble dual d’un ensemble E est le complémentaire de E, noté C(E), puisqu’on peut observer une séries de lois de dualités entre E et C(E). Par exemple, C(C(E)) = E, ce qu’on appelle l’involutivité de la relation de dualité, aussi le complémentaire (le dual) de la réunion de deux ensembles E et E’ est le même ensemble que l’intersection des complémentaires (les duaux) de E et E’, et bien évidemment l’opération d’intersection est la duale de l’opération de réunion, soit (loi de dualité de De Morgan) :

C(U(E,E’)) = [C(U)](C(E),C(E’))

En langage mathématique, une loi de dualité est donc un homomorphisme entre une catégorie d’objets et la catégorie des duaux de ces objets :

Dual(F(o,o’))=[Dual(F)](Dual(o),Dual(o’))

En langage informel, on peut traduire cela en disant que le dual du composé de deux objets est égal au résultat de la composition-duale des duaux des objets.

Le No limit Hold’em comme un ensemble de lois de dualités ? Ecoutez : avec l’expérience, on sait qu’avec AA il faut investir le maximum d’argent preflop et jouer un pot avec le minimum (non nul) de joueurs, tandis qu’avec 78s il faut investir le minimum d’argent preflop et jouer un pot avec le maximum de joueurs. On vient d ’énoncer une loi de dualité (« investir le maximum » est l’opération duale de celle « d’investir le minimum ») entre deux objets AA et 78s, dont on sent bien qu’ils sont duaux sous un certain rapport. De plus, AA est la main qui possède le plus de côtes implicites inversées (reverse implied odds = les côtes implicites que l’adversaire a sur nous) car la probabilité que nos mises futures soient des mises perdues (quand on s’engage dans un coup avec AA) augmente à mesure que l’on s’approche de la river, tandis que 78s est l’une des mains qui possède le plus de côtes implicites (implied odds) car la probabilité que nos mises futures soient des mises gagnantes (quand on s’engage dans un coup avec 78s) augmente à mesure que l’on s’approche de la river. On vient d’énoncer une autre loi de dualité entre les deux objets duaux AA et 78s. En outre, on constate que la profondeur des tapis « réalise » les lois de dualité, en ce sens qu’elle permet cette symétrisation du jeu des duaux : [maximum de $ preflop-minimum de $ postflop] vs [minimum de $ preflop-maximum de $ postflop], etc. Le shortstacking brise la symétrie en réduisant la portée du jeu sur un segment de l’ensemble des streets : preflop/flop remplace preflop/flop/turn/river.

Tous les concepts pokériens sont aujourd’hui pour moi des éléments de dualités et génèrent une série de lois de dualités qui constituent le jeu « structurellement » gagnant. Les lois de dualités s’observent entres les concepts duaux suivants : Main faite/Tirage, Overpaire-TPTK/Suited Connector, Preflop/River, Value/Bluff, Commited/Pot control, Tight/Loose, Aggressif/Passif, Bet-Raise/Check-Call, Protection/Slowplay, Main fragile/Nuts.

Dans ma nouvelle vision du poker comme ensemble de lois de dualitées, le poker gagnant s’obtient en respectant les lois de dualités, c’est-à-dire, en jouant de telle manière que les lois de dualités apparaissent par l’exemple. Jouer les bonnes côtes implicites ou casser les côtes implicites inversées, c’est entre autre, respecter les lois de dualité qu’on a présentés plus haut.

Tout ne serait que géométrie ?

C’est ce que Platon nous laisse entendre…« Que nul n’entre s’il n’est géomètre.», phrase gravée à l’entrée de l’Académie, l’école fondée à Athènes par Platon.

GL ;)

Attract

Mon parcours… Ma vie…

J’écris ce post pour me présenter. Car depuis que je suis prof PA, vous me connaissez sous le nom d’Attract, le grinder de cash game full ring. Je m’appelle Aurélien, j’ai 26 ans et j’habite à Paris depuis ma petite enfance. J’ai découvert le poker en septembre 2007, au milieu de ma première année de thèse en informatique théorique que je préparais au Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), au sein d’une équipe de chercheurs que j’ai réellement appréciée (j’éprouve un petit sentiment de nostalgie pendant que j’écris ce post…).  Ma spécialité n’était pas l’informatique en tant que telle, mais les Fondements de l’informatique, plus précisement la Sémantique des langages de programmation (Logique mathématique, Théorie des ensembles et Lambda-calcul étaient mes domaines de prédilection…). D’ailleurs en repensant à tout cela, je ne peux oublier l’état d’esprit dans lequel j’étais durant mes années fac, état d’esprit empli d’une soif de connaissance, et je repense aujourd’hui à toutes les personnes qui m’ont passionné et appris tout ce qui m’a formé. Particulièrement G. Lelièvre, Mme S. Berestovoy et J-L. Krivine, un des plus grands logicien du monde qui a dirigé mon mémoire de recherche en master dans lequel j’expliquai ses propres théories. Cette passion que j’avais pour la logique mathématique s’est progressivement éteinte pendant ma première année de thèse au CEA. La théorie devenait pratique, application et spécialisation. Je n’étudiais plus les théories mais les mettais en pratique. Je me suis essoufflé et finalement j’ai mis fin à ma thèse en janvier 2008 après un an de thèse.

Pendant les six derniers mois de ma thèse j’ai appris le poker sur Pokerstars en cash game NL25 puis NL50 et je lisais beaucoup sur le sujet, notamment les Sklansky qui m’ont le plus appris. Un nouveau domaine s’ouvrait à moi, une nouvelle théorie riche et passionnante. Après deux mois de réfléxion et de lecture intensive, je me lançais sur Ongame en NL10 full ring après avoir déposit 200$. Aujourd’hui, je grinde la NL200 et shot en NL400 quand je détecte des bonnes tables avec un bankroll de 9.5K $. Mes gains nets sur le net depuis mars 2008 s’élèvent à 20K $, puisque j’ai cash out 4.5K pour mon voyage à Vegas en juin 2008 et un cash out réçent de 4K pour vivre, et quelques petits cashout de survie. Je suis parti à Vegas deux semaines et demi sur une invitation de mon cousin, Jérôme Zerbib, joueur des cash game high stakes parisiens et participant à quelques EPT assez régulièrement, qui était plutôt surpris de me voir “débarquer” dans le poker. Vegas fut pour moi une expérience innoubliable ! J’ai joué quelques jours en cash 2-2 et 2-4 au Caesar’s, au Planet Hollywood… et j’ai pris 1.2K $. Correct vu le nombre d’heures que je jouais. Mais ce qui était le plus instructif, le plus enrichissant et surtout le plus spectaculaire, était la vie que j’ai mené la-bas, dans une suite au Bellagio que je partageais avec mon cousin, et les journées à la piscine, les restos et les soirées inoubliables avec sa bande de potes joueurs : Anthony Lellouche, Pépé, Bensouss’ (Cyril Bensoussan), le “petit” David Miara, Stéphane… J’étais plongé dans la vie à Vegas pendant les WSOP avec certains des plus gros joueurs de cash game français. J’ai multiplié les rencontres… Dîners avec Claude Cohen, dinosaure du poker… J’ai énormément appris sur le poker en lui-même, l’état d’esprit, la vie et le mental de ces joueurs. Merci encore Jérôme.

De retour à Paris après Vegas, je suis parti à Nice et Aix avec plusieurs amis pendant deux semaines. Presque tous les soirs on allait au Casino pour jouer à la boule ou en cash. J’ai gagné 1.9K euros pendant ces deux semaines de mois d’août sur la 5-5 ! Cool ! Merci les gamblers italiens venus sur la côte au mois d’août pour s’amuser un peu ! Et deux pros du casino de Nice qui nous avaient de suite repéré un pote et moi commençaient à s’inquiéter de notre présence régulière aux tables… Sans gène et après plusieurs discussions aimables, ils en sont venus au fait : “Eh les gars, je vous assure, il faut mieux aller jouer au casino Partouche, à côté, plus de gamblers, surtout en ce moment. Allez-y vous allez pas être déçu !” Ils défendaient leur territoires les malins… Mon pote Mika et moi, on leur à fait comprendre qu’on étaient pas là pour les concurrencer mais pour une semaine de jeu seulement… Et tout de suite, ils ont retrouvé le sourire ! Souvenir plutôt drôle quand j’y repense…

De retour à Paris, je retrouvais mes sensations du net, le multitabling, les serrures de la NL100 :) ! Jusqu’à ce fameux mois d’octobre où je montais en NL200 avec une confiance surdéveloppée. Mauvais tempo, bad run effroyable qui m’a fait même douté de mon avenir dans le poker : -38 buyins en 60K mains (-17 en NL200 et -21 en NL100) ! (voir mon post “Un septembre apollinien contre un octobre dionysiaque : reflexion sur l’expérience”). Après avoir perdu presque la moitié de mon bankroll, je suis remonté depuis avec un mois de novembre à +4.5K et un début décembre excellent : +5.5K en 18 jours.

Aujourd’hui je suis heureux de partager mon expérience sur PA, d’avoir coaché 2 joueurs studieux, NanoBet et Flo, et de poursuivre mon aventure poker avec vous.  Mon parcours, ma formation pokeristique, et j’oubliais… mes goûts : je suis amoureux de piano classique, j’en écoute beaucoup.

GL ;)

Attract

Full Ring Profiling et Adaptation

Suite à la question d’un poker-académicien sur le forum stat pt3 full ring, j’ai rédigé un petit guide que j’appelerais Full Ring Profiling et Adaptation. C’est bref mais ça peut être utile aux joueurs de FR.

Les stats que j’utilise en NL FR medium stakes (NL100 à NL400) :

Hands/VPIP/PFR/Total AF/(BB/100)
CBet Flop/Fold to Flop CBet/Raise Flop/3Bet Preflop

Hands : c’est le nombre de mains que tu as joué avec lui.

  • plus il est élevé, plus tu peux faire confiance aux autres stats. A partir de 100 mains tu peux avoir une confiance relativement correcte.

VPIP : c’est le % de flops vu. Ca indique son degré de looseness (ou tightness de manière équivalente).

x < 10 : très tight, voir trop.
10 < x < 20 : tight correct.
20 < x < 25 : loose.
x > 25 : trop loose.

  • Face à des adversaires loose et trop loose : Value better les belles mains, top paire et plus, voire deuxième paire contre des adversaires vraiment trop loose du style VPIP = 50.
  • Face aux adversaires tight : Préferer voler les petits pots, value better TPTK et plus, ne pas construire un gros pot sans un monstre.

PFR : c’est le % des fois où il raise preflop. Ca indique son degré de looseness (ou tightness de manière équivalente).

x < 5 : très tight, voir trop.
5 < x < 10 : tight correct.
10 < x < 15 : loose.
x > 15 : trop loose.

  • Face à des adversaire loose et trop loose : Elargir son range de 3Bet preflop et réduire son range de call avec ses mains à tirages, particulièrement ses pockets pour set miner (ton adversaire étant loose, il aura moins souvent un monster ou touché, donc il se commitera moins souvent, donc tu lui prends moins souvent son stack quand tu touches ton set, donc t’as moins d’implied odds)
  • Face à des adversaire tight et trop tight : Réduire son range de 3Bet preflop et élargir son range de call avec des mains à tirages, particulièrement ses pockets pour set miner; en raisonnant de manière duale du point précédent, tu observes que tu as plus d’implied odds contre les joueurs tight.

Total AF : c’est l’aggression factor global (toutes les streets). C’est le ratio % de raise/% de call. Autrement dit, si tu raises 2 fois plus que tu call, tu auras un AF de 2. Ca indique le degré d’aggressivité du joueur.

0 < x < 1.5 : Passif
1.5 < x < 3 : Aggressif
x > 3 : Très aggressif

  • Contre les passifs : Value bet et Bet-Raise tes belles mains.
  • Contre les aggressifs : Hors position, Check-raise ou check-call tes belles mains. En position, call-call-call ou call-raise tes belles mains (tout ça suivant la texture du board évidemment, ce sont des orientations de lines).

BB/100 : le winrate du joueur. BB = Big Bet = 2 big blinds. BB/100 = nb de Big Bet gagnés toutes les 100 mains.

  • Statistique peu importante vu la variance. Elle devient significative à partir de 50K mains. Mais sur un nombre de mains peu élevé, elle peux indiquer le “run” good or bad et donc te donner des infos sur son état d’esprit du moment.

CBet Flop : % de Continuation Bet au flop de ton adversaire.

  • x < 50 : il a tendance à CBet quand il touche, donc ne cherche pas à floatter et raise for value tes belles mains.
  • x > 50 : il CBet quand il touche et quand il touche pas donc élargi ton range de floatting et de raise en postion.

Fold to Flop CBet : % de Fold à ton CBet de ton adversaire.

  • x < 50 : Ne CBet que les Jxx, Qxx, Kxx, Axx et CBet for value quand t’as des mains.
  • x > 50 : CBet les Jxx, Qxx, Kxx, Axx, AQx, AKx, KQx et CBet any flop si tu es en position et s’il check avant toi; sauf les flop ultra connectés comme T9s8s.

Raise Flop : % de Raise au flop du joueur.

  • 0 < x < 10 : il ne raise au flop (sur un pot relancé preflop) qu’avec double paire minimum. Donc tu peux folder gentillement AA sur flop sec si tu as raise preflop et qu’il a limpe-call hors-position et qu’il te check-raise au flop, il a tout simplement touché son set.
  • 10 < x < 20 : il peut raise au flop TP, beaucoup de tirages. Plus dur pour toi de folder KK/AA sur un flop du style TsJs4.
  • x > 20 : Si tu as KK/AA tu ne peux pas folder au flop.

3Bet Preflop : % de 3Bet preflop.

  • Utilise Pokerstove pour savoir quand folder, caller (set mining ou position) ou 4Better un 3Bet de ton adversaire suivant que tu es derrière ou devant.

A propos de l’adaptation au style de l’adversaire en fonction du VPIP/PFR/AF, vous pouvez consulter mon Masterclass :

Attract Masterclass “Le raise au flop en fonction du style de l’adversaire”

et à propos de tout ce que je viens d’écrire, ma dernière video à télécharger (voir post précédent) (si vous utiliser firefox, faites un clic droit sur le lien et choisissez “Save link as” (”Enregistrer le lien sous”)) :

Attract NL100-NL400 en replayer

GL
Attract

Video “NL100-NL400 en replayer” à télécharger

Pour une meilleur lisibilité (haute définition) et parce que la conversion en flash réduisait la qualité de la video à tel point que les cartes n’étaient plus visibles, je vous invite à télécharger ma nouvelle video qui se lit avec Windows Media Player, VLC ou encore Quick Time (video au format .avi). Il vous suffit de cliquer sur ce lien ci-dessous pour lancer le téléchargement de la video (si vous utiliser firefox, faites un clic droit sur le lien et choisissez “Save link as” (”Enregistrer le lien sous”)) :

Video “Attract NL100-NL400 en replayer”

J’illustre dans cette video ce qu’on pourrait appeler “le style solide en full ring medium stakes (NL100-NL400)”. Et pour profiter de la totalité des coups que je joue sur 8 tables en simultané, je commente en différé (replayer) avec arrêts sur images une session jouée auparavant (durée de la video 1h15).

Cette video sans spectacle illustre ma “philosophie” du jeu : il faut apprendre à jouer aux cartes avant de jouer les joueurs. Le full ring nous apprend à respecter les cartes et la logique du jeu. De plus, le full ring est un jeu plus orienté postflop qu’un jeu orienté preflop, pierre de touche du jeu shorthanded.

On aborde entres autres les concepts postflop suivant :

  • la gestion des mains moyennes-faibles postflop
  • les petits pots
  • l’anticipation des streets futures
  • Quand et pourquoi CB ou ne pas CB ?
  • le hand reading

mais aussi les concepts preflop de base :

  • les ranges de call, de raise et de 3-bet preflop
  • l’adaptation au style des adversaires avec l’outil statistique (tracker)

Je rappelle qu’en full ring, il y a 4 joueurs de plus à la table qu’en 6-max, et donc le range de raise UTG+4 correspond exactement au range de raise UTG de 6-max, puisque une table full ring dans laquelle les 4 premiers joueurs ont foldé devient une table shorthanded pour les joueurs qui n’ont pas encore parlés. Ce qui nous conduit a un range qui correspond à peu de chose près à une réduction à 60% du range de 6-max, soit un style 13/8 au lieu de 20/15. Cela donne :

  • Early (utg à utg+2) : (limpe) 22-99  (raise) [TT+, AK] = 4%  (3-bet) JJ+,AK  (4 bet) KK+
  • Middle (utg+4, utg+5) : (raise) [Early + 88+, AJs, AQ] = 5%
  • Late (Hijack, CO, B) : [Middle + 22+, 9Ts+, KTs, KJs, QK, A8s+, AT+]= 14%

J’espère que vous apprécierez.

GL à tous.

Attract

Un septembre apollinien contre un octobre dionysiaque : reflexion sur l’expérience

Octobre, -4205 $. Mon premier mois négatif depuis mars. Ma montée en NL200 (20 septembre) a commencé sur un mauvais tempo. 60 000 mains de bad run (30K mains en NL200 et 30K en NL100).
Cela arrive. (Cf. les deux post précédents)

Ma vision du poker a changé. Après cette épreuve nouvelle, mon expérience est décuplée. Pendant ce run, le doute, la perte de confiance, la baisse de moral et la crispation sont apparus. Pendant cette épreuve, j’ai travaillé “mon souffle”. Je sors plus fort et plus endurant de ce combat perdu. J’y vois plus clair aujourd’hui. Par le passé, mon dévouement constant pour la théorie me rendait à moitié “aveugle” (j’ai été pendant 3 ans formé, voir “déformé”, à la logique mathématique, discipline qui me passionnait; celle-ci est, si l’on puis dire, “la théorie de la théorie mathématique”…).

Mais ce que je vois aujourd’hui, c’est que (Jerémie, je le reconnais aujourd’hui) :

L’expérience dépasse la théorie.

La théorie ne donne que la technique, l’expérience donne tout : la technique, la force et l’endurance.

Aujourd’hui j’ai plus d’expérience que de technique. Mon jeu est plus souple et ma vision du poker plus grande.

Il faut apprendre à perdre la moitié de son bankroll et repartir plus fort. Et cela est 10 fois plus dur qu’apprendre la technique.

“Au début des années 2000, alors que j’étais très jeune, j’ai eu l’opportunité de pratiquer de manière intense dans un cercle de jeux parisien.
[...]
Au delà des sommes, j’y ai gagné force et endurance. Depuis, j’ai perdu cent fois mon argent, et cent une fois je suis revenu de l’enfer.”
Antony Lellouche in http://fr.pokernews.com/news/2008/4/antony-lellouche-interview-poker.htm

“Cent une fois je suis revenu de l’enfer”… L’expérience parle. La théorie reste muette et écoute.

LE POKER EST UN SPORT.
LA TECHNIQUE REPRESENTE 20%, LA FORCE ET L’ENDURANCE 40%, LA CHANCE LE RESTE.

Septembre et octobre :

-38 buyins en 60K mains (-17 en NL200 et -21 en NL100) !

Un remède pour endurer ?
Aucun… Si ce n’est :

  1. Avoir les nerfs solides
  2. Respecter des règles strictes de gestion de bankroll (50 buyins + descendre de limites à -20 buyins perdus)
  3. Croire en soi et savoir que l’on bat la limite que l’on joue
  4. Savoir que “luck is a bitch sometimes” et minimiser le tilt en visant toujours son A-game
  5. Se souvenir de la phrase d’Antony “Cent une fois je suis revenu de l’enfer” !

De retour en NL100 pour un temps, on entamme ce premier jour de novembre par une session de +6 buyins. ;)

Simulation de variance sur 3 ans - sous Excel

Avec l’outil présenté dans le post précédent, on a généré un après l’autre (sans séléctionner certains) 12 graphes de 200K mains (200K mains représente environ 3 mois à 2000 mains/jour), soit 3 ans de jeu, avec un winrate de 2.5 ptbb (NL100+) et une standard deviation de 35 (full ring). L’axe des ordonnées représente les buy-ins (BI) et l’axe des abcisses les mains/100.

On observe sur les 3 ans de jeu (les graphs représentent les gains nets hors rakeback) :

  1. des séries de 3 mois de 25 à 125 BI, en moyenne 80 BI
  2. 9 mois négatifs ou even (sur les 36 mois, soit 1/4) dont de gros breakeven de 2 mois
  3. certains gros rushs qui s’étalent sur 3/4 mois
  4. pas mal de down -20 caves dont 2 downs violent de -35 caves qui s’étalent de 30K à 60K mains

Variance : calculs et simulations

En parcourant les forums français, http://www.poker-academie.com/forum/ , http://www.clubpoker.net/forum-poker/ et américains http://archives1.twoplustwo.com/, j’ai compris que ce que les phénomènes de variance que subi un joueur de poker dépendent de plusieurs paramètres qui sont :

  1. le nombre de joueurs à la table
  2. le winrate
  3. la standard deviation (SD) (= écart-type)

Les DOWNSWINGS qui se mesurent en nombre de buyins (BI) sont des conséquences directes du hasard d’une dispersion de valeurs (dispersion qui obéit néammoins à des lois statistiques). L’écart-type est une mesure servant à caractériser la dispersion d’une séries de valeurs :

  1. la variance est la moyenne des carrés des écarts à la moyenne
  2. l’écart-type est la racine carrée de la variance

A propos de l’écart-type ou standard deviation :

Standard deviation varies a bit from person to person, depending on the playing style and the number of players at the table. Here are typical SD values in BB/100 (courtesy Casper…) :

  • weaktight players are ~<30,>
  • TAGs are anywhere from 30-60 depending on their game
  • brilliant SH NLHE player is like 50
  • brilliant fullring NLHE is 30-40
  • a true good lag can have a sd over 50 in fullring NLHE, and over 60 in sh NLHE

So you can see the fullring players usually have a lower standard deviation than the shorthanded players, hence have lower swings and lower bankroll requirements. That’s why it’s generally recommended to have a bigger bankroll for 6-max games than for fullring.

Le winrate d’un joueur est le nombre de Big Bets (BB) (1 BB = 2 big blinds) gagnés en moyenne toutes les 100 mains (win = BB/100). Un joueur gagnant a un winrate compris entre 1 et 10 (de 2 à 5 en moyenne à partir des middles stakes NL100+).

En fonction du winrate et de la standard deviation, on peut simuler des graphs de gains en générants des séries aléatoires de swings de BI calculés en fonction du winrate, de la SD et de fines lois mathématiques décrivant le comportement des variations au poker :

Go to http://pokerfilz.50megs.com and click on the variance demo link.

En indiquant un winrate de 2.5 et un SD de 35, ce qui correspond à mon jeu de full ring en NL100, on constatera, en appuyant sur F9 pour générer un new graph, les innombrables différences de graphs possibles sur 100K mains et les swings naturels (swings de +/-35 BI possibles).

Le concept de long terme qui “tend à effacer” les effets de la chance est de loin au delà des 100K mains : il n’a de sens qu’aux millions de mains.

cf. http://www.liquidpoker.net/pokerarticle/146441/The_bankroll_management_and_variance_guide

Un calcul de Sklansky Bucks

Comment reprendre confiance après mon cruel run de 32 045 mains en NL200 ?

Calculer les Sklansky Bucks gagnés sur l’ensemble des coups à tapis !

Que sont les Sklansky Bucks ? Ce sont les dollars qu’on a théoriquement gagné ou perdu toutes les fois qu’on est parti tapis contre un ou des adversaires. Par exemple, si je pars tapis preflop contre X et que le tapis effectif fait 200$, que j’ai AA et qu’il a KK, alors j’ai gagné 81.255% de 400 $, soit 325 Sklansky Bucks, indépendemment de tout flop. De même, si je pars tapis contre X sur le flop raimbow 953 avec 55 et que X a AA en main, que le pot une fois tous les deux à tapis est de 400$, alors j’ai gagné 89.495% de 400 $, soit 358 Sklansky Bucks.
Pour les plus interéssés, consulter http://sklanskybucks.com/

De manière intuitive (et cela peut se prouver), la Loi des Grands Nombres a pour conséquence que :

La limite entre les dolars gagnés et les Sklansky Bucks gagnés tend vers 0 quand on tend vers l’infini.

Le pro ne s’intéresse qu’aux Sklansky Bucks gagnés, assez logiquement. Mais comme il ne voit pas à l’infini dans le temps, son humeur de la semaine est parfois atteinte par la différence légitime (car variance oblige) entre ses dolars gagnés et ses Sklansky Bucks gagnés.

ON VA ICI CALCULER LA PART DÛ A UNE FRéQUENCE ANORMALEMENT éLEVé DE BAD BEATS DANS LE BAD RUN PAR LA TECHNIQUE DES SKLANSKY BUCKS.

Considérons mes dernières 32 045 mains, c’est-à-dire depuis mon passage à la NL200.
Observons seulement les fois où je pars à tapis avec un adversaire (ou des adversaires) et que je suis devant au niveau des chances de gain du coup.
On ne considère pas les fois où je suis à tapis avec un adversaire et où je suis derrière au niveau des chances de gain du coup : je considère ceux-là comme des coups inévitables au sens où la plupart du temps bien joués, donc des pertes nécessaires; ces coups contiennent tous les “coolers” = set vs set sup, K-flush floppée vs A-flush floppée, KK vs AA allin preflop, etc.

On indique la taille du pot au moment où je suis parti tapis avec le ou les adversaires et entre parenthèse, la chance de gain de l’adversaire, juste après est indiqué les Sklansky Bucks gagnés dans ce coup si ce coup est perdu, ou si le coup est gagné, la différence entre les dolars gagnés et les Sklansky bucks gagnés :

Ceux qu’on perd, i.e. les bad beats :

258 (8%) 237
300 (20%) 240
240 (14%) 206
416 (9%) 378
195 (26%) 144
402 (18%) 329
158 (8%) 145
403 (36%) 257
239 (10%) 215
60 (14%) 52
171 (46%) 92
87 (18%) 71
124 (19%) 100

Ceux qu’on gagne :

180 (22%) 39
152 (41%) 62
108 (8%) 8
381 (4%) 15
132 (27%) 35
120 (8%) 9
118 (12%) 14
282 (16%) 45
437 (16%) 69
399 (8%) 31
122 (18%) 21
408 (16%) 65
393 (8%) 31
170 (4%) 7
111 (19%) 4
113 (12%) 13
203 (23%) 46
309 (4%) 12
153 (12%) 18
145 (8%) 11

On perd dans la totalité des bad beats, 1526.5$ en net, et si ces 13 bad beats ne s’étaient pas produis, on ajoutai 2993 $ à notre bankroll actuel (1526.5 $ de caves non perdues + 1526.5 $ de caves de l’adversaire gagnées).

MAIS IL EST NORMAL QUE CERTAINS DE CES COUPS GAGNANTS FINISSENT EN BAD BEATS.

LES SKLANSKY BUCKS PERMETTENT D’EVALUER CETTE PART NORMALE DE BAD BEAT (par rapport à la part anormalement grande ou petite de bad beats).

  • On a gagné 2414 Sklansky Bucks dans la totalité des bad beats
  • On doit retirer 637 Sklansky Bucks de la somme en dolars des autres coups gagnés pour que cette somme corresponde aux Sklansky Bucks gagnés dans ces coups gagnés
  • DONC SI UNE PART NORMALE (au lieu d’une part anormalement élevée) DE BAD BEATS AVAIENT EU LIEU, NOTRE BANKROLL ACTUEL SERAIT AUGMENTé DE 2414-637 = 1777 $. (en effet, pour chaque coup on est en moyenne devant l’adversaire à 84%, mais l’adversaire passe devant 37,5% des fois (12 fois sur 32), ce qui est plus du double des 16% en conditions normales)

Dans mon graph datant du 7 octobre ci-dessous, j’indique un point abstrait qui correspond à ce que j’aurai gagné sans la part de malchance lié à la variance locale du nombre anormalement élevé de bad beats :

NB : le bad run se caractérise aussi par le nombre anormalement élevé de coolers et suckouts relativement au nombre de stackages pendant ces 32 045 mains. Cela n’est pas pris en compte dans l’analyse du bad run. On a juste identifié la part trop importante des bad beats dans ce bad run.

Cela dit, les mathématiques incluent ce genre de phénomène que j’appelerai “répartition irrégulière des doses de chance sur un nombre fini de mains”, comme je l’ai expliqué dans mon post “La chance au poker”, donc je ne m’inquiète aucunement pour mon avenir en NL200.

Set sur flop monochrome quand l’adversaire floppe flush : un coup qui n’est qu’un exo de maths

Ce coup suivant est-il EV+ ?
Apparemment, non.
En réalité, si.

Texas Hold’em $1-$2 NL (real money), hand #P4-78021360-37
Table Shreveport, 5 Oct 2008 6:11 PM

Seat 1: Attract [ 10C,10S ] ($197 in chips)
Seat 2: makis3 ($4 in chips)
Seat 3: Superbroggi ($183.90 in chips)
Seat 5: keule19080 ($180 in chips)
Seat 6: pizzaflitza ($94.90 in chips)
Seat 7: xancito ($382.10 in chips)
Seat 8: potroso ($276.45 in chips)
Seat 9: Randall1234 ($233.80 in chips)
Seat 10: MrBrown03 ($192.30 in chips)
ANTES/BLINDS
keule19080 posts blind ($1), pizzaflitza posts blind ($2).

PRE-FLOP
xancito folds, potroso calls $2, Randall1234 folds, MrBrown03 folds, Attract bets $9, makis3 calls $4, and is all-in, Superbroggi calls $9, keule19080 folds, pizzaflitza folds, potroso calls $7.

FLOP [board cards AD,4D,10D ]
potroso bets $2, Attract bets $25, Superbroggi bets $50, potroso bets $73, Attract calls $50, Superbroggi folds.

TURN [board cards AD,4D,10D,9D ]
potroso bets $50, Attract calls $50.

RIVER [board cards AD,4D,10D,9D,4S ]
potroso bets $70, Attract calls $63, and is all-in.

SHOWDOWN
potroso shows [ KD,QD ]
Attract shows [ 10C,10S ]
makis3 mucks cards
Attract wins $457.
potroso wins $7.

Je mise 25 pour la value de mon set de 10, pour me situer et pour faire payer les gros carreaux, Superbroggi me raise min 50 et potroso reraise min 75. Là je sais que je suis face à flush chez potroso. Je ne joue que pour le full ou quad. C’est là que le poker devient facile ! Les maths décident pour moi ! Calculons.
Si je touche à la turn l’un de mes 7 outs je gagne 184 (le pot) + 192.45 (le stack de potroso = côtes implicites) = 376 minimum puisque Superbroggi n’a pas encore montré qu’il a flushé lui aussi. Les côtes implicites sont max ici car potroso ne pourra pas folder sur une doublante puisqu’il ne sais pas que je tire pour full et seul un bet de sa part sur une doublante qui le commitera pourra le lui faire savoir. Or je dois payer 50. Ma côte est de 376 : 50 minimum soit 7.52 : 1 minimum. Or j’ai du 14% de toucher la turn, soit du 6.14 : 1. Puisque 6.14 est inférieur à 7.14, le call est ici rentable.
La turn ne m’améliore pas. Nouvel exo ! Notre ami potroso mise 50 dans 234. Le pot s’élève donc à 284. J’ai une côte de 284 : 50 soit 5.68 : 1. J’ai maintenant 10 outs, soit 20% i.e. du 4 : 1. Magnifique, 4 est inférieur à 5.68 ! Potroso me fais un cadeau. Je DOIS caller et folder si rien ne rentre.
Comme toujours, le hasard puni les mauvais casseur de côtes et je touche un 4.

Si la river ne m’améliorai pas, j’aurai fold en gardant mes derniers 63 avec le sourire puisque le coup est dans tout les cas gagnant.

AK face à un raise : en position et hors position, deux jeux différents

Je sentais cette stratégie mais ne l’avais jamais complètement maîtrisé. (Stratégie qui vaut contre des joueurs non-donks).

[AK hors-position] Quand on est de blind avec AK face à un raise, ON DOIT RAISER OU FOLDER. Face à un premier raise, on 3-bet. Face à un 3-bet, on peut folder et rarement on 4-bet.

Pourquoi on ne call jamais dans cette situation ? Car le call ne nous donne aucune information sur la main de l’adversaire donc cré un coup difficile s’il a KK+.

Preuve par l’exemple.

Texas Hold’em $1-$2 NL (real money), hand #P4-77905148-971
Table Kisumu, 4 Oct 2008 8:28 PM

Seat 1: ____V____ ($190.20 in chips)
Seat 2: AsTiger ($344.70 in chips)
Seat 4: Attract [ AH,KC ] ($200 in chips)
Seat 5: hoowey ($206.95 in chips)
Seat 6: FlowPot08 ($78.60 in chips)
Seat 8: NoCardsCantW ($292 in chips)
Seat 9: kswisloka ($214 in chips)
Seat 10: krheni ($197 in chips)
ANTES/BLINDS
Attract posts blind ($1), hoowey posts blind ($2).

PRE-FLOP
FlowPot08 folds, NoCardsCantW folds, kswisloka bets $8, krheni folds, ____V____ folds, AsTiger folds, Attract calls $7, hoowey folds.

FLOP [board cards 2S,KS,9H ]
Attract checks, kswisloka bets $11, Attract bets $25, kswisloka calls $14.

TURN [board cards 2S,KS,9H,3H ]
Attract bets $25, kswisloka calls $25.

RIVER [board cards 2S,KS,9H,3H,JC ]
Attract bets $35, kswisloka calls $35.

SHOWDOWN
Attract shows [ AH,KC ]
kswisloka shows [ AS,AD ]
kswisloka wins $185.

Et oui, si l’adversaire a AA souvent il justcall face à mon raise sur Kxx craigant le brelan ou la double, et si on checke la turn le pot nous échappe complètement car on laisse l’adversaire décider de la taille du bet. Si l’adversaire bet la turn après notre check, il a 95% du temps AK au moins et bluff le reste du temps. Donc le check turn est un check-fold. Et si on bet la turn on est callé par AK minimum, donc un bet EV-. Le bet à la turn n’est pas un value bet car ici, ni QK ni une gutshot ne nous paie…. Le jeu turn+river du coup doit être EV-15$ car seul [AA, AK] call (KK raise ici) et l’adversaire a 9 fois AK et 3 fois AA (EV0$ contre les 9 AK + EV-60$ contre les 3 AA = EV-15$). Et donc le raise au flop n’est ici qu’un raise d’arrêt du coup (raise de défense) et non pas un raise for value, donc un vol de CB car il ne veut pas être callé. Donc coup difficile voir impossible à bien jouer.

Le coup devient “facile” à jouer si on 3-bet son raise : s’il a KK+, il va la plupart du temps 4-bet, auquel cas on fold; et s’il call le 4-bet et vient Axx ou Kxx, on CB le flop et fold sur un checkraise ou s’il call le CB on abandonne la plupart du temps car on split au mieux.

LA STRATEGIE PRECEDENTE NE VAUT PLUS SI ON EST EN POSITION.

[AK en position] Quand on est en position avec AK face à un raise, ON PEUT RAISER, CALLER OU FOLDER. Souvent on 3-bet le premier raise. Et on call le 3-bet.

Illustrons le call en postion du 3-bet d’un joueur qui est hors-position.

Texas Hold’em $1-$2 NL (real money), hand #P4-77923079-242
Table Corona, 4 Oct 2008 4:49 PM

Seat 1: Attract [ AH,KD ] ($200 in chips)
Seat 2: ShelVital ($219.35 in chips)
Seat 3: FrankFak ($255.25 in chips)
Seat 4: heymin ($188 in chips)
Seat 5: AsTiger ($220.75 in chips)
Seat 6: LordAnubiz ($34 in chips)
Seat 7: majdan61 ($598.40 in chips)
Seat 8: Renedes26 ($212.65 in chips)
Seat 9: the teacher3 ($223 in chips)
Seat 10: sonya84 ($186 in chips)
ANTES/BLINDS
FrankFak posts blind ($1), heymin posts blind ($2).

PRE-FLOP
AsTiger folds, LordAnubiz folds, majdan61 calls $2, Renedes26 folds, the teacher3 folds, sonya84 folds, Attract bets $10, ShelVital folds, FrankFak bets $30, heymin folds, majdan61 folds, Attract calls $21.

FLOP [board cards KH,5C,5D ]
FrankFak checks, Attract checks.

TURN [board cards KH,5C,5D,7C ]
FrankFak checks, Attract bets $20, FrankFak calls $20.

RIVER [board cards KH,5C,5D,7C,8D ]
FrankFak checks, Attract bets $35, FrankFak folds.

SHOWDOWN
Attract wins $138.

Pourquoi ça devient jouable ? CAR ON POSSEDE PLUS D’INFORMATIONS SUR SA MAIN. Si il bet le flop Axx ou Kxx, je peux fold si je le sais très tight, ou call une fois. Et si il envoie un second barrell à la turn, le fold est facile puisqu’alors il a AK au moins. Et s’il check le flop Kxx comme dans le coup précedent, j’ai le choix de better s’il y a des tirages et folder sur un checkraise, ou check behind pour contrôler la taille du pot et prendre un bet plus tard. DONC COUP FACILE A JOUER !

Cloutier contre Harrington : lorsque l’intuition est nécessaire

Au No limit hold’em FULL RING on est constamment face à des décisions. Et parmi ces décisions, il y a ce que j’appellerai LA décision :

Preflop, que faire avec 100 blinds de tapis effectif face au 3ème raise (ou 4ème raise si on est le premier raiseur) quand on a KK ?

Ex. :

1. Face au 3ème raise : Il raise 5 bb, je raise 15, il raise 45.
2. Face au 4ème raise : Je raise 5 bb, il raise 13, je raise 35, il raise tapis.

Pour Harrigton, ce n’est JAMAIS une décision :

“I am not savvy enough to fold KK preflop and neither are you.” (savvy = malin) Harrigton on Cash Games, Vol.1

Pour Cloutier, c’est LA décision :

“Where I was schooled in Dallas, the second raise would probably have been aces, and the third raise was like Ivory Snow: 99.9 percent aces. it’s not AK in this situation, its aces.” Championship No Limit & Pot Limit Hold ‘Em

La question est équivalente à celle-ci :

[QQ,AKs] font-ils parti du range de l’adversaire qui me 3ème-raise ?

Harrigton pense qu’on est jamais assez malin pour répondre NON à cette question, c’est-à-dire pour réduire le range à une main ([AA]).
Cloutier pense qu’on peut répondre OUI.

En NL100 et NL200, je n’ai pratiquement jamais vu de joueurs sérieux, encore moins des rocs (PFR autour de 3) partir preflop tapis 100bb avec QQ voire AKs, sauf éventuellement contre de gros donks cibles.

Ma réponse est donc celle de Cloutier, car en certains cas, par exemple contre un roc, on peut réduire le range de l’adversaire à une seule main, AA.

J’ai foldé plusieurs fois KK dans cette situation, mais j’ai l’ai tellement callé dans ces mêmes sitations alors que ma lecture fondée sur mon INTUITION du moment ne m’indiquait qu’une seule main, AA. Mon jeu aurait pu être plus optimal.

Je sais ce que répondrai Harrigton à Cloutier et moi, car il est tellement théorique qu’il n’oublie pas que :

Si l’on peux folder KK preflop sur une 3ème relance, alors, il existe une contre-stratégie gagnante chez l’adversaire pour nous battre : nous 3-raise lorsqu’on le 2-raise, car on aura pas assez souvent AA pour récupérer tous nos légitimes 2-raise.

Effectivement.
Mais ce que je répondrai à Harrigton est :

il est presque impossible, et surtout sur internet, de savoir qu’un joueur fold KK sur un 3-raise

Donc la contre-stratégie est presque toujours impossible.

Finalement, je pense qu’être face à un 3-raise quand on a KK reste toujours LA decision preflop.
Et cela sera d’autant plus vrai passé la NL200.

Donc l’intuition est et sera toujours nécessaire.

(On peut compléter notre analyse par http://pokerforums.fulltiltpoker.com/online-poker-play7909.html)

La géométrie du jeu

Avec l’expérience je me rends compte que le cash game est une forme de géométrie. Une géométrie intuitive dont la maîtrise nécessite l’expérience. Je m’explique. Chaque main jouée équivaut à une suite d’évaluation de grandeurs : bien jouer la main consiste, pour chaque moment du déroulement du coup, à évaluer une grandeur ou un rapport, suivant qu’on ait une main faite ou une main à tirage.
Traitons d’abord le cas des mains faites. Lorsqu’on a une main faite, on évalue, à tout moment du coup, la grandeur du pot que cette main vaut. C’est de la justesse de cette évaluation que dépend la bonne exécution du coup, puisque bien jouer le coup consiste à trouver la structure des mises qui conduit à la construction d’un pot de cette grandeur (ce que j’appelais dans un post antérieur l’espace-temps de la main est le quart de cette évaluation : c’est l’évaluation preflop). Cette évaluation est une fonction à quatres variables fondamentales (si on affine l’analyse on peut trouver d’autres variables secondaires mais tout aussi importantes comme le niveau du joueur, l’historique, etc.) : le range de l’adversaire r, la taille du tapis effectif s, la taille du pot p et le board b. Donc bien jouer un coup consiste à évaluer rapidement, à chaque moment du coup (preflop, flop, turn, river), la juste grandeur de x ; soit résoudre rapidement le système d’équations S suivant (les quatres équations correspondent respectivement aux quatre moments du déroulement du coup : preflop, flop, turn et river) :

  1. x = Ev(r,s,p,b)
  2. x’ = Ev(r’,s’,p’,b’)
  3. x” = Ev(r”,s”,p”,b”)
  4. x”’ = Ev(r”’,s”’,p”’,b”’)

avec les ranges r diminuant (r’ inclus dans r, etc.), les tapis s diminuant, les pots p augmentant et les boards b s’étendant.

Bien jouer une main faite m, consiste donc à trouver la suite (x,x’,x”,x”’) dans le temps, soit résoudre cet exercice de géométrie (ou d’algèbre de manière équivalente). Cette fonction existe (c’est un fait mathématique) et meilleur est le joueur qui la connais (et l’applique !) le mieux.

Pour trouver la fonction Ev, on doit d’abord trouver la force f de sa main m, suivant le board b :

F(m,b) = f

f varie dans l’intervalle [0, nuts] passant par faible, moyen-faible, moyen, moyen-fort, fort.
La fonction F obéit à un premier principe :

(Force) La force de sa main est relative au contenu et à la taille du board.

Par exemple, un brelan sur 4 coeurs est une main faible, un brelan sur un board permettant quite est une main moyenne, de même une quinte sur trois coeurs à la turn est une main faible. Une overpaire au flop est plus forte qu’une overpaire à la turn, etc.

Il suffit ensuite d’appliquer cette loi, qui peut être démontrée :

(Croissance) La fonction Ev est croissante suivant f.

Autrement dit, pour une main m donnée, et r, s, p, b fixés, plus f =F(m,b) augmente, plus x =Ev(r,s,p,b) augmente.
C’est ce que d’aucuns appellent le principe “petite main-petit pot/grosse main gros pot” (Skansky).
La croissance de Ev suivant f est linéaire.

La maîtrise du “pot control” essentiel au bon jeu dérive directement de l’évaluation du système d’équation S : c’est l’anticipation dynamique des valeurs futurs de x. Typiquement, on anticipe toutes valeurs possible de x”’ connaissant la valeur de x” : puisque x” est relativement petit et que la plupart des rivers ne changera pas la force de ma main m, x”’ sera aussi relativement petit donc je checque la turn pour préserver la taille de x” et approcher celle de x”’.

J’ai décortiqué le processus d’évaluation géométrique ou algébrique qui se déroule à chaque exécution de coups joués. Evidemment, cela se fait très rapidement et avec le temps, de manière quasi-automatique.

L’évaluation des rapports dans le cas des mains à tirage fera l’objet d’une prochaine analyse.
En attendant, souvenons-nous de l’inscription gravée à l’entrée de l’Académie de Platon :

“Que nul n’entre s’il n’est géomètre.”